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Décryptage
Publié le 3 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h01
Mi-juin 2026, dans une tour de la banlieue de Queenstown à Singapour, le maire de Londres marche entre des jardins suspendus et des logements sociaux flambant neufs. Sadiq Khan repart de ce voyage avec une idée qui rompt avec un demi-siècle de doctrine occidentale : la mairie ne va plus seulement financer des logements, elle va en construire elle-même. Sa nouvelle structure, baptisée City Hall Developer, fait de la ville un promoteur immobilier direct pour la première fois de son histoire, avec un premier chèque de 100 millions de livres, selon le communiqué officiel de la mairie. Le modèle est ouvertement copié sur Singapour. Et c’est là que l’histoire devient intéressante pour nous.
En bref
- La mairie de Londres devient promoteur immobilier direct pour la première fois, avec 100 millions de livres investis pour 7 000 logements dans l’est de la capitale.
- Le modèle s’inspire de Singapour, où l’État bâtit environ 80 % des logements et possède la quasi-totalité du sol.
- Un économiste rappelle la condition manquante à Londres : à Singapour, l’État détient environ 90 % des terres.
- Environ 30 % des futurs logements de Silvertown seront, selon Khan, « vraiment abordables ».
Une capitale occidentale qui copie une cité-État
Le geste est spectaculaire par ce qu’il renverse. Depuis les années 1980, la doctrine dominante confiait la construction au marché, la puissance publique se contentant de subventionner ou de réguler. En redevenant bâtisseur, Londres reprend la main sur un terrain qu’elle avait déserté. La mairie entre au capital du partenariat de Silvertown, un site de l’est londonien resté en friche pendant plus de quarante ans, dont elle devient actionnaire à hauteur de 50 % aux côtés du promoteur Lendlease.
Khan ne s’en cache pas, il est allé chercher la recette à Singapour, où il séjournait justement pour une mission commerciale. « Nous avons appris des meilleurs et l’avons adapté à la sauce londonienne », a-t-il résumé, cité par le média singapourien Mothership. La cité-État fascine parce qu’elle loge plus de huit habitants sur dix dans des logements construits par l’État, un taux sans équivalent dans le monde riche.

Ce que Londres importe, et ce qu’elle laisse à quai
Voilà le noeud, celui que peu d’articles pointent. Ce que Londres copie, c’est le rôle : un acteur public qui met la main à la pâte, prend des risques, débloque des chantiers que le privé n’ose pas lancer. Ce qu’elle ne peut pas copier, c’est le socle. À Singapour, l’État possède le sol, ce qui lui permet de fixer les prix, de planifier sur trente ans et de sortir des logements en série.
Un économiste de l’immobilier, cité par la BBC et repris par Mothership, l’a dit sans détour : Singapour maîtrise son marché parce que le gouvernement détient environ 90 % des terres. Cette condition n’existe pas à Londres, où le foncier reste massivement privé et cher. Khan lui-même a reconnu la différence : il s’agit de s’inspirer, pas de dupliquer. La greffe est donc partielle par construction.

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Le graphique le montre d’un regard : entre une cité-État qui possède son sol et une capitale occidentale qui doit l’acheter au prix fort, ce n’est pas la même partie qui se joue. L’outil peut voyager, le levier foncier reste attaché à son sol.
Ce que ce pari change concrètement à Silvertown
Sur le terrain, l’ambition est chiffrée. Les 100 millions de livres doivent aider à sortir 7 000 logements dans les Royal Docks, dont environ un millier en chantier dès 2028. La part « vraiment abordable » avancée par le maire tourne autour de 30 %, un curseur éminemment politique : c’est lui qui décide si l’opération loge des ménages modestes ou surtout des cadres.
Ce curseur des 30 % est d’ailleurs le vrai enjeu du modèle. Posséder le sol comme Singapour permet de le pousser bien plus haut sans casser l’équilibre financier. Sans le sol, Londres doit négocier chaque point de pourcentage avec des partenaires privés qui, eux, comptent leur rendement. La ville-promoteur peut infléchir la donne, elle ne l’efface pas.

Reste la question qui nous concerne directement. En France aussi, le débat sur le foncier public et le rôle des bailleurs sociaux revient à chaque flambée des prix. L’expérience londonienne offre un test grandeur nature d’une idée simple et vieille comme la ville : celui qui possède le sol tient la clé du logement. Reste à savoir, ici comme là-bas, jusqu’où une collectivité est prête à redevenir propriétaire pour reprendre la main.
Questions courantes
Qu’a annoncé la mairie de Londres ?
La création de City Hall Developer, une structure qui fait de la ville un promoteur immobilier direct pour la première fois, avec 100 millions de livres investis pour 7 000 logements dans l’est de Londres.
Pourquoi parle-t-on d’un modèle singapourien ?
Parce que Singapour confie un rôle central à l’État dans le logement : il y bâtit environ 80 % des habitations et possède la quasi-totalité du sol, ce qui lui permet de planifier et de contenir les prix.
Pourquoi la copie n’est-elle que partielle ?
Parce qu’à Singapour l’État possède environ 90 % des terres, une condition absente à Londres où le foncier est surtout privé. Londres importe le rôle de bâtisseur, pas la maîtrise du sol.
Quel rapport avec la France ?
Le débat français sur le foncier public et les bailleurs sociaux pose la même question : qui possède le sol décide en grande partie du logement, de son prix et de sa part abordable.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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