
Sommaire
Décryptage
Vous mangez peut-être moins salé depuis des années, sans avoir jamais entendu parler de l’autre moitié de l’équation. Elle porte un nom : le potassium. Et l’apport moyen dans le monde, environ 2,3 grammes par jour, reste très en dessous des 3,51 grammes que recommande l’Organisation mondiale de la santé. Dans une revue parue en août 2026, des spécialistes de la nutrition proposent d’arrêter de traquer le seul sodium pour raisonner enfin les deux minéraux ensemble.
En bref
- Nous avons rapporté l’apport mondial moyen de potassium à la cible de l’OMS : il manque environ 1,2 gramme par jour, soit près d’un tiers de moins que recommandé, d’après les repères de l’OMS.
- L’OMS vise moins de 2 g de sodium (soit 5 g de sel) et au moins 3,51 g de potassium par jour : dans l’idéal, le potassium dépasse le sodium, alors que nos assiettes font l’inverse.
- Les recommandations européennes de 2024 conseillent d’augmenter le potassium de 0,5 à 1 g par jour, par substitution du sel ou via les fruits et légumes.
- Le sel enrichi (environ 75 % de sodium, 25 % de potassium) est déconseillé en cas d’insuffisance rénale avancée, à cause du risque d’hyperkaliémie.
Le message n’est pas de renier trente ans de conseils. Il est d’admettre qu’on a longtemps regardé un seul cadran d’une machine qui en compte deux.
Trente ans à ne surveiller qu’un seul minéral
La consigne est l’une des plus répétées de la santé publique : mangez moins salé. Elle a du sens. L’excès de sodium fait grimper la pression artérielle, et l’OMS recommande de rester sous 5 grammes de sel par jour, l’équivalent d’une cuillère à café rase. Depuis les années 1980, c’est ce chiffre, et lui seul, qui structure les campagnes, les étiquettes et les réflexes de millions de personnes hypertendues.

Le problème, c’est que la pression artérielle ne répond pas qu’au sel. Une équipe menée par une professeure de médecine de l’université du Vermont présente le sodium et le potassium comme deux contributeurs modifiables majeurs : trop de l’un, pas assez de l’autre. En se concentrant sur le sodium, la santé publique a tenu la moitié du discours et laissé l’autre dans l’ombre. Le potassium, lui, détend les vaisseaux et aide les reins à évacuer le sodium. C’est le contrepoids naturel du sel, et il manque à l’appel.
Ce que proposent les spécialistes : penser les deux ensemble
Dans une revue de l’American Journal of Clinical Nutrition, les auteurs plaident pour un changement de cadre : cesser de traiter le sodium isolément et considérer le rapport entre sodium et potassium comme la vraie variable de la tension. Leur raisonnement est simple. L’effet de l’alimentation sur l’hypertension sera plus grand si l’on combine la baisse du sodium avec une hausse du potassium, plutôt qu’en misant tout sur la réduction du sel. Ils passent en revue la base des recommandations actuelles, les stratégies d’enrichissement en potassium et, surtout, les obstacles concrets à leur mise en oeuvre, la partie que les reprises grand public sautent le plus souvent.
Un de ces obstacles est très terre à terre : le goût. Remplacer une part du sel de table par du chlorure de potassium fonctionne, mais au-delà d’un certain seuil, un arrière-goût métallique apparaît. C’est pourquoi le sel enrichi couramment étudié retient une formule d’environ 75 % de sodium et 25 % de potassium. Assez pour déplacer l’équation sans rendre le plat immangeable.

