Double hélice d'ADN lumineuse dans un laboratoire sombre, deux silhouettes humaines translucides sans visage émergeant des brins comme des ombres.

2 ancêtres sans le moindre os retrouvés dans notre ADN

Une étude de Science a lu dans le génome de 500 personnes vivantes deux populations humaines disparues dont on n'a jamais trouvé le moindre fossile. L'une est en vous.

Sommaire
  1. Deux ancêtres sans le moindre os: comment sait-on qu'ils ont existé?
  2. Comment lit-on une population disparue sans le moindre fossile?
  3. Qui sont ces deux fantômes, et combien pèsent-ils en nous?
  4. Pourquoi ce 0,002 % minuscule est-il le plus spectaculaire des trois chiffres?
  5. Peut-on mettre un nom sur ces ancêtres?
  6. Qu'est-ce que cette méthode change vraiment?

Questions-réponses

On croyait le catalogue de nos cousins disparus presque clos: Neandertal, les Dénisoviens, deux ou trois hypothèses. Et si deux populations humaines de plus avaient laissé leur signature en nous sans jamais livrer le moindre ossement? C’est ce que décrit une étude parue le 30 juillet 2026 dans la revue Science, signée Yulin Zhang, Priya Moorjani et leurs collègues de l’université de Californie à Berkeley.

Deux ancêtres sans le moindre os: comment sait-on qu’ils ont existé?

Parce que leur ADN, lui, existe toujours, dispersé par fragments dans les génomes d’aujourd’hui. En génétique, une population « fantôme » est un groupe disparu dont on n’a exhumé aucun fossile, mais dont on lit encore la trace chez les vivants. L’idée circulait depuis une dizaine d’années; la vraie nouveauté n’est pas de supposer ces ancêtres, c’est de pouvoir les cartographier morceau par morceau.

Comment lit-on une population disparue sans le moindre fossile?

L’équipe a comparé plus de 500 génomes complets de personnes vivantes du monde entier et reconstruit, comme le détaille Live Science, la généalogie de chaque portion de chaque génome. En remontant ces arbres de recombinaison, certaines branches plongent bien plus loin dans le temps que tout ce que l’on connaît: le signe qu’un ADN venu d’ailleurs s’est glissé dans le lot. Point décisif: la méthode ne réclame aucun échantillon fossile pour repérer ces séquences archaïques. Elle lit le passé dans le présent, à même le génome des vivants.

Un chercheur vu de dos observe un grand écran couvert d'arbres généalogiques ramifiés et de segments de génome colorés, laboratoire de génétique.
La méthode ne réclame aucun fossile : elle lit les séquences archaïques à même le génome des vivants.

Qui sont ces deux fantômes, et combien pèsent-ils en nous?

Le premier est présent chez tout le monde, Africains compris: il représente 0,5 à 1 % de nos génomes, soit l’ordre de grandeur de l’ADN néandertalien que portent beaucoup d’humains actuels. Il aurait divergé de notre lignée il y a environ 800 000 ans, avant de se recroiser avec nos ancêtres en Afrique il y a plus de 50 000 ans. Le second ne se lit que chez les populations d’Océanie et ne pèse que 0,002 % de leur génome: une poussière, transmise par l’intermédiaire des Dénisoviens.

Pourquoi ce 0,002 % minuscule est-il le plus spectaculaire des trois chiffres?

Une question d’échelle. Posez les héritages archaïques côte à côte: 1 à 2,4 % de Neandertal hors ascendance subsaharienne, 0,1 à 6 % de Dénisovien chez les Asiatiques et les Océaniens, 0,5 à 1 % pour le fantôme universel. Et tout en bas, 0,002 % pour le second fantôme. Or cette lignée « super-archaïque » a divergé il y a environ 1,8 million d’années. Débusquer, à un tel niveau de dilution, l’empreinte d’une population aussi ancienne revient à reconnaître une voix noyée sous quatre ordres de grandeur de bruit.

Peut-on mettre un nom sur ces ancêtres?

Avec prudence. Les auteurs avancent Homo heidelbergensis comme candidat possible pour le premier fantôme, et le paléoanthropologue Chris Stringer, du Muséum d’histoire naturelle de Londres, dit partager cette hypothèse. Mais tant qu’aucun os ne vient confirmer la correspondance, cela reste une piste, pas une identification. Ces fragments hérités, précise l’étude, sont les plus nombreux dans les régions du génome liées à l’immunité et au métabolisme: du matériel qui a peut-être rendu service à ceux qui l’ont reçu.

Qu’est-ce que cette méthode change vraiment?

Elle rebat les cartes là où l’ADN ancien ne se conserve pas. Un fossile ne livre son génome que dans des conditions précises, plutôt froides et sèches; l’Afrique et les zones tropicales, berceaux d’une part immense de notre histoire, en restent largement privées, quand le plus vieil ADN ancien séquencé sort du froid. Lire les populations disparues à partir des seuls génomes actuels ouvre ces terrains, comme le relève Euronews. Au passage, l’arbre généalogique cède du terrain au réseau, où les croisements sont la règle plutôt que l’exception. Un dernier mot pour les tests ADN grand public: ces 0,5 à 1 % n’apparaîtront pas dans votre rapport commercial, qui ne remonte pas si loin.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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