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Panorama
Il y a ce moment, chaque mois de juillet, où la question tourne dans les couloirs du bureau, à la sortie de l’école, au téléphone avec les parents : « et vous, vous partez où ? » On finit par croire que tout le monde plie une valise. Sauf que 14 % des Français de 15 à 69 ans ne partent jamais en vacances, selon la dernière étude du CRÉDOC. Derrière ce chiffre, une fracture qui a un visage, un âge et surtout un montant sur la fiche de paie. Nous avons rassemblé en un seul état des lieux les données que les enquêtes officielles livraient séparément.
En bref
- 14 % des 15-69 ans ne partent jamais en vacances, quand 57 % partent au moins une fois par an, selon le CRÉDOC (juillet 2026).
- Le premier frein est financier : 47 % jugent leurs revenus insuffisants pour partir.
- L’écart de départ va presque du simple au double : 49 % chez les plus modestes contre 81 % chez les plus aisés (Observatoire des inégalités, données CRÉDOC 2025).
- 82 % des adultes ont tout de même voyagé pour motif personnel en 2022, mais 64 % seulement des 75 ans et plus (INSEE).
Un Français sur sept ne part jamais
Commençons par l’ordre de grandeur. En moyenne, 57 % des 15-69 ans partent en vacances au moins une fois par an et 63 % sont partis au cours des douze derniers mois, mesure le CRÉDOC. À l’autre bout, 14 % ne partent jamais. Ce n’est pas un accident de calendrier ni une année de crise : le taux de départ oscille autour de 60 % depuis un demi-siècle.
Ce socle stable cache une réalité moins douce. Rester chez soi peut être un choix, surtout quand on a un cadre de vie agréable. Mais pour une part importante des ménages, le non-départ n’a rien d’un choix. Il a une cause, et elle revient toujours en tête.
Le revenu, première ligne de fracture
La ligne de partage la plus nette passe par le portefeuille. D’après l’Observatoire des inégalités, qui s’appuie sur les données du CRÉDOC de l’automne 2025, 49 % des personnes qui disposent de moins de 1 190 euros par mois sont parties en vacances dans l’année, contre 81 % de celles qui vivent avec plus de 2 550 euros. Presque du simple au double, pour un même besoin de souffler.
L’INSEE, avec une définition plus large du voyage (au moins une nuit hors du domicile pour motif personnel), retrouve la même mécanique : en 2022, 62 % des personnes vivant avec moins de 1 500 euros par mois avaient voyagé, contre 90 % de celles au-dessus de 3 000 euros. Le manque d’argent est d’ailleurs le premier motif cité par ceux qui ne partent pas.

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En clair, plus le revenu monte, plus le départ devient une évidence. Chez les plus modestes, il redevient un arbitrage, souvent perdu d’avance. Et l’écart ne se lit pas seulement sur le fait de partir ou non : il se retrouve aussi dans la durée du séjour, dans la distance parcourue et dans la possibilité de renouveler l’expérience plusieurs fois dans l’année. Deux personnes peuvent cocher la même case « parti », sans vivre du tout les mêmes vacances.

