Agent de santé distribuant des moustiquaires impregnées dans un village de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Sans vaccin, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a fait chuter ses morts du paludisme de 92 %, moustiquaires et travail collectif

En vingt-cinq ans, la PNG est passée de 13 décès pour 100 000 habitants à un seul, sans aucun vaccin. Un résultat obtenu avec des outils de base, distribués à 60 centres de santé à travers le pays.

Publié le 10 juin 2026 · Mis à jour le 21 juin 2026 à 5h31

En 2000, la Papouasie-Nouvelle-Guinée perdait 699 personnes par an à cause du paludisme. L’année dernière, ce chiffre est tombé à 148. La mortalité ramenée à la population a fondu de 92 %, passant de 13 décès pour 100 000 habitants à tout juste 1. Et cela sans aucun vaccin contre le paludisme déployé à l’échelle nationale, juste avec des moustiquaires, des tests rapides et des combinaisons de médicaments, distribués de façon méthodique jusqu’aux coins les plus isolés du pays.

Ce résultat a été présenté au Morobe Health Authority 2025 Review Meeting par Lucy Dally, coordinatrice paludisme de la province de Morobe, la plus peuplée du pays. Elle s’appuie sur les données du système national d’information sanitaire électronique du pays, relevées par The National, le principal quotidien papuéen. La PNG supporte à elle seule 90 % de tous les cas de paludisme de la région Pacifique occidental.

Test de diagnostic rapide du paludisme réalisé dans une clinique rurale de PNG
Les tests de diagnostic rapide déployés depuis 2012 ont transformé la détection et la prise en charge du paludisme en PNG.

La logistique avant la technologie

Le tournant a commencé en 2012, avec le déploiement à grande échelle des tests de diagnostic rapide (TDR) et des thérapies combinées à base d’artémisinine, un principe actif extrait d’une plante originaire d’Asie du Sud-Est, aujourd’hui reconnu comme le traitement le plus efficace contre le Plasmodium falciparum, le parasite le plus meurtrier. Avant cette date, les cas non confirmés en laboratoire atteignaient 861 512 par an. L’an passé, ce chiffre était tombé à 30 893, soit une réduction de 96 % des cas cliniques non vérifiés.

Le nombre total de cas confirmés a quant à lui atteint un pic en 2023 avec 913 701 cas, une hausse attribuée à l’extension même des capacités de dépistage : on détecte mieux, donc on compte plus. Depuis, la courbe est repassée à la baisse pour la première fois depuis l’introduction des tests. Dans la seule province de Morobe, les décès sont passés de 69 en 2016 à 16 l’an dernier, une baisse de 77 % en moins de dix ans.

Cette année, des équipes de santé provinciales ont distribué moustiquaires impregnées d’insecticide, médicaments et kits de tests rapides à 60 établissements de santé répartis sur cinq districts. Trente-cinq de ces établissements ont été visités en personne par les agents de santé. La stratégie nationale vise 95 % de la population dormant chaque soir sous une moustiquaire impregnée.

Kits de tests rapides et médicaments antipaludiques prêts à être distribués dans la province de Morobe
Tests rapides et combinaisons à base d’artémisinine : les deux piliers médicaux du programme depuis 2012.

La coordination comme clé de vote

« La diminution des décès liés au paludisme est due à la collaboration entre différentes parties. L’équipe de surveillance recueille les informations et les transmet à l’équipe paludisme, qui prend ensuite les mesures qui s’imposent », explique Dally. Ce qu’elle décrit, c’est le caractère critique de la vitesse de circulation de l’information entre les équipes de surveillance et celles de réponse. Pas d’algorithme, pas de système expert : juste des agents qui se téléphonent, se transmettent les chiffres et agissent vite.

Pour la France, ce résultat a de quoi faire réfléchir. Le paludisme n’est pas une menace directe en métropole, mais les arboviroses transmises par le moustique-tigre, chikungunya, dengue, virus Zika, progressent chaque été dans les départements d’outre-mer et, depuis quelques années, jusqu’en France continentale. Le modèle papuéen rappelle que la première ligne de défense reste la même : un réseau de prévention capillaire, des gestes simples (vider les réservoirs d’eau stagnante, protéger les fenetres) et une coordination locale rapide.

La stratégie nationale papuéenne prévoit encore de réduire les cas de 63 % supplémentaires et la mortalité de 90 % selon les objectifs du Plan stratégique national paludisme 2026-2031. L’ambition ultime reste l’élimination totale des décès dus à la maladie. Un objectif qui, vu depuis 2000, paraît moins utopique qu’il y a vingt-cinq ans.

En bref

La PNG a-t-elle utilisé un vaccin contre le paludisme ?
Non. La baisse de 92 % de la mortalité a été obtenue uniquement avec des moustiquaires impregnées d’insecticide, des tests de diagnostic rapide et des traitements combinés à base d’artémisinine.

Qu’est-ce que l’artémisinine ?
C’est un principe actif antipaludique extrait d’une plante d’Asie du Sud-Est (Artemisia annua), utilisé en combinaison avec d’autres molécules. C’est le traitement de référence contre la forme la plus mortelle du paludisme.

Pourquoi les cas ont-ils picté en 2023 ?
L’extension des capacités de dépistage permet de détecter davantage de cas. Ce pic ne reflète pas une aggravation de la maladie mais une meilleure détection. La mortalité, elle, continuait de baisser.

Quel est le lien avec la France ?
Le moustique-tigre, vecteur de dengue et de chikungunya, est désormais implanté dans plus des deux tiers du territoire français. Le modèle papuéen montre que la prévention de proximité, sans technologie coûteuse, peut transformer une épidémie.

Combien d’établissements de santé sont concernés ?
Cette année, 60 établissements répartis sur cinq districts ont reçu des moustiquaires, des médicaments et des tests rapides. Trente-cinq ont été visités directement par des agents de santé.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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