![]()
Sommaire
Décryptage
Des anthropologues de l’Université de Toronto (Canada) ont mesuré aux capteurs le sommeil de maîtres et de leurs chiens : partager le lit ne change ni la durée ni la qualité mesurée du sommeil des maîtres. Dans l’étude publiée le 7 octobre 2026 par PLOS ONE, l’humain bouge avant son chien dans 45 % des duos aux nuits liées, le chien avant l’humain dans 18 %.
Dormir avec son chien abîme-t-il le sommeil ?
Pas d’après les capteurs. L’équipe de Ming Fei Li, Lavania Nagendran et David Samson a suivi 25 adultes du sud de l’Ontario, dont 21 femmes, et leurs 38 huskies et malamutes. Du 2 novembre au 9 décembre 2021, chaque maître portait un accéléromètre au poignet, chaque chien un capteur d’activité au collier. Au total, 777 nuits de maîtres et 1 093 nuits de chiens sont détaillées dans l’article de PLOS ONE.
Les maîtres dormaient en moyenne 6 heures 14 minutes, avec une efficacité du sommeil de 79,3 % (la part du temps au lit réellement passée à dormir). Chien sur le lit, dans la chambre ou ailleurs : ces mesures ne bougeaient pas.
Le ressenti dit autre chose. La moitié des participants se disent dérangés par leur chien. Ceux qui en ont plusieurs jugent même leur sommeil plus mauvais, sans que les capteurs le confirment, a relevé Lavania Nagendran, citée par le Deseret News.
Qui réveille qui, la nuit ?
Plus souvent le maître que le chien. Les chercheurs ont comparé, minute par minute, l’activité de 36 duos maître-chien (deux autres manquaient de données complètes). Dans 22 duos, les mouvements de l’un et de l’autre sont liés, à moins de cinq minutes d’écart. Le maître s’agite d’abord dans 10 d’entre eux, le chien dans 4 ; les 8 autres bougent dans la même minute. Les 14 duos restants ne montrent aucun lien : la question reste ouverte, concluent les auteurs.

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
Le résultat va à rebours d’une étude australienne de 2018, citée par les auteurs : le chien y bougeait jusqu’à deux minutes et demie avant son maître. Elle ne portait que sur cinq femmes suivies sept nuits. Le titre de l’article canadien pose la question sans détour : Who is disrupting whom?, qui dérange qui ?
Pourquoi le maître bouge-t-il avant son chien ?
Parce qu’un maître agité la nuit est souvent un maître qui dort mal, avancent les auteurs. Les relevés datent de fin 2021, quand des mesures de confinement liées au Covid-19 étaient en vigueur. Selon eux, le stress de cette période a pu multiplier les réveils humains, qui auraient à leur tour tiré les chiens du sommeil.
L’équipe liste elle-même ses limites : un petit échantillon très féminin, deux races de chiens nordiques et une seule région. Faute de participants sans chien, la comparaison se fait avec les 11 maîtres qui ne dormaient jamais avec le leur.
Sur le lit ou dans la chambre : comment dormir avec son chien ?
Plutôt dans la chambre que sur le lit, d’après une étude plus ancienne. Dans une étude publiée en 2017, la Mayo Clinic a suivi 40 adultes en bonne santé et leurs chiens pendant sept nuits, capteurs aux poignets et aux colliers. L’efficacité du sommeil des maîtres baissait quand le chien montait sur le lit, selon le résumé de l’étude : 80 % contre 83 % quand il restait dans la chambre, détaille le magazine Time. Les chiens, eux, dormaient efficacement à 85 %.
Les participants passaient en moyenne 475 minutes au lit. Avec le chien sur la couette, l’écart de trois points représente, selon notre calcul, environ 14 minutes de sommeil par nuit. Tous restent pourtant autour de 80 %, le seuil jugé satisfaisant.
- Maîtres canadiens (Toronto, 2026) 79,3 %
- Chien sur le lit (Mayo Clinic, 2017) 80 %
- Chien dans la chambre (Mayo Clinic, 2017) 83 %
- Les chiens eux-mêmes (Mayo Clinic, 2017) 85 %
Lois Krahn, spécialiste du sommeil à la Mayo Clinic et coautrice de l’étude, conseille surtout de regarder honnêtement son installation. L’attachement à l’animal ne doit pas masquer une nuit qui se dégrade. Tant que tout le monde dort bien, résume-t-elle dans Time, la présence du chien peut être un bénéfice.
Pourquoi dormir avec son chien, alors ?
Pour se sentir en sécurité, un bénéfice psychologique possible que citent les auteurs canadiens. Parmi leurs participants, 88 % ne sont pas gênés par les aboiements de leur chien, 84 % par le bruit de ses déplacements.
Une enquête bien plus large va dans le même sens. En 2018, la chercheuse Christy Hoffman a interrogé près de 1 000 Américaines : le chien au lit y paraît moins perturbant qu’un conjoint ou qu’un chat, et plus rassurant, selon l’Université Canisius. Le chat dérange autant qu’un conjoint.
Et chez nous ?
Combien de Français dorment avec leur animal ?
Près d’un sur trois. En janvier 2025, 29 % des 2 000 adultes interrogés par Ipsos pour l’assureur Santévet disaient partager leur lit avec leur chat ou leur chien, d’après l’enquête publiée par Santévet. Chez les 18-24 ans, 45 % dorment avec leur animal. Le partage du lit avec un chat ou un chien concerne 24 % des Français en couple, contre 39 % des célibataires.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Céline Dion en concert : dernières dates, horaires et billets - 2
7 séances de musculation réduisent la graisse du ventre avant toute perte de poids, chez la souris - 3
Vacances de la Toussaint 2026, dates par zone et outre-mer - 4
Prix Nobel 2026, les lauréats des six prix et leur dotation - 5
Protéines des seniors : sans viande, autant de force mais 42 % de muscle gagné en moins
Nos dossiers
- Océan109
- Record du monde35
- Espace47
- Histoire108
- Famille97
- Évolution98
- Pouvoir d’achat167
- Climat143
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

