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Une personne sur cinq, dans la plus grande base génétique jamais constituée en Asie du Sud, est née sans un gène fonctionnel. Une sur cinq, contre seulement une sur quatorze dans les bases occidentales. Cet écart a l’air anodin, il explique pourtant une partie du gâchis le plus coûteux de la pharmacie mondiale : des médicaments prometteurs chez la souris qui s’effondrent une fois testés chez l’humain. L’analyse de 173 303 génomes pakistanais, publiée le 17 juin 2026 dans la revue Nature par l’université Columbia, change la donne, et nous concerne tous, France comprise.
En bref
- Dans cette base, 1 personne sur 5 est un « knockout humain » (au moins un gène inactif), contre 1 sur 14 dans les bases à ascendance majoritairement européenne, selon l’université Columbia.
- L’étude porte sur 173 303 génomes du Pakistan et a identifié 34 000 de ces personnes au profil génétique rare.
- Les Sud-Asiatiques pèsent 25 % de l’humanité mais seulement 2 % des bases génomiques mondiales.
- Concrètement, ce déséquilibre fait rater des essais cliniques et coûte des milliards, partout, recherche française incluse.
Un « knockout humain », c’est quoi au juste
Le terme intimide, le principe est simple. Chacun de nous hérite d’une copie de chaque gène de sa mère, une autre de son père. Un « knockout humain », c’est une personne dont les deux copies d’un même gène sont inactives : elle vit, en somme, avec un gène débranché. Ces individus sont précieux pour la science, car ils répondent à une question que les laboratoires se posent en permanence : que se passe-t-il si l’on neutralise tel gène ? La nature a déjà fait l’expérience, il suffit d’observer ces personnes et leur état de santé. Sur les 173 303 génomes du Pakistan Genome Resource, l’équipe a recensé près de 6 500 gènes désactivés, soit environ un tiers de tous les gènes codants, répartis chez 34 000 participants.

Pourquoi tant de profils rares dans cette population ? Parce qu’au Pakistan, les mariages entre cousins germains sont fréquents depuis des siècles : un tiers des participants en sont issus. Quand deux parents apparentés transmettent la même mutation, l’enfant hérite plus souvent d’un gène inactif sur ses deux copies. Cette particularité, loin d’être un détail, fait de cette base une mine d’informations introuvable ailleurs.
Le biais européen qui plombe la médecine
Voici le coeur du problème, et il nous touche directement. Les grandes bases de référence, comme la UK Biobank britannique ou le programme américain All of Us, contiennent surtout des génomes de personnes d’ascendance européenne. Or les Sud-Asiatiques représentent un quart de la population mondiale et à peine 2 % de ces bases. Résultat : les profils utiles aux chercheurs y sont rares. C’est ce que mesure ce nouveau jeu de données.

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Cette base pakistanaise est, selon les auteurs, environ 3,5 fois plus efficace que les bases européennes pour repérer ces fameux gènes débranchés. La médecine de demain se construit aujourd’hui sur des données qui ignorent un quart de l’humanité, et ce déséquilibre n’a rien d’abstrait pour un patient français : un traitement validé sur un échantillon trop homogène peut mal fonctionner ailleurs.
Des milliards de dollars de médicaments ratés
L’argument économique achève de convaincre. Quand un laboratoire repère un gène intéressant chez la souris, il développe un médicament, puis le teste chez l’humain. Sauf que, l’étude le confirme, des gènes jugés « essentiels » et intouchables d’après les modèles murins se révèlent en réalité variables chez l’humain. Autrement dit, la souris n’est pas un humain miniature. C’est l’une des raisons pour lesquelles tant d’essais cliniques échouent, après des centaines de millions investis. Le gène RXFP1, par exemple, fonctionne différemment chez l’humain, ce qui éclaire l’échec de médicaments cardiaques qui le ciblaient.

L’intérêt va dans les deux sens. La base a montré que les personnes dépourvues du gène CIDEB sont protégées de la stéatose hépatique, la fameuse « maladie du foie gras », ce qui ouvre une piste de traitement plus sûre. Elle a aussi lancé une alerte utile : les inhibiteurs de LRRK2, en développement contre la maladie de Parkinson, pourraient augmenter le risque de maladie rénale, un signal qui invite à surveiller les reins des futurs patients. Pour nous, lecteurs, le message à retenir est limpide : diversifier les bases génétiques, ce n’est pas une cause lointaine, c’est ce qui rend nos médicaments plus efficaces et plus sûrs. Une base plus représentative bénéficie à tous, y compris aux populations européennes, qui partagent une partie de leur ascendance avec les Sud-Asiatiques.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’un « knockout humain » ?
Une personne dont les deux copies d’un même gène sont inactives, et qui vit donc sans ce gène fonctionnel. Ces profils permettent d’observer in vivo l’effet de la neutralisation d’un gène, ce que les laboratoires cherchent à reproduire artificiellement.
Pourquoi cette base pakistanaise est-elle si riche ?
Les mariages entre cousins germains y sont fréquents depuis des siècles : un tiers des participants en sont issus. Cette proximité familiale multiplie les profils où un gène est inactif sur ses deux copies.
En quoi cela concerne-t-il un patient français ?
Les médicaments se développent à partir de données génétiques. Si elles ignorent un quart de l’humanité, des traitements échouent ou s’avèrent moins sûrs. Une base plus diverse profite à toutes les populations, ascendance européenne comprise.
Pourquoi des médicaments efficaces chez la souris échouent-ils chez l’humain ?
Parce que des gènes jugés essentiels d’après les modèles de souris se révèlent variables chez l’humain. La souris n’est pas un humain en miniature, d’où des essais cliniques ratés après des sommes considérables.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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