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Sommaire
Récit
125 médailles soviétiques, 9 françaises. Aux Jeux de Montréal en 1976, l’URSS a remporté près de 14 fois plus de médailles que la France. Ses champions étaient officiellement étudiants, soldats ou salariés. En réalité, l’État les payait pour s’entraîner à plein temps, alors que les Jeux restaient réservés aux amateurs.
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En bref
- Jusqu’au milieu des années 1980, la règle olympique écartait les sportifs payés pour leur sport.
- L’URSS et la RDA alignaient des « amateurs d’État » : un emploi sur le papier, l’entraînement comme seul métier.
- Le CIO ouvre les Jeux en 1986, le tennis revient en 1988, la NBA arrive en 1992.
- La France crée l’INSEP en 1975 pour entraîner ses équipes nationales.
Tretiak, gardien du club de l’armée
Vladislav Tretiak a 19 ans quand il décroche son premier or olympique, à Sapporo en 1972. Il garde la cage du CSKA Moscou, le club sportif central de l’armée soviétique. Il y passe toute sa carrière, de 1969 à 1984, avec 13 titres de champion d’URSS (fiche Olympedia). Aux Jeux, il ajoute l’or en 1976 et en 1984, l’argent en 1980.
Sur la feuille d’engagement, Tretiak est un amateur. En face, le Canada n’a pas le droit d’aligner ses joueurs de NHL, payés pour jouer. En 1970, le pays quitte les compétitions internationales de hockey. Il ne revient qu’une fois acquise, en 1976, l’ouverture des championnats du monde aux professionnels (Wikipédia, Olympic Games).
En 1983, les Canadiens de Montréal repêchent le gardien soviétique. Les autorités de Moscou bloquent le départ. Tretiak ne jouera jamais un match de NHL.
Comment l’URSS contournait la règle de l’amateurisme
L’idée venait des écoles privées anglaises, où le sport faisait partie de l’éducation et où s’entraîner pour de l’argent passait pour un avantage déloyal. Le bloc communiste a lu la règle à la lettre. Ses équipes alignaient des athlètes « nominalement étudiants, soldats ou exerçant une profession ». Beaucoup étaient en réalité payés par l’État pour s’entraîner à temps plein (notice « Amateur »). À l’Ouest, une bonne partie des athlètes finançaient seuls leur préparation.
À Munich en 1972, l’URSS repart avec 99 médailles, dont 50 en or, devant les États-Unis et leurs 94 (Olympedia, Munich 1972). À Montréal, elle monte à 125. La RDA, l’autre machine à amateurs d’État, en prend 90 (Olympedia, Montréal 1976).
Le sommet arrive à Séoul en 1988 : 132 médailles soviétiques, dont 55 titres sur 237 épreuves (Olympedia, Séoul 1988). Cela fait 23,2 % des titres distribués, près d’une médaille d’or sur quatre pour un seul pays. Avery Brundage, président du CIO et gardien du dogme, avait pris sa retraite en 1972. Après lui, la règle s’effrite jusqu’à n’être plus qu’une formalité.
Quand les professionnels ont-ils été admis aux Jeux ?
Réuni à Lausanne en octobre 1986, le CIO ouvre les Jeux à tous les athlètes à partir de 1988. Chaque fédération internationale décide ensuite si elle admet ses professionnels.
Le tennis attend une session de plus, jusqu’au 11 mai 1987 : à Istanbul, une large majorité du CIO vote son retour. Pour l’institution, c’est reconnaître officiellement la fin de l’amateurisme (Tennis Majors). Absent du programme depuis 1924, il revient à Séoul en 1988 avec 129 joueurs de 37 pays. Steffi Graf y prend l’or.
Le basket suit le 7 avril 1989. Réunie à Munich, la FIBA vote par 56 voix contre 13 l’ouverture à tous les joueurs professionnels, NBA comprise (FIBA). À Barcelone en 1992, la Dream Team américaine gagne ses 8 matchs avec 43,8 points d’écart en moyenne. Le cyclisme avait pris de l’avance : ses Mondiaux sur route accueillent les professionnels dès 1927, l’année du premier maillot arc-en-ciel d’Alfredo Binda.
Chronologie
À Munich, 99 médailles pour l’URSS. Avery Brundage quitte la présidence du CIO.
La loi Mazeaud donne naissance à l’INSEP, à Vincennes.
À Montréal, 125 médailles soviétiques, 9 françaises.
Tretiak repêché par les Canadiens de Montréal, départ bloqué par Moscou.
À Lausanne, le CIO laisse les fédérations admettre les professionnels.
À Istanbul, vote du retour du tennis aux Jeux.
À Séoul, 55 titres soviétiques, tennis de retour au programme.
La FIBA ouvre le basket à la NBA, 56 voix contre 13.
L’ouverture complète des Jeux aux professionnels n’arrive que dans les années 1990, après l’effondrement de l’Union soviétique. Les héritiers de Tretiak ont alors pu signer en NHL sans demander la permission à personne.
Et chez nous ?
La France, amateur jusqu’à quand ?
La loi Mazeaud de 1975, sur le développement de l’éducation physique et du sport, crée l’INSEP au cœur du bois de Vincennes. Ses missions vont de la recherche à la formation des éducateurs, « et surtout » à l’entraînement des équipes nationales (Inventaire du patrimoine d’Île-de-France). Le site couvre près de 34 hectares, la surface d’environ 48 terrains de football. C’est le même besoin que Moscou, en version assumée : un établissement public qui prépare l’élite au grand jour.
Les médailles françaises suivent une courbe modeste : 13 à Munich, 9 à Montréal, 16 à Séoul. En 1988, l’URSS remporte encore un peu plus de 8 médailles pour une française (132 contre 16).
La boxe a résisté jusqu’au 1er juin 2016 : ce jour-là, 84 des 88 membres de la fédération internationale ont voté l’entrée des boxeurs professionnels, deux mois avant les Jeux de Rio (The Wexford Echo).
Questions courantes
Pourquoi Jim Thorpe a-t-il perdu ses médailles olympiques ?
Champion olympique en 1912, l’Américain avait touché de l’argent pour jouer au baseball semi-professionnel. Ses médailles lui ont été retirées, puis rendues à titre posthume en 1983.
Avery Brundage voulait-il exclure le hockey des Jeux ?
En 1970, le président du CIO a prévenu que le hockey sur glace risquait de perdre sa place olympique si sa fédération admettait des joueurs professionnels. La fédération a fait marche arrière.
Des sportifs ont-ils boycotté les Jeux pour défendre les professionnels ?
Oui. Aux Jeux d’hiver de 1936, des skieurs suisses et autrichiens ont boycotté les épreuves pour soutenir leurs moniteurs de ski, exclus comme professionnels.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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