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Le graphique dit tout le paradoxe. L’OMS voudrait que le potassium (3,51 g) l’emporte sur le sodium plafonné à 2 g. Dans la vraie vie, l’apport mondial de potassium plafonne à 2,3 g, sous la cible et presque au niveau du sodium à ne pas dépasser. Nous avons fait la soustraction : il manque, selon nos calculs, en moyenne 1,2 g de potassium par jour, près d’un tiers de la cible. L’équation n’est pas seulement déséquilibrée, elle est inversée.
Le sel, le potassium et pour qui la substitution ne convient pas
| Repère | Ce que cela dit | Source |
|---|---|---|
| Consigne historique | Rester sous 5 g de sel (2 g de sodium) par jour | OMS |
| Ce que proposent les auteurs | Raisonner le rapport sodium / potassium, viser au moins 3,51 g de potassium | Am. J. Clinical Nutrition |
| Recommandation européenne 2024 | Augmenter le potassium de 0,5 à 1 g par jour, par le sel enrichi ou les fruits et légumes | Prise de position (Australie / Taskforce) |
| Sel enrichi type | Environ 75 % de sodium, 25 % de potassium | George Institute |
| Déconseillé à | Insuffisance rénale avancée et certains traitements (risque d’hyperkaliémie) | George Institute |
Tableau Actu Alt Plus. Sources : OMS, American Journal of Clinical Nutrition, prise de position australienne, George Institute. La proposition n’efface pas la consigne sur le sel : elle lui ajoute un second réglage, valable pour presque tout le monde sauf les reins fragiles.
Cette idée n’arrive pas de nulle part. Les recommandations européennes de 2024 pour la prise en charge de l’hypertension comportent déjà une ligne sur le sel enrichi en potassium, avec cette augmentation de 0,5 à 1 g par jour. L’OMS, de son côté, cite le sel enrichi comme une stratégie efficace, abordable et déployable à grande échelle. Ce que la revue réclame, c’est de faire passer ce réglage du statut de détail technique à celui de pilier des recommandations, au même rang que la réduction du sel.
Du potassium dans l’assiette, et une prudence pour certains
La bonne nouvelle, c’est que le potassium ne se cache pas. Inutile de se forcer aux bananes tous les matins : fruits, légumes, légumineuses et produits laitiers en sont de bonnes sources. Une assiette plus végétale fait deux choses à la fois, elle apporte du potassium et déplace mécaniquement le sel des produits transformés. Dans les rayons, les sels dits allégés en sodium remplacent une part du chlorure de sodium par du chlorure de potassium : l’étiquette le mentionne, et c’est elle qu’il faut lire. Nous avions déjà exploré le sel caché des aliments que l’industrie ajoute sans qu’on le voie, et, plus largement, ce que dit la science de l’assiette et le cerveau.

Reste la réserve qui doit accompagner tout ce discours. Le potassium, salvateur pour la plupart, devient dangereux pour d’autres. En cas d’insuffisance rénale avancée, les reins n’évacuent plus l’excédent, et le sang peut se charger en potassium jusqu’à un niveau qui menace le coeur : c’est l’hyperkaliémie. Certains médicaments de la tension produisent le même effet. Pour ces personnes, le sel enrichi et les compléments sont à proscrire sauf avis médical. C’est aussi pour cela que ce sujet se lit comme une information scientifique, pas comme une ordonnance : avant de changer votre salière, parlez-en à votre médecin, surtout si vous suivez un traitement ou souffrez des reins.
Questions courantes
Faut-il arrêter de réduire le sel ?
Non. Le message sur le sodium reste valable : l’excès de sel augmente la tension. Les spécialistes proposent de l’accompagner d’un apport suffisant en potassium, pas de le remplacer.
Qu’est-ce que le sel enrichi en potassium ?
Un sel de table où une part du chlorure de sodium est remplacée par du chlorure de potassium. La formule couramment étudiée tourne autour de 75 % de sodium et 25 % de potassium, un seuil qui évite l’arrière-goût métallique.
Combien de potassium par jour ?
L’OMS vise au moins 3,51 g par jour. Les recommandations européennes de 2024 suggèrent, chez les personnes concernées, d’augmenter l’apport de 0,5 à 1 g par jour, par le sel enrichi ou par une alimentation riche en fruits et légumes.
Où trouver du potassium sans manger de bananes ?
Les fruits, les légumes, les légumineuses et les produits laitiers en sont riches. La banane n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres, pas un passage obligé.
Le sel enrichi est-il dangereux ?
Pour la plupart des gens, non. Mais il est déconseillé en cas d’insuffisance rénale avancée ou sous certains traitements de la tension, à cause du risque d’hyperkaliémie. Demandez conseil à votre médecin avant d’en adopter.
Pourquoi le potassium agit-il sur la tension ?
Il aide à détendre les vaisseaux et favorise l’élimination du sodium par les reins. Associé à une baisse du sel, un apport suffisant contribue à abaisser la pression artérielle, selon l’OMS et la revue.
Cette proposition change-t-elle les recommandations officielles ?
C’est un appel de spécialistes à faire évoluer les recommandations. L’OMS et certaines sociétés savantes intègrent déjà le sel enrichi, mais il s’agit d’un débat scientifique, pas d’une consigne médicale individuelle.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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