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Qui possède GitHub, GitLab et Hugging Face, et que devient le code s’ils ferment

Douze forges et plateformes de modèles, douze entités juridiques différentes : sociétés cotées, sociétés privées, associations, institution publique. Le relevé de propriété entrée par entrée, et ce que chacune documente pour récupérer ses dépôts.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. Trois familles de propriétaires, trois logiques
  4. Le relevé de propriété, entrée par entrée
  5. Sortir ses données, ce que chaque maison documente
  6. Ce que la fermeture de Google Code a montré
  7. Où vivent les projets français
  8. Questions courantes

Devinez avant de lire

Sur douze forges et plateformes de modèles recensées, combien sont tenues par une association ou une institution publique ?

Panorama

Les développeurs de Gitea ont découvert leur nouveau propriétaire dans un billet de blog. Le logiciel de forge qu’ils écrivaient venait de passer sous le contrôle d’une société commerciale créée pour l’occasion. Sur douze forges et plateformes de modèles passées en revue le 23 septembre 2026, trois seulement sont tenues par une association ou une institution publique, dont deux en France ; les neuf autres appartiennent à des sociétés commerciales.

Concrètement, tout se joue sur une ligne de mentions légales : le nom de l’entité qui peut décider, demain, de fermer le service. Nvidia a annoncé le 3 septembre 2026 l’acquisition de Hugging Face pour 12 930 300 000 dollars. Microsoft avait acheté GitHub le 4 juin 2018, pour 7,5 milliards de dollars en actions. AAP chiffrait début septembre le rachat de Hugging Face à 12,9 milliards de dollars.

En bref

  • Douze plateformes, douze entités juridiques : neuf sociétés commerciales, deux associations, une institution publique de recherche.
  • GitHub est exploité par GitHub, Inc., dont Microsoft est une société affiliée ; Hugging Face, Inc. est une société du Delaware placée sous accord de rachat.
  • Codeberg est tenue par une association enregistrée à Berlin, Framagit par une association loi de 1901, Software Heritage par Inria avec l’UNESCO.
  • Les sorties documentées vont de l’archive GitHub valable sept jours au simple git clone d’un dépôt Hugging Face.
  • Précédent utile : Google Code a laissé dix mois de lecture seule, puis des archives téléchargeables pendant un an.

Trois familles de propriétaires, trois logiques

Un hébergeur de code n’est pas un service comme un autre : il détient à la fois vos fichiers, l’historique des versions, les tickets, les discussions et les comptes qui y donnent accès. Le code lui-même reste sous sa licence libre. Tout le reste appartient à l’exploitant. D’où l’intérêt de savoir à quelle famille il appartient.

Neuf plateformes sur douze appartiennent à une société commerciale ; le relevé couvre forges de code et plateformes de modèles, il ne prétend pas à l’exhaustivité.
Neuf plateformes sur douze appartiennent à une société commerciale ; le relevé couvre forges de code et plateformes de modèles, il ne prétend pas à l’exhaustivité.
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La répartition est nette. Trois plateformes relèvent d’une société cotée ou d’une filiale de société cotée, six d’une société privée non cotée, deux d’une association, une d’un établissement public de recherche. Les logiques de survie ne sont pas les mêmes : une société cotée répond à ses actionnaires, une société privée à ses fondateurs ou à son acheteur, une association à ses membres.

Le relevé de propriété, entrée par entrée

Chaque ligne vient des mentions légales, des conditions d’utilisation ou du registre d’entreprises de la plateforme concernée.

PlateformeQui l’exploitePays de rattachementNature du propriétaireSortie documentée
GitHubGitHub, Inc., Microsoft déclarée société affiliéeÉtats-UnisFiliale d’un groupe cotéArchive de migration par l’API
GitLabGitLab Inc., CIK 0001653482, DelawareÉtats-UnisSociété cotéeExport de projet en .tar.gz
Hugging FaceHugging Face, Inc., société du Delaware, droit de l’État de New YorkÉtats-UnisSociété privée sous accord de rachatDépôts Git clonables
BitbucketAtlassian Corporation, CIK 0001650372, ex-Atlassian Corp PlcÉtats-Unis, siège à San FranciscoSociété cotéeRenvoi à la documentation produit
SourceForgeSlashdot Media, LLC, San DiegoÉtats-UnisSociété privéersync sur SSH documenté
Gitee北京奥思研工智能科技有限公司, licence ICP 京ICP备2025119063号ChineSociété privéeConditions publiées en chinois
CodebergCodeberg e.V., registre VR36929, Amtsgericht CharlottenburgAllemagne, BerlinAssociation enregistréeForgejo, libre et auto-hébergeable
FramagitFramasoft, association loi de 1901 reconnue d’intérêt généralFranceAssociationInstance GitLab
SourceHutSourceHut, chambre de commerce néerlandaise n° 84165251Pays-Bas, HoornSociété privéeBascule vers une instance auto-hébergée
LaunchpadCanonical Group Limited, 3 More London Riverside, LondresRoyaume-UniSociété privéeAPI publique launchpadlib
Gitea.comCommitGo, Inc., droit californien, juridiction de San FranciscoÉtats-UnisSociété privéeLogiciel Gitea publié en open source
Software HeritageInria, partenariat UNESCO renouvelé le 28 janvier 2026FranceInstitution publique de rechercheArchive publique, feuille de route 2026-2030

Deux entrées méritent une note. Gitee est exploitée depuis Pékin sous licence ICP, le régime d’autorisation administrative auquel tout site chinois est soumis. Software Heritage n’est pas une forge : personne n’y travaille, c’est une archive qui moissonne les autres.

