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On situe volontiers l’invention du dé quelque part entre la Mésopotamie et la Rome antique, avec les premières grandes cités. Une étude parue dans la revue American Antiquity déplace le curseur de plusieurs millénaires, et de continent : les plus anciens dés connus au monde ont été taillés par des chasseurs-cueilleurs amérindiens des Grandes Plaines il y a près de 12 800 ans, à la fin de la dernière glaciation. En recoupant les dates de l’étude, cela place le hasard organisé près de 7 300 ans avant que l’Ancien Monde ne s’y intéresse.
À retenir
- Les plus anciens dés du monde datent de près de 12 800 ans, sur des sites Folsom du Wyoming, du Colorado et du Nouveau-Mexique.
- Plus de 6 000 ans avant les premiers dés connus de l’Ancien Monde, selon l’étude.
- Robert Madden, doctorant à l’université d’État du Colorado, a réidentifié plus de 600 dés sur 57 sites, à partir d’une grille dérivée de 293 jeux documentés en 1907.
Des dés à deux faces, pas des cubes
Rien à voir avec nos cubes à six faces. Il s’agit de « lots binaires » : de petites pièces d’os, plates ou légèrement bombées, ovales ou rectangulaires, taillées pour tenir dans la main. Une face portait une marque, une couleur ou une brûlure, l’autre non, comme le pile ou face d’une pièce. On en lançait plusieurs d’un coup, et le score dépendait du nombre de faces « comptantes » tombées vers le haut.

Pour les dater, l’archéologue a construit une grille de critères à partir des 293 jeux de dés amérindiens décrits en 1907 par l’ethnographe Stewart Culin, dans son ouvrage Games of the North American Indians. En l’appliquant à des objets déjà exhumés mais mal identifiés, il a reconnu plus de 600 dés répartis sur 57 sites et douze États. Les plus anciens dorment au site de Lindenmeier, dans le nord du Colorado.
Ces jeux n’avaient rien d’anecdotique. Dans les récits historiques, ils étaient surtout pratiqués par des femmes, et servaient autant à se distraire qu’à négocier entre groupes qui se connaissaient peu : la table de jeu faisait office de terrain neutre pour échanger des biens et des informations.

Reste à comprendre pourquoi ce petit objet compte autant.
Pourquoi ça compte
Fabriquer un dé, c’est produire du hasard exprès. Pour les historiens des mathématiques, c’est le premier geste vers l’idée de probabilité, ancêtre de nos statistiques. On croyait cette étincelle née dans les cités de l’Ancien Monde ; elle brillait déjà, bien plus tôt, dans des mains amérindiennes. En Europe, les dés cubiques que nous connaissons ne se répandront vraiment qu’avec l’Antiquité gréco-romaine, plus de dix mille ans après ces petits os marqués.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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