L’âge et le métier creusent l’écart
Le revenu n’agit pas seul. L’âge dessine sa propre pente. Toujours en 2022, 84 % des 15-34 ans et 86 % des 35-49 ans avaient voyagé pour motif personnel, contre 79 % des 65-74 ans et seulement 64 % des 75 ans et plus, relève l’INSEE. Le grand âge, souvent accompagné de contraintes de santé et de revenus plus modestes, éloigne peu à peu du départ.
La catégorie sociale, elle, agit comme un multiplicateur. 93 % des cadres avaient voyagé au moins une nuit en 2022, et un cadre passe en moyenne 26 nuits par an en voyage personnel, contre 15 pour un employé et 11 pour un ouvrier. L’Observatoire des inégalités confirme le fossé sur les seules vacances : 78 % des cadres supérieurs partent, contre 54 % des ouvriers. Partir n’est pas qu’une question de moyens, c’est aussi une habitude qui se transmet.
Pourquoi on ne part pas : bien plus que l’argent
Réduire le non-départ au seul manque d’argent serait pourtant trop simple. Interrogés sur leurs freins, les Français en citent plusieurs, que le tableau ci-dessous rassemble.
| Frein cité | Part des 15-69 ans |
|---|---|
| Revenus insuffisants pour partir | 47 % |
| Revenus trop variables ou incertains | 38 % |
| Rognent sur l’essentiel (santé, alimentation) pour partir | 37 % |
| Font passer le départ des enfants avant le leur | 33 % |
| Préfèrent rester chez eux | 23 % |
Le lien social pèse tout autant. Partir seul rend le voyage difficile pour 62 % des Français, se mettre d’accord avec la famille ou les amis complique la chose pour 53 %, et l’organisation elle-même (hébergement, transport, réservations en ligne) devient une source de stress pour plus de quatre personnes sur dix. Seuls 16 % ne déclarent aucune de ces réticences.
Autrement dit, le non-départ n’est pas qu’une affaire de compte en banque. Il se nourrit aussi d’une forme d’appréhension, de la peur de mal s’y prendre ou de se retrouver seul, qui touche même des personnes qui en auraient les moyens. Réduire l’écart suppose donc d’agir sur les deux fronts à la fois : le budget et la confiance à franchir le pas.

Les aides existent, mais ne comblent pas le fossé
Face à ce mur, des coups de pouce existent. Un quart de la population a bénéficié d’au moins une des aides au départ proposées par les employeurs, les CAF ou les mairies, et 29 % des 15-69 ans (36 % des actifs occupés) ont touché des chèques vacances. Mais ces aides bénéficient surtout aux salariés déjà installés : les trois quarts des personnes travaillant dans une entreprise de moins de dix salariés indiquent qu’on ne leur a jamais proposé de chèques vacances.
Le point le plus sensible, ce sont les enfants. Quand le budget ne suit pas, beaucoup de parents choisissent de faire partir les petits et de rester eux-mêmes à quai. C’est cette fracture qui touche d’abord les enfants qui donne au non-départ son poids le plus lourd. Des dispositifs comme l’aide de la CAF pour les colos peuvent alléger la facture, mais une part des familles concernées passe encore à côté, faute d’information.
Méthode et limites : nous avons croisé trois sources officielles. Le CRÉDOC et l’Observatoire des inégalités mesurent les « vacances » au sens de séjours d’au moins quatre nuits hors du domicile sur les douze derniers mois, chez les 15-69 ans. L’INSEE (Focus 310) mesure les « voyages pour motif personnel » d’au moins une nuit en 2022, ce qui explique ses taux plus élevés : les deux mesures ne se superposent pas, mais dessinent la même hiérarchie sociale. Les parts de freins citées reposent sur des questions à réponses multiples et ne s’additionnent pas.
Questions courantes
Combien de Français ne partent jamais en vacances ?
Selon le CRÉDOC (juillet 2026), 14 % des 15-69 ans ne partent jamais en vacances, tandis que 57 % partent au moins une fois par an et 63 % sont partis au cours des douze derniers mois.
Quel est le premier frein au départ ?
L’argent. 47 % des 15-69 ans jugent leurs revenus insuffisants pour partir, loin devant les raisons familiales, de santé ou professionnelles.
L’écart entre riches et modestes est-il si grand ?
Oui. 49 % des personnes les plus modestes sont parties en vacances dans l’année, contre 81 % des plus aisées, soit presque du simple au double, selon l’Observatoire des inégalités à partir des données du CRÉDOC.
Existe-t-il des aides pour partir ?
Oui : chèques vacances, aides des CAF, des employeurs ou des mairies. Un quart de la population en a bénéficié, mais elles profitent surtout aux salariés déjà en poste et ne suffisent pas à combler l’écart de départ.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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