Groupe d'enfants avec sacs à dos marchant vers un bâtiment de colonie de vacances en pleine nature

Colonies de vacances en 2026 : déclin ou renaissance ?

Quatre millions d'enfants partaient en colo dans les années 1960. Ils sont bien moins nombreux aujourd'hui. La question qui divise plusieurs générations.

Mise en perspective

Un car qui klaxonne, un sac de couchage roulé trop serré, une mère qui agite la main sur le trottoir. Cette scène, des millions de familles françaises l’ont vécue. Dans les années 1960, près de quatre millions d’enfants et de jeunes partaient chaque année en colonie de vacances, selon les travaux de recherche relayés par le CNRS. Ils sont aujourd’hui autour de 1,2 million. La colo, cette madeleine collective, serait-elle en train de s’éteindre, ou de se réinventer ? La réponse, honnêtement, tient des deux.

Commençons par le fait qui dérange les nostalgiques : oui, la fréquentation recule, et le mouvement s’est accéléré. D’après les derniers chiffres de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, cités par La Gazette des communes, le nombre de mineurs accueillis a chuté de 4 % entre les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025, soit 50 000 enfants de moins en un an. Sur une période plus longue, depuis 2018-2019, ce sont 141 000 mineurs de moins qui sont partis, une baisse de 10 %.

Enfants vus de dos au bord d'un lac lors d'un séjour collectif de plein air
L’été en collectif, loin de la maison : une expérience que 40 % des jeunes ont connue avant 18 ans.

Une pente longue, pas un accident

Il serait facile de tout mettre sur le dos de la crise sanitaire de 2020, qui a effectivement fait s’effondrer les départs cette année-là. Mais la vérité est plus ancienne. La baisse est structurelle depuis les années 1990, et le pic historique remonte au début des années 1960. Entre les deux, un long glissement, jamais vraiment enrayé.

L’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes, qui suit la fréquentation année après année à partir des données de l’INJEP, documente cette pente sur quinze années d’observation, de 2009-2010 à 2023-2024. Le graphique ci-dessous replace les repères que l’on connaît sur la même courbe : le sommet des années 1960, l’étiage récent.

Courbe de la fréquentation des colonies de vacances en France, des années 1960 à 2024-2025
Graphique Actu Alt Plus. Source : CNRS Le Journal, INJEP, OVLEJ.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Ce que la courbe raconte, c’est moins une mort brutale qu’un désamour patient. Les causes s’empilent : congés payés plus longs qui ont favorisé les départs en famille, fermeture de milliers de bâtiments « colos » mis aux normes ou revendus, coût qui grimpe. Dans les Alpes-Maritimes, un département qui comptait une cinquantaine de colonies au début des années 1960 n’en gardait plus qu’une, rappelle le CNRS.

Pourquoi le sujet touche autant

Et pourtant. Si la colo faisait vraiment partie du passé, on ne s’y intéresserait plus. Or l’attachement reste massif. Selon les enquêtes du secteur, une large majorité de Français garde une bonne image des séjours collectifs, et la proportion grimpe encore chez celles et ceux qui en ont vécu un enfant. L’OVLEJ note d’ailleurs que quatre jeunes sur dix ont fait l’expérience d’une colo avant leurs 18 ans. L’institution est aimée. Elle est juste moins fréquentée.

Ce paradoxe explique pourquoi la question revient dans le débat public. En mars 2026, le comité de filière Animation a publié un avis appelant les pouvoirs publics à revitaliser les départs en séjours collectifs, en plaçant les collectivités en première ligne. Autrement dit, personne dans le secteur ne considère la partie perdue.

Campement de tentes en forêt avec enfants vus de dos installant une activité de plein air
Camps sous toile et colos thématiques : les formules qui réinventent la colonie de vacances.

Car en même temps que les effectifs baissent, l’offre se transforme. Colos apprenantes soutenues par l’État, séjours thématiques autour du sport, de la nature ou du numérique, camps sous toile qui, eux, résistent plutôt bien : la colo de 2026 ne ressemble plus à celle de nos grands-parents. Ce renouvellement a un revers, souligne la recherche : les séjours à thème, souvent plus chers, mélangent moins les milieux sociaux que les colonies généralistes d’autrefois.

Le fait

La fréquentation des colonies de vacances a chuté de 4 % en un an (50 000 enfants de moins entre 2023-2024 et 2024-2025) et de 10 % depuis 2018-2019, selon l’INJEP. Sur le temps long, on est passé de près de quatre millions de départs annuels dans les années 1960 à environ 1,2 million aujourd’hui.

Notre lecture

Ce n’est pas la crise de 2020 qui a tué la colo, c’est un désamour de plusieurs décennies que la pandémie a seulement accéléré. Le modèle historique, celui de la colonie généraliste et populaire, s’est érodé au profit d’une offre plus segmentée et plus chère.

La nuance

Déclin des chiffres ne veut pas dire fin de l’institution. L’attachement reste fort : quatre jeunes sur dix ont vécu une colo, et l’image du séjour collectif demeure très positive. Le secteur se réinvente autant qu’il recule.

À surveiller

L’avis du comité de filière Animation de mars 2026 et les moyens que les collectivités y consacreront. Et la question sociale de fond : les nouvelles formules, plus onéreuses, sauront-elles rester un lieu de mixité ou deviendront-elles un loisir réservé ?

Alors, déclin ou renouveau ? La colo n’a pas dit son dernier mot, mais elle ne reviendra pas telle qu’on l’a connue. Reste à savoir si ce qu’on invente pour la remplacer offrira, comme avant, un billet pour ailleurs à l’enfant qui n’a nulle part où aller cet été.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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