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Vienne, 4e arrondissement, milieu de matinée. Un gâteau au chocolat sort du four, et c’est une boulangère de 68 ans qui le pose entre une pavlova et des brownies aux noix. Au café Vollpension, près de 60 % du personnel a dépassé l’âge de la retraite, et certains, comme Marianne Hoffmann, 81 ans, sont là d’abord pour parler aux clients. Les moteurs de recherche en font une curiosité touristique. La vraie histoire est ailleurs : un café qui a transformé l’isolement des retraités en métier choisi.
En bref
- Près de 60 % du personnel du café viennois Vollpension a passé l’âge de la retraite (The World, mars 2026).
- Marianne Hoffmann, 81 ans, y travaille depuis plus de dix ans : « Je suis vieille, mais ici je me sens jeune. »
- Le lieu, ouvert en 2015, vise les pensions des femmes, plus basses : en France, elles sont inférieures de 36 % à celles des hommes (DREES, 2024).
- Le modèle existe déjà chez nous, avec un traiteur solidaire francilien tenu par des retraités.
La première chose qui frappe quand on pousse la porte, c’est l’odeur. Le café occupe une enfilade de pièces qui ressemble à un salon : canapés en velours, fauteuils dépareillés, murs de briques nues couverts de vieilles photos chinées aux puces de la ville. Vienne est tellement attachée à ses cafés que l’UNESCO les a inscrits à son patrimoine culturel immatériel. Celui-ci n’a pourtant rien d’un établissement classique.
Une boulangère de 68 ans parmi les plus jeunes
Elzbieta a 68 ans, elle est venue de Pologne, et elle compte parmi les cadets de la maison. Beaucoup de ses collègues ont 70 ou 80 ans. Elle pétrit par passion, dit-elle, mais pas seulement : « Le contact, c’est presque aussi important que la pâtisserie. Ça fait du bien de sortir de chez soi. » Marianne Hoffmann, elle, ne cuisine plus. Après des années à nourrir sa famille, elle a tourné la page des fourneaux. Ce qu’elle aime, c’est discuter.

Son histoire ressemble à beaucoup d’autres. Elle a quitté en 2014 un poste tenu de longue date dans un cabinet d’avocats, sans intention de retravailler. Un an plus tard, le silence l’a rattrapée. « Je suis tombée sur un article qui parlait d’un café cherchant des personnes âgées pour pâtisser et parler aux clients. » Elle a postulé. Depuis, ses collègues sont devenus une famille.
Un café né d’une part de gâteau ratée
Tout est parti d’une déception. En 2012, Moriz Piffl-Percevic, l’un des cofondateurs, commande une part de gâteau dans un café viennois. La bouchée le déçoit. La conversation glisse alors sur une évidence : pourquoi le gâteau de la grand-mère est-il toujours meilleur ? Et dans la foulée, une question qui deviendra un projet : pourquoi n’existe-t-il pas de café où ce sont les grands-mères qui font les gâteaux ? Un éphémère avec sa propre aïeule cartonne. Trois ans plus tard, en 2015, il ouvre Vollpension, dont le nom signifie en allemand aussi bien « pension complète » que « retraite à taux plein ».
Booster le revenu des aînés n’était pas l’objectif de départ, raconte-t-il à la radio publique The World. C’est en chemin qu’il a découvert l’ampleur de l’écart de pension entre femmes et hommes en Autriche. « Les pensions des femmes sont bien plus faibles que celles des hommes. Une retraitée seule, sans logement à elle, peut vite manquer d’argent. » Son but premier reste un autre : recréer un espace où les générations se mélangent, comme sous un même toit.
La pension, angle mort de l’égalité
Cet écart n’a rien d’autrichien. En France, la pension moyenne de droit direct des femmes reste inférieure de 36 % à celle des hommes en 2024, selon le panorama 2024 de la DREES. Le fossé se réduit, mais lentement : il atteignait 50 % en 2004. Carrières hachées, temps partiels, salaires plus bas : les inégalités de la vie active se prolongent jusque dans la pension, à un âge où il est trop tard pour les corriger.

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Voilà ce qui se joue derrière le comptoir d’un café à l’allure de salon : un complément de revenu, mais aussi une raison de se lever le matin. Pour beaucoup de clients, l’effet est immédiat. Une famille allemande de passage le résume : « C’est comme être chez ma grand-mère, j’ai l’impression de redevenir petit garçon. » La transmission est devenue le produit.
Et chez nous, ça existe déjà
Inutile d’aller à Vienne pour goûter l’idée. En Île-de-France, le traiteur solidaire OMA&OPA fait cuisiner des jeunes retraités, baptisés les Retraiteurs, pour des buffets et plateaux d’entreprise, avec la même intuition : lutter contre l’isolement en remettant les aînés au centre. La cohabitation intergénérationnelle répond, sous un autre angle, à la même solitude.

Vollpension ouvre déjà une deuxième adresse à Vienne, et discute d’autres villes, voire d’autres pays. Quant à savoir combien de temps elle tiendra le comptoir, Marianne ne se prononce pas. « Le contrat court au moins dix ans », lui lance son patron en souriant. Elle répond : « Qui sait ? Mais je suis en bonne santé, et je suis si reconnaissante de pouvoir faire ça. » À 81 ans, elle a trouvé une chose que beaucoup cherchent encore : une porte qu’on a envie de pousser chaque matin.
Questions courantes
Le café Vollpension paie-t-il vraiment ses employés âgés ?
Oui. C’est une entreprise sociale qui emploie des retraités pour compléter leur revenu, tout en créant un lieu d’échange entre générations.
Quelle part du personnel a dépassé l’âge de la retraite ?
Près de 60 % de l’équipe, selon le reportage de la radio publique The World. Plusieurs membres ont 70 ou 80 ans.
Pourquoi le projet cible-t-il les femmes ?
Parce que leur pension est nettement plus faible. En France, l’écart de droit direct atteint encore 36 % en 2024, contre 50 % en 2004.
Existe-t-il un équivalent en France ?
Oui. Le traiteur solidaire OMA&OPA, en Île-de-France, fait cuisiner des retraités pour des événements d’entreprise, dans le même esprit intergénérationnel.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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