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Près d’un Français sur cinq ronfle et s’étouffe pendant son sommeil sans le savoir. Et pourtant, seuls 3,5 % des personnes concernées sont traitées en France, selon une étude publiée dans ERJ Open Research sur la cohorte CONSTANCES. L’apnée obstructive du sommeil est connue pour abimer le cœur : risque cardiovasculaire multiplié, pression artérielle qui grimpe, plaques dans les artères. Ce qu’on comprenait mal, c’est le chemin emprunté. Une équipe de l’Université de Californie (San Diego) présentait en juin 2026 à la conférence ASM Microbe une hypothèse décalante : le lien entre les nuits hachées et les artères encrasstées passerait par l’intestin.
En bref
- Une équipe de l’Université de Californie (San Diego) a présenté en juin 2026 à la conférence ASM Microbe une piste reliant l’apnée du sommeil au cœur en passant par l’intestin.
- Chez la souris, les acides biliaires modifiés activeraient le récepteur FXR, qui favorise le dépôt de plaques dans les artères ; les souris privées de FXR développaient nettement moins de plaques.
- Dans le monde, plus de 936 millions de personnes seraient touchées par l’apnée obstructive selon The Lancet Respiratory Medicine, dont près de 85 % non diagnostiquées.
- En France, l’apnée concerne environ 20 % des adultes mais seuls 3,5 % sont traités par pression positive continue, remboursée par l’Assurance Maladie.
Le mécanisme en jeu s’appuie sur les acides biliaires, ces composés que le foie fabrique pour digrer les graisses. Au-delà de la digestion, ils circulent dans le sang et activent des récepteurs dans tout le corps. L’un d’eux, le récepteur FXR (farnesoid X receptor), serait un acteur clé. Quand les pauses respiratoires de la nuit réduisent le taux d’oxygène dans le sang, la composition des acides biliaires se modifie. Ces acides biliaires altérés, remodelés par les microbes intestinaux, activeraient FXR de façon anormale et favoriseraient le dépôt de plaques graisseuses dans les artères, c’est-à-dire l’athérosclérose.

Ce que l’expérience sur souris a montré
Pour tester cette hypothèse, l’équipe de Celeste Allaband a comparé deux groupes de souris prédisposées aux maladies cardiaques. Les premières étaient normales ; les secondes avaient été privées du récepteur FXR. Toutes ont été exposées à des conditions imitant l’apnée du sommeil. Résultat : les souris sans FXR développaient nettement moins de plaques dans l’aorte et l’arc aortique, et les perturbations de leur microbiote intestinal étaient réduites. « Nos résultats indiquent que le récepteur FXR, activé par les acides biliaires, joue un rôle central dans l’accumulation de plaques artérielles lors de conditions semblables à l’apnée du sommeil », a déclaré Allaband lors du congrès. Des plaques persistaient toutefois dans l’artère pulmonaire : le mécanisme n’efface pas le risque, il le réduit.
L’étape suivante est décisive : vérifier si ces tendances se retrouvent chez l’humain. L’équipe travaille sur des données humaines et envisage de tester si l’apport de certains acides biliaires spécifiques ou de probiotiques ciblés pourrait protéger les patients contre les complications cardiaques. Ce sont des pistes, pas encore des traitements : l’étude porte sur des souris, et le passage à la clinique reste à démontrer. Aucun produit, aucun complément alimentaire ne repose à ce jour sur cette découverte.

L’apnée du sommeil touche des dizaines de millions de personnes, mais la grande majorité l’ignore. Le graphique ci-dessous illustre l’écart entre la prévalence réelle et le nombre de personnes effectivement prises en charge.

L’écart est saisissant : en France, si 20 % des adultes sont concernés, seuls 3,5 % bénéficient d’un traitement par pression positive continue. À l’échelle mondiale, 85 % des cas restent non diagnostiqués, soit plus de 800 millions de personnes qui s’étouffent la nuit sans le savoir.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Adultes français concernés | ~20 % (cohorte CONSTANCES) | ERJ Open Research, 2023 |
| Cas mondiaux (apnée obstructive) | plus de 936 millions | The Lancet Respiratory Medicine |
| Non diagnostiqués dans le monde | ~85 % | The Lancet Respiratory Medicine |
| Français traités par PPC | 3,5 % des concernés | ERJ Open Research / CONSTANCES, 2023 |
Un milliard de dormeurs en cause, mais surtout des non-diagnostiqués
Ce qui donne du poids à cette piste, c’est l’ampleur du problème. The Lancet Respiratory Medicine estimait le nombre de personnes atteintes d’apnée obstructive à plus de 936 millions dans le monde, dont près de 85 % non diagnostiquées. En France, les données de la cohorte CONSTANCES (Inserm) établissent la prévalence à environ 20 % de la population adulte, avec seulement 3,5 % effectivement traités par pression positive continue (PPC). L’écart est considérable : des millions de personnes ignorent qu’elles s’étouffent la nuit et que leurs artères en pâtissent peut-être.
Le sous-diagnostic a des causes multiples : absence de somnolence diurne marquée chez certains, ronflements banalisés, cohabitation avec d’autres facteurs de risque cardiaques qui masquent le tableau. Chez les femmes, les symptômes diffèrent souvent : fatigue chronique, maux de tête matinaux, irritabilité plutôt que ronflement. En France, l’Assurance Maladie rembourse à 65 % la location d’un appareil PPC pour les formes modérées à sévères, et la prise en charge peut monter à 100 % dans le cadre de l’ALD30 pour les formes sévères. Un test de dépistage, prescrit par un médecin, reste la seule entrée dans le parcours de soin.
Ce que dit la science en creux est aussi important : on ne sait pas encore si bloquer FXR chez l’humain serait bénéfique, ni quels acides biliaires cibler. La complexité du microbiote intestinal rend la traduction clinique incertaine. Mais la trouvaille ouvre une fenêtre sur un axe intestin-cœur largement inexploré chez les patients apnéiques, et rappelle que le médecin généraliste reste l’interlocuteur incontournable si vous suspectez un problème de sommeil.
Questions courantes
C’est quoi, l’apnée du sommeil ?
Une interruption répétée de la respiration pendant le sommeil, qui réduit l’oxygène dans le sang. Elle touche environ 20 % des adultes français, mais 85 % des cas ne sont pas diagnostiqués.
Quel lien avec le cœur ?
L’apnée augmente le risque de maladies cardiovasculaires. L’hypothèse nouvelle est qu’elle agit via l’intestin : les acides biliaires modifiés activeraient un récepteur (FXR) qui favorise le dépôt de plaques dans les artères.
Est-ce prouvé chez l’humain ?
Non. Les résultats viennent d’une étude sur des souris présentée au congrès ASM Microbe 2026. Des études sur des données humaines sont en cours. Aucun traitement ne découle encore de cette découverte.
Que faire si l’on pense souffrir d’apnée ?
En parler à son médecin. Le diagnostic se pose par une polygraphie ventilatoire. En France, le traitement par PPC est remboursé par l’Assurance Maladie dès les formes modérées.
Les probiotiques peuvent-ils aider ?
Pas encore. C’est une piste de recherche, pas une recommendation médicale validée. Les chercheurs envisagent de tester certains microbes et acides biliaires dans des étapes futures.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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