Une personne vue de dos trie des papiers administratifs à la table de sa cuisine, le matin

Devenir français : 6 conditions, 255 euros, et 13,5 % de naturalisations en moins depuis le tour de vis de 2025

42 246 personnes sont devenues françaises par décret en 2025, soit 13,5 % de moins qu'en 2024. Depuis le 1er janvier 2026, deux conditions ont changé : le niveau de français exigé est passé à B2, et l'examen civique est devenu obligatoire. Voici la procédure complète, son coût et ses délais.

Sommaire
  1. 1. Avoir 18 ans, mais déposer dès 17
  2. 2. Résider en France depuis au moins cinq ans
  3. 3. Justifier d'un niveau B2, et non plus B1
  4. 4. Réussir l'examen civique : 32 bonnes réponses sur 40
  5. 5. Avoir des revenus stables et suffisants
  6. 6. Un comportement civique sans accroc
  7. 255 euros, 18 mois, 12 après dix ans
  8. Combien y parviennent réellement
  9. Le point que personne ne mentionne : deux ans de fragilité

La liste

42 246. C’est le nombre de personnes devenues françaises par décret en 2025, soit 13,5 % de moins que l’année précédente. Le ministère de l’Intérieur relie cette baisse à une circulaire du 2 mai 2025 qui a resserré les critères. Et depuis le 1er janvier 2026, deux conditions ont encore changé. Voici les six exigences, dans l’ordre où l’administration les examine, puis le coût et les délais.

1. Avoir 18 ans, mais déposer dès 17

La naturalisation s’adresse aux majeurs. La fiche officielle précise toutefois que le dossier peut être déposé dès l’âge de 17 ans, ce qui permet d’anticiper le calendrier.

2. Résider en France depuis au moins cinq ans

C’est la condition que tout le monde cite, et souvent la seule. Une durée minimale de cinq ans de résidence est exigée. Elle se double d’une exigence de lieu : votre résidence doit se trouver en France au moment où le décret est signé.

3. Justifier d’un niveau B2, et non plus B1

Voilà le premier changement, et le plus lourd. Vous devez désormais justifier d’une connaissance du français à l’oral et à l’écrit au moins égale au niveau B2 du cadre européen commun de référence. Le seuil était fixé à B1 jusque-là. Il a été relevé par l’article 20 de la loi du 26 janvier 2024, pour les demandes déposées à partir du 1er janvier 2026.

Un cahier de langue et un crayon posés sur un bureau nu, à côté d'une tasse
Depuis le 1er janvier 2026, le niveau de français exigé est passé de B1 à B2, à l’oral comme à l’écrit.

La preuve passe par un diplôme français ou une attestation de test, TCF ou TEF, délivrée depuis moins de deux ans. Des dispenses existent pour raisons médicales.

4. Réussir l’examen civique : 32 bonnes réponses sur 40

Second changement, absent lui aussi des présentations habituelles. Depuis le 1er janvier 2026, un décret du 15 juillet 2025 rend l’examen civique obligatoire pour toute demande de naturalisation. C’est un questionnaire à choix multiples de 40 questions, sur support numérique, en 45 minutes maximum.

Il faut 32 bonnes réponses, soit 80 %. La préparation est gratuite : le ministère met en ligne les fiches et la liste officielle des questions. L’examen s’ajoute à l’entretien en préfecture, il ne le remplace pas.

5. Avoir des revenus stables et suffisants

Vos ressources doivent vous permettre de subvenir à vos besoins et à ceux de votre foyer fiscal. La circulaire de 2025 a durci la lecture de ce critère, en insistant sur une insertion durable et des revenus provenant majoritairement de France. Un passage par des entreprises d’insertion n’est pas disqualifiant : c’est la stabilité qui est regardée.

6. Un comportement civique sans accroc

Dernière condition : la moralité et l’absence de condamnations pénales. L’instruction s’accompagne d’une enquête sur votre comportement civique, le paiement des impôts servant d’indicateur explicite.

255 euros, 18 mois, 12 après dix ans

La démarche coûte 255 euros en timbre fiscal, 127,50 euros en Guyane. L’administration dispose ensuite de 18 mois au maximum, à partir de la délivrance du récépissé, pour répondre. Ce délai tombe à 12 mois si vous justifiez d’une résidence habituelle en France depuis au moins dix ans à la date de la remise du récépissé. Cette réduction se demande sur pièces, pas sur parole.

Combien y parviennent réellement

Les chiffres du ministère donnent la mesure du resserrement. Toutes procédures confondues, 98 139 personnes ont acquis la nationalité française en 2025, en baisse de 5,3 %. Mais c’est la voie du décret qui recule le plus nettement.

Évolution des acquisitions de la nationalité française par décret entre 2021 et 2025
Graphique Actu Alt Plus. Source : ministère de l’Intérieur, DGEF, publication du 30 juin 2026. La voie du décret recule de 13,5 % en 2025, première année pleine d’application de la circulaire du 2 mai 2025.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

La courbe ne dit pas que la procédure est devenue impossible. Elle dit qu’une consigne administrative, sans changer la loi, suffit à déplacer plusieurs milliers de dossiers d’une année sur l’autre. Le B2 et l’examen civique, eux, ne produiront leurs effets que sur les demandes déposées depuis 2026.

Le point que personne ne mentionne : deux ans de fragilité

Le décret de naturalisation peut être retiré dans un délai de deux ans à partir de sa publication au Journal officiel, sur avis conforme du Conseil d’État, si l’administration constate que les conditions n’étaient pas remplies. En cas de fraude, ce délai court à partir de la découverte de la fraude, et non de la publication.

Une salle d'attente administrative vide, rangées de chaises et couloir de sortie
Le décret peut être retiré dans les deux ans qui suivent sa publication au Journal officiel.

Ces six conditions ne se lisent pas comme une grille de notation, mais comme un calendrier : le B2 se prépare, l’examen civique se révise gratuitement, la stabilité des revenus se documente. Le vrai travail commence bien avant le dépôt du dossier, souvent par des gestes plus modestes, ceux qui consistent à accueillir un nouveau voisin ou à se faire expliquer un courrier. Le décret arrive au bout. Il ne fabrique pas ce qui l’a précédé.

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