Deux mains tiennent une page de contrat imprimée sous une lampe de bureau, une loupe posée dessus.
L’entité qui exploite une forge se lit dans ses mentions légales, pas sur sa page d’accueil.

Sortir ses données, ce que chaque maison documente

C’est la colonne la plus inégale du relevé. GitHub propose une archive de migration déclenchée par l’API ; sa documentation précise qu’une fois créée, elle « sera disponible au téléchargement pendant sept jours ». Sept jours, c’est court. C’est le temps qu’un colis met parfois à arriver, et il faut déjà savoir que le bouton existe.

GitLab propose un export de projet en archive compressée, disponible jusque dans la formule gratuite, qui embarque dépôts, wikis, tickets et demandes de fusion. La documentation ajoute une mise en garde qui vaut d’être lue : « Vous ne devriez pas utiliser les fichiers d’export de projet pour sauvegarder vos données. » Traces de jobs, artefacts et webhooks n’y sont pas. Chez Hugging Face, la mécanique est plus simple, parce qu’il n’y a rien à exporter : chaque modèle, jeu de données ou Space est un dépôt Git que l’on clone en une commande.

Ailleurs, la sortie passe par des outils plus anciens ou par le logiciel lui-même. SourceForge documente le transfert par rsync sur SSH. SourceHut annonce du « 100 % free and open source software » et livre un outil en ligne de commande pour déplacer un compte vers une instance auto-hébergée. Canonical publie la bibliothèque launchpadlib pour interroger Launchpad par programme. Du côté d’Atlassian, les conditions cloud renvoient à la documentation produit sans avancer de délai, et rattachent les clients européens au droit irlandais.

Ce que la fermeture de Google Code a montré

Le scénario de fermeture n’est pas théorique, il a un précédent daté. Google a annoncé la fin de son service d’hébergement en mars 2015 et l’a exécuté en trois marches : création de nouveaux projets coupée le 12 mars 2015, passage en lecture seule le 24 août 2015, extinction le 25 janvier 2016. Des archives compressées du code, des tickets et des wikis sont restées téléchargeables tout au long de 2016, et un outil d’export automatique vers GitHub, Bitbucket et SourceForge a été fourni.

Dix mois de lecture seule, puis un an d’archives : c’est le meilleur des cas, celui d’un acteur qui prévient et qui outille. Rien n’oblige un exploitant à en faire autant. Le sort des actifs d’un projet, lui, se joue souvent avant la fermeture : les fondateurs de Forgejo expliquent avoir lancé leur fork le 15 décembre 2022 « en réaction à la prise de contrôle de Gitea, retirée à la communauté par la société commerciale nouvellement créée Gitea Ltd, sans consultation préalable de la communauté », et avoir confié noms de domaine et marques à Codeberg e.V. Aujourd’hui, gitea.com est exploitée par CommitGo, Inc. et Forgejo tourne chez l’association berlinoise.

Et chez nous ?

Où vivent les projets français

Deux des trois structures non commerciales du relevé sont françaises. Framasoft opère Framagit, une instance GitLab, sous un statut d’association loi de 1901 reconnue d’intérêt général déclarée en 2004 ; l’association revendique 10 428 donateurs et neuf salariés permanents. C’est une échelle de librairie de quartier, pour un service qu’utilisent des milliers de projets associatifs, éducatifs et publics.

L’autre est d’une nature différente. Software Heritage ne vous héberge pas : l’archive moissonne le code publié ailleurs et le conserve, sous la responsabilité d’Inria, dans un partenariat avec l’UNESCO renouvelé le 28 janvier 2026 avec un agenda commun jusqu’en 2030. C’est le filet en dessous des forges, pas une forge. Il explique aussi pourquoi la reconstruction du code source d’un jeu Nintendo 64 reste un travail de rétro-ingénierie : ce qui n’a jamais été publié ne s’archive pas.

Petit bureau associatif européen, deux personnes travaillant sur des ordinateurs portables près d’une grande fenêtre.
Framasoft déclare neuf salariés permanents pour une instance GitLab utilisée par des milliers de projets.

L’enjeu dépasse le confort de quelques équipes. Le recensement Census II de la Linux Foundation, consacré aux bibliothèques libres les plus employées dans les applications, a été conçu pour identifier ces briques dont dépendent des industries entières sans que personne sache qui les entretient. La même question se pose un cran en dessous, au niveau du sol.

Le choix d’hébergement se prend rarement à froid. Il se prend le jour où l’on crée le dépôt, en dix secondes, et il engage tout le reste.

Questions courantes

Qui décide du sort d’un nom de domaine et d’une marque dans un projet libre ?
Le détenteur du dépôt de marque et du nom de domaine, pas la communauté qui écrit le code. C’est précisément pour cette raison que plusieurs projets confient ces actifs à une structure associative plutôt qu’à une société.

Une association enregistrée peut-elle être rachetée ?
Pas au sens où une société l’est. Une association de droit allemand ou français n’a pas de capital social à céder : elle peut se dissoudre, fusionner ou changer de dirigeants, mais il n’existe aucun actionnaire à qui acheter la structure.

Le code déposé sur une plateforme appartient-il à la plateforme ?
Non. L’auteur garde ses droits et la licence libre qu’il a choisie continue de s’appliquer. Ce qui change de mains lors d’un rachat, c’est l’infrastructure, les comptes, les tickets et les métadonnées, pas la propriété intellectuelle du code.

Le tribunal d’instance de Charlottenburg, à Berlin, enregistre les associations sous un numéro à cinq chiffres. Celui de Codeberg se lit VR36929, et il ne s’achète pas.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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