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Sommaire
Récit
Dans le module lunaire Eagle, Neil Armstrong lit un code sur l’ordinateur de bord et le dicte à Houston : « It’s a 1202. » Le logiciel qui encaisse cette alarme, le 20 juillet 1969, sort de l’équipe de Margaret Hamilton, l’informaticienne du MIT morte le 30 septembre 2026 à 90 ans (annonce du MIT du 7 octobre).
Elle n’a rien à voir avec l’actrice Margaret Hamilton (1902-1985), la sorcière du Magicien d’Oz, que les moteurs de recherche mélangent volontiers avec elle. L’informaticienne est née en 1936 à Paoli, dans l’Indiana. Elle a dirigé l’écriture du logiciel de vol d’Apollo et lancé l’expression « software engineering », le génie logiciel.
En bref
- Margaret Hamilton, informaticienne du MIT, est morte le 30 septembre 2026 à 90 ans.
- Son équipe a conçu un logiciel à priorités, capable d’abandonner les calculs secondaires quand l’ordinateur sature.
- Ce logiciel a permis à Eagle de poursuivre sa descente malgré les alarmes du 20 juillet 1969.
- Barack Obama lui a remis la Presidential Medal of Freedom en 2016.
Que s’est-il passé avec l’alarme 1202 ?
Le chronomètre de mission affiche 102 heures, 38 minutes et 26 secondes quand Armstrong lance « Program Alarm » (journal de l’alunissage). L’ordinateur est surchargé : un défaut sur un commutateur matériel l’inonde de données sur le pointage du radar de rendez-vous, qui ne servent à rien pour se poser.
Concrètement, le logiciel de l’équipe Hamilton fonctionne comme un service d’urgences un soir d’affluence. Chaque tâche porte une priorité : quand la file déborde, l’ordinateur laisse tomber le secondaire et garde ce qui pilote la descente. Le flot du radar avait été programmé comme une donnée de second rang, donc ignorable.
À Houston, la décision revient à Steve Bales, 26 ans, l’expert des systèmes de guidage du module lunaire en salle de contrôle. Il juge que l’alarme ne menace pas la mission. Charlie Duke transmet la réponse à 102:38:53 : « We’re Go on that alarm. » Vingt-sept secondes ont suffi.
D’autres alarmes, des 1201 cette fois, suivent pendant la descente. La NASA situe l’alunissage à 16 h 17, heure de la côte Est américaine. Le 20 juillet 1969, Eagle s’est posé sur la Lune à 21 h 17, heure de Paris, 7 minutes et 15 secondes après la première alarme 1202 de son ordinateur. La France ne pratiquait pas alors l’heure d’été. Il ne restait qu’une trentaine de secondes de carburant, selon le récit de la NASA.
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Qui était Margaret Hamilton ?
Earlham College lui délivre en 1958 une licence de mathématiques, avec une mineure en philosophie. En 1959, elle suit son mari à Boston, où il étudie le droit. Elle décroche un poste temporaire au département de météorologie du MIT, chez Edward Lorenz, pour coder des prévisions du temps. En 1961, elle passe au Lincoln Laboratory du MIT, comme programmeuse sur le projet de défense aérienne SAGE.
En 1965, elle s’apprête à reprendre des études quand son mari repère une petite annonce. Le laboratoire d’instrumentation du MIT cherche des gens pour écrire le logiciel qui doit « envoyer l’homme sur la Lune ». En 1968, elle dirige en second l’équipe du module de commande et de service. Plus de 400 personnes travaillent alors sur les logiciels d’Apollo.
Sa fille Lauren a involontairement fait avancer le métier. À 4 ans, elle joue avec le simulateur du module de commande et déclenche P01, un programme de prélancement, en plein vol simulé. En 1968, pendant Apollo 8, l’astronaute Jim Lovell lance P01 par erreur et efface les données de navigation. L’équipe Hamilton est appelée à la rescousse, et ses modifications entrent ensuite dans le programme.
Elle en gardait un souvenir sans nostalgie mal placée. « Avec le recul, nous étions les gens les plus chanceux du monde », disait-elle en 2009. « Nous n’avions pas d’autre choix que d’être des pionniers. »
Pourquoi lui doit-on le mot « software engineering » ?
Le terme sert d’abord un combat de légitimité. « J’ai commencé à employer le terme “software engineering” pour le distinguer du matériel et des autres formes d’ingénierie », expliquait-elle. En 2018, elle précisait : « Je me suis battue pour donner au logiciel sa légitimité, pour que lui et ceux qui le construisent reçoivent le respect qui leur est dû. »
Sa photo la plus connue, selon le MIT, date de 1969. Elle pose à côté d’une pile de listings à peu près aussi haute qu’elle, le code de vol des deux modules. Ce code se lit aujourd’hui en accès libre sur GitHub, numérisé par le projet Virtual AGC et le MIT Museum. Les archives du calcul continuent d’occuper les curieux, comme ce message Enigma cassé par une IA.
France Culture lui a consacré un portrait vidéo, qui remonte le fil de l’alunissage.
Que lui doit la NASA ?
En septembre 2003, la NASA salue son travail par un Exceptional Space Act Award. Le 22 novembre 2016, Barack Obama lui remet la Presidential Medal of Freedom, parmi 21 lauréats. La Maison-Blanche la présente comme celle qui « a dirigé l’équipe ayant créé le logiciel de vol embarqué » des modules d’Apollo. En 2017, le coffret Lego « Women of NASA » en fait une figurine officielle.
Le laboratoire d’instrumentation a quitté le MIT à la fin d’Apollo pour devenir le Draper Laboratory, indépendant. Elle a ensuite fondé Hamilton Technologies, consacrée aux méthodes de conception des logiciels. Elle laisse une fille, Lauren, la petite qui avait lancé P01 dans le simulateur.
Questions courantes
Margaret Hamilton travaillait-elle pour la NASA ?
Pas directement. Elle était employée par le laboratoire d’instrumentation du MIT, qui développait le logiciel de vol d’Apollo pour le compte de l’agence spatiale américaine.
Est-ce la Margaret Hamilton du Magicien d’Oz ?
Non. L’actrice qui jouait la méchante sorcière de l’Ouest est morte en 1985. L’informaticienne d’Apollo est une homonyme, sans lien de parenté.
Peut-on consulter le code d’Apollo 11 ?
Oui. Les programmes Comanche055, pour le module de commande, et Luminary099, pour le module lunaire, sont publiés en accès libre et lisibles dans un navigateur.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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