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Mise en perspective
1 678 appels en juillet 2026 : c’est le plus haut total mensuel enregistré par la « règle de Martha » depuis son lancement en Angleterre. Depuis le 22 septembre, ce droit d’alerte s’étend à tous les services d’urgences du pays. Patients, proches et soignants peuvent y composer un numéro dédié pour obtenir une réévaluation médicale par une équipe extérieure au service.
Le dispositif porte le prénom de Martha Mills, morte d’un sepsis à 13 ans en 2021 dans un hôpital londonien. Le coroner a conclu qu’elle aurait survécu si elle avait été transférée en réanimation à temps, où un lit était disponible. Sa mère, journaliste, a raconté l’histoire publiquement en 2022.
Le fait
La règle anglaise tient en un seul geste : un appel. Le patient, un proche, un aidant ou un soignant compose le numéro affiché dans le service. Une équipe de soins critiques extérieure vient alors examiner le malade, 24 heures sur 24. L’objectif est de rattraper une dégradation que l’équipe en place n’a pas vue, ou qu’elle n’a pas entendue. Un numéro suffit.
Le droit existe dans les services d’hospitalisation depuis 2024. Il a été étendu aux maternités et à la néonatalogie en juin 2026. Les urgences ont suivi le 22 septembre 2026, avec un déploiement par étapes attendu d’ici mars 2028.
L’extension a été précédée d’un test dans sept établissements, entre septembre 2025 et mars 2026. Soixante-neuf appels y ont été passés en huit mois. Certains ont débouché sur une chirurgie en urgence ou un transfert en soins intensifs. NHS England en a conclu que la procédure pouvait cohabiter avec les pratiques existantes sans mobiliser de personnel clinique supplémentaire.
Le Pr Aidan Fowler, qui dirige la sécurité des patients à NHS England, porte cette extension aux urgences. Le pilote avait justement été conçu pour vérifier qu’une ligne d’alerte tient dans un service rapide et saturé.

Et chez nous ?
Notre regard
En France, rien ne permet à une famille de déclencher, d’un appel, l’examen de son proche par une autre équipe. Le code de la santé publique ouvre d’autres portes. La personne de confiance, prévue à l’article L1111-6, accompagne le patient dans ses démarches, et son témoignage prévaut sur tout autre quand le malade ne peut plus s’exprimer. Elle n’ordonne aucune réévaluation.
La seconde voie est la réclamation. Elle s’écrit et s’adresse au représentant légal de l’établissement, qui informe le plaignant de la possibilité de saisir un médiateur, médecin ou non. Les textes fixent le délai : la rencontre a lieu, sauf refus ou impossibilité, dans les huit jours suivant la saisine.
| Angleterre (NHS England) | France | |
|---|---|---|
| Ce qu’on obtient | l’examen par une équipe extérieure au service | la rencontre d’un médiateur, médecin ou non |
| Comment | un appel à une ligne dédiée | une réclamation écrite au représentant légal de l’établissement |
| Qui peut l’activer | patients, proches et soignants | le plaignant ; la personne de confiance est prévue par l’article L1111-6 |
| Quand | 24 h/24, pendant le soin | après le soin, rencontre dans les huit jours suivant la saisine (R1112-91 à R1112-93) |
Ces recours regardent l’après. En France, 5 576 événements indésirables graves associés aux soins ont été déclarés à la Haute Autorité de santé en 2025, et 77 % d’entre eux seulement avaient donné lieu à une information du patient ou de ses proches. Dans son rapport annuel publié le 11 septembre 2026, la HAS relève une hausse de 20 % des déclarations sur un an, qu’elle attribue à une meilleure connaissance du dispositif plutôt qu’à une dégradation des soins.
Le même écart entre ce qui se mesure et ce qui se dit aux gens se retrouve ailleurs dans le système, par exemple dans la participation au dépistage du sein, très inégale d’une région à l’autre.
La nuance
Soixante-neuf appels en huit mois, sur sept établissements, c’est peu. Le test mesurait la faisabilité, pas l’efficacité : il montre qu’une ligne d’alerte ne désorganise pas des urgences, pas qu’elle sauve un nombre donné de patients. Les 1 678 appels de juillet 2026, eux, portent sur l’ensemble du dispositif, services d’hospitalisation compris.
Un droit ne vaut que s’il est connu. La règle suppose que la famille sache qu’un numéro existe, l’ait sous les yeux et ose composer. Une affichette au-dessus d’un lit ne remplace pas une équipe qui explique.
La comparaison a ses limites. Le NHS est un système unique quand la France compte des milliers d’établissements aux procédures propres. Et des deux côtés, l’information publique existe en abondance, des listes publiées par l’ANSM aux rapports annuels de la HAS. Elle ne remplace pas un interlocuteur au moment où l’on s’inquiète.
À surveiller
Mars 2028 : c’est la date à laquelle tous les services d’urgences anglais devront avoir ouvert cette ligne. L’idée ne vient pas d’Angleterre. Le Queensland australien applique depuis des années une « Ryan’s Rule », qui a servi de modèle et de nom de baptême.
Côté français, les textes en vigueur n’ouvrent pas de voie équivalente : ni ligne nationale, ni réévaluation déclenchée par un proche. En Angleterre, l’inquiétude d’une famille a désormais un numéro. En France, elle commence par une lettre.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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