
Publié le 7 juin 2026 · Mis à jour le 8 juin 2026 à 13h19
Pendant des années, le raisonnement médical s’est appuyé sur une logique simple : une tumeur volumineuse ou des ganglions atteints, c’est automatiquement la chimio. Ce réflexe, fondé sur des critères cliniques visibles, envoyait des milliers de femmes sous traitement sans certitude qu’elles en bénéficieraient vraiment. L’essai de phase 3 OPTIMA, présenté à la réunion annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) en mai 2026, bouscule ce réflexe avec des données solides : un test génomique peut trier avec précision qui a besoin de chimio et qui peut s’en passer sans compromettre ses chances de survie.
L’essai a porté sur 4 429 femmes et hommes de 40 ans ou plus, tous porteurs d’un cancer du sein dit ER-positif et HER2-négatif, avec des caractéristiques qui les auraient historiquement qualifiés pour la chimiothérapie : soit jusqu’à neuf ganglions lymphatiques envahis, soit une tumeur d’au moins 30 mm. Le test utilisé, Prosigna, analyse l’activité de 50 gènes dans la tumeur et génère un score de risque de récidive (score ROR). Les patientes avec un score inférieur ou égal à 60 (68 % de l’ensemble de la cohorte) ont été orientées vers l’hormonothérapie seule, sans chimio.

Des résultats quasi identiques avec et sans chimio pour ce groupe
Pour ce groupe à risque génomique bas, le taux de survie sans récidive à cinq ans a atteint 90,4 % dans le bras guidé par le test, contre 91,8 % dans le bras recevant systématiquement la chimio. Un écart de 1,4 point, jugé cliniquement non inférieur selon les critères préétablis de l’essai. Autrement dit, les patientes à faible score Prosigna n’ont pas perdu de chance en évitant la chimio, et les effets secondaires du traitement, parfois sévères et durables (nausées, fatigue, risque de neuropathie, impacts sur la fertilité), avec.
Prosigna se distingue des autres tests génomiques déjà utilisés dans la pratique, comme Oncotype DX ou MammaPrint. Ces derniers avaient déjà permis d’éviter la chimio à des patientes à risque clinique intermédiaire ou faible. OPTIMA va plus loin en s’attaquant à la population jugée à haut risque clinique, celle que ces tests précédents n’avaient pas encore déverrouillée. Prosigna évalue un panel de 50 gènes différents qui renseignent sur la biologie intrinsèque de la tumeur, notamment son sous-type moléculaire (luminal A, luminal B, basal ou HER2-enrichi), et non sur les seuls facteurs de risque anatomiques.
L’essai a par ailleurs fourni une donnée inédite sur les femmes préménopausées. Pour les patientes de 40 ans et plus sous suppression ovarienne, le test Prosigna s’est révélé capable de guider les décisions de chimiothérapie de façon sûre : une lacune importante était comblée, car les données disponibles sur les tests génomiques concernaient surtout les femmes ménopausées.

Ce que cela change concrètement, et ce qui reste à confirmer
Le mot utilisé dans le milieu médical pour ce type de résultat est « practice-changing », c’est-à-dire susceptible de modifier les pratiques cliniques réelles. L’intégration de Prosigna dans les recommandations officielles dépend désormais des agences de santé de chaque pays. En France, la prise en charge du cancer du sein est structurée par l’Institut national du cancer (INCa), qui publie des référentiels de pratique clinique régulièrement mis à jour. La question de l’accès au test et de son remboursement dans le contexte français reste à suivre.
Ce que l’essai OPTIMA ne modifie pas : les patientes dont le score Prosigna est supérieur à 60, soit 32 % de la cohorte, restent candidates à la chimiothérapie. Le test ne supprime pas la chimio, il l’affine. Pour les deux tiers des patientes qui passaient jusqu’ici systématiquement par là, c’est potentiellement un traitement lourd évité sans compromis sur l’efficacité. C’est la promesse de la médecine dite personnalisée : non pas des thérapies universelles, mais des thérapies adaptées à ce que dit vraiment la biologie de chaque tumeur.
En bref
Qu’est-ce que le test Prosigna ?
Prosigna est un test génomique qui analyse l’activité de 50 gènes dans la tumeur et calcule un score de risque de récidive (ROR). Il renseigne sur la biologie intrinsèque du cancer, au-delà des critères cliniques visibles comme la taille de la tumeur ou les ganglions touchés.
Qui concerne l’essai OPTIMA ?
Les femmes et hommes porteurs d’un cancer du sein ER-positif, HER2-négatif, considéré à haut risque clinique (ganglions envahis ou tumeur d’au moins 30 mm), qui auraient jusqu’ici reçu la chimio automatiquement. L’essai a inclus 4 429 participants.
Que se passe-t-il si le score Prosigna est bas ?
Les patientes avec un score ROR inférieur ou égal à 60 (68 % de la cohorte) ont été traitées par hormonothérapie seule. Leur taux de survie sans récidive à cinq ans (90,4 %) est resté comparable à celui des patientes ayant reçu la chimio (91,8 %).
En quoi Prosigna diffère-t-il des tests Oncotype DX ou MammaPrint ?
Oncotype DX et MammaPrint avaient surtout prouvé leur utilité pour les patientes à risque clinique intermédiaire ou faible. OPTIMA est le premier grand essai à démontrer que Prosigna peut guider la décision chez les patientes à haut risque clinique, un groupe resté jusqu’ici hors de portée de ces tests.
Ce test est-il disponible en France ?
Prosigna existe déjà dans certains pays. Son intégration aux recommandations françaises et son remboursement dépendent de l’INCa et de la HAS. Les résultats d’OPTIMA présentés à l’ASCO 2026 pourraient peser dans ces décisions à venir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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