Un ours polaire marche sur le rivage rocheux de la baie d’Hudson, vu d’en haut depuis un petit avion en vol.

Comment le Canada compte les deux tiers des ours polaires du monde

Le Canada abrite environ 16 000 des 26 000 ours polaires du monde. On les compte depuis les airs, par fléchettes de biopsie et par ADN, avec des marges d’erreur qui atteignent 32 %.

Le chiffre

Au-dessus de la côte ouest de la baie d’Hudson, fin août et début septembre 2021, une équipe menée par le biologiste Stephen Atkinson a compté les ours polaires depuis les airs. Ses observateurs en ont repéré 194 ; le modèle en a déduit 618 pour toute la sous-population, contre 842 en 2016 (Al Jazeera).

Le Canada abrite environ 16 000 des quelque 26 000 ours polaires du monde, soit 61,5 % de l’espèce, répartis dans 13 des 19 sous-populations recensées (Environnement Canada, 2020 ; gouvernement des Territoires du Nord-Ouest). Plus de 90 % de ces ours canadiens vivent au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest, précise la fiche territoriale. Ottawa tient un calendrier d’inventaires sous-population par sous-population.

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61,5 %des ours polaires du monde vivent au Canada, environ 16 000 sur 26 000

L’estimation mondiale court de 22 000 à 31 000 ours (intervalle de confiance à 95 %) : la part canadienne glisse alors de 52 % à 73 %. Dans l’évaluation fédérale de novembre 2018, sept des treize sous-populations canadiennes reposaient sur un inventaire antérieur à 2010. Ces sept zones totalisent 7 919 ours, soit 48,9 % des 16 209 que cumulent les treize estimations. Le pays aux plus de lacs que le reste du monde cherche ses ours sur une zone d’occurrence de 8,7 millions de km².

Comment compte-t-on un ours polaire ?

En août 2011, avions et hélicoptères du gouvernement du Nunavut ont couvert 8 000 km le long de la côte ouest de la baie d’Hudson, en une centaine d’heures de vol (Nunatsiaq News). Verdict : 1 030 ours, entre 754 et 1 406 (Biological Conservation, 2014). Drikus Gissing, directeur de la faune du Nunavut, parlait alors d’une population « au mieux stable, et pas en déclin comme prévu ».

L’autre méthode, la capture-recapture, se joue sur la banquise ou à terre. On marque des ours, puis on regarde combien de marqués réapparaissent. Si un ours sur cinq approché porte déjà une marque, la population vaut environ cinq fois le nombre d’animaux marqués. Dans la baie de Baffin, la capture physique des années 1990 a cédé la place à la fléchette de biopsie, qui prélève un fragment de peau à distance. Les 1 410 échantillons génétiques de 2011 à 2013, croisés avec 914 captures et 234 ours marqués tués à la chasse, ont donné 2 826 ours (Endangered Species Research, 2021).

Le relevé de 2021 a contredit l’optimisme de 2011. Avec 618 ours, l’ouest de la baie d’Hudson a perdu plus d’un quart de ses effectifs depuis 2016, autour de Churchill, la ville surnommée « capitale mondiale de l’ours polaire » (NPR). « Le déclin réel est bien plus important que je ne l’aurais cru », a réagi Andrew Derocher, biologiste à l’université de l’Alberta. Les femelles adultes et les jeunes reculent le plus : « le moteur reproducteur de la population », selon lui.

Estimations publiées et marge relative (intervalle de confiance à 95 % ; marge = demi-largeur de l’intervalle rapportée à l’estimation). Sources : gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Endangered Species Research 2021, Biological Conservation 2014, OFB.
PopulationEstimationBorne basseBorne hauteMarge relative (±)
Ours polaires, monde26 00022 00031 00017,3 %
Ours polaires, baie de Baffin (2012-2013)2 8262 2843 36719,2 %
Ours polaires, ouest de la baie d’Hudson (août 2011)1 0307541 40631,7 %
Loups, France (hiver 2024-2025)1 0829891 1879,1 %

Et chez nous ?

Le loup, compté par son ADN

En France, l’Office français de la biodiversité compte les loups avec la même logique de capture-recapture, sans jamais approcher l’animal : la marque est génétique, tirée d’indices ramassés sur le terrain. Sa dernière estimation, pour l’hiver 2024-2025, donne 1 082 loups, entre 989 et 1 187 (OFB). Les loups de France et les ours de l’ouest de la baie d’Hudson en 2011 ont presque le même effectif. La marge du loup est pourtant trois fois et demie plus étroite.

Ours polaires, ouest de la baie d’Hudson (2011)± 31,7 %
Loups, France (hiver 2024-2025)± 9,1 %

Unité : demi-largeur de l’intervalle de confiance à 95 %, rapportée à l’estimation. Sources : Biological Conservation (2014), OFB. Limite : les intervalles ne sont pas symétriques autour de l’estimation.

Les relevés aériens de l’ouest de la baie d’Hudson reviennent tous les cinq ans, en fin d’été : après 2011, 2016 et 2021, le suivant tombait à l’été 2026.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

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