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Vérification
Éclairez d’une lumière rouge un fragment du fronton du Parthénon, et le marbre répond : par plaques, il se met à luire. Ce halo trahit du bleu égyptien, invisible à l’œil nu, et une équipe menée par Giovanni Verri l’a cartographié sur onze sculptures du fronton et une figure de la frise conservées au British Museum, dans une étude parue en octobre 2023 dans la revue Antiquity.
L’affirmation« Les temples grecs et les cathédrales gothiques nous sont parvenus tels qu’ils étaient : de la pierre nue, blanche. »
Notre verdictFaux
Le blanc des musées est un état de conservation. Ce qu’on peut affirmer derrière lui se lit à trois niveaux : ce qui est mesuré, ce qui est restitué, ce qui reste hypothèse.
Ce que disent les faits
La couleur, sur ces pierres, ne se voit plus : elle se mesure. L’équipe du British Museum a croisé l’imagerie de luminescence induite par le visible, qui fait briller le bleu égyptien sous éclairage rouge, la spectroscopie de réflectance à fibre optique, la fluorescence X, la microscopie électronique à balayage et la spectroscopie Raman. Elle en tire un colorant pourpre et du bleu égyptien, ce dernier employé abondamment pour peindre des motifs figuratifs élaborés sur les étoffes sculptées.
Le cas n’est pas isolé. Au Liebieghaus de Francfort, Vinzenz Brinkmann et Ulrike Koch-Brinkmann travaillent la polychromie de la sculpture grecque et romaine depuis plus de quarante ans ; leur exposition « Gods in Color » a été présentée en 2008, puis dans une version élargie en 2020. La sculpture antique parle par sa matière, comme ces bagues grecques au fer météoritique.
Reste à expliquer d’où vient le blanc. Dans la revue ¿ Interrogations ?, des chercheurs rappellent que des nettoyages ont longtemps été pratiqués « à l’aide de techniques corrosives telles que des acides et des brosses à récurer », afin de retrouver « sous les taches de couleurs la surface uniforme du marbre » ; s’y ajoute « la fabrication de moulages dont la blancheur dépasse celle des originaux », diffusés partout au moment où le néoclassicisme copie l’antique.
Le British Museum a filmé l’expérience : sous lumière rouge, le pigment s’allume en blanc sur l’écran de la caméra.
À Amiens, le laser a rendu la couleur
Du bleu égyptien a été détecté sur 11 sculptures du fronton du Parthénon et une figure de la frise conservées au British Museum (revue Antiquity, octobre 2023) ; en France, c’est le nettoyage laser des années 1990 qui a révélé la polychromie du portail de la Mère-Dieu, à la cathédrale d’Amiens. Sur la façade occidentale de la cathédrale d’Amiens, le nettoyage laser des années 1990 a révélé l’existence de polychromie, notamment sur le portail de la Mère-Dieu : des couleurs vives et des contrastes surprenants, relève la Ville d’Amiens, tels que « l’intensité du regard, la carnation du visage, le blond vénitien de la chevelure par opposition au drapé bleu ».
| Site | Ce qui a été retrouvé | Méthode | Date |
|---|---|---|---|
| Parthénon, British Museum | bleu égyptien et colorant pourpre sur 11 sculptures du fronton et 1 figure de la frise | luminescence induite par le visible, réflectance à fibre optique, fluorescence X, microscopie électronique, Raman | étude parue en octobre 2023 |
| Cathédrale d’Amiens, portail de la Mère-Dieu | polychromie : carnation, blond vénitien, drapé bleu | nettoyage laser | années 1990 |
| Liebieghaus, Francfort | polychromie restituée de la sculpture grecque et romaine | restitutions colorées « Gods in Color » | expositions 2008 puis 2020 |
Le Laboratoire de recherche des monuments historiques instruit ces surfaces avec sa propre boîte à outils : thermographie infrarouge stimulée, spectroscopie sur plasma induit par laser, spectroscopie Raman in situ. Son pôle peinture murale et polychromie a travaillé le portail central de la cathédrale d’Angers et celui du narthex de Vézelay.

Ce qui reste incertain
Le désaccord s’est déplacé : il porte désormais sur la restitution. Les auteurs de l’étude parue dans Antiquity le disent eux-mêmes : les indices, « quoique considérablement élargis, restent insuffisants pour reconstituer une œuvre aussi vaste et aussi complexe ». On sait qu’il y avait du bleu, on sait où il était posé ; on ignore de quel bleu total le fronton était vêtu.
Les reconstitutions colorées assument leur statut. Le Liebieghaus présente les siennes comme l’image la plus exacte possible de la statue d’origine, « toujours soutenue par la recherche scientifique » : une hypothèse argumentée, révisable à chaque analyse nouvelle. Une salle d’exposition ou une façade éclairée montrent une proposition.
La méthode, elle, ne change pas d’un site à l’autre : c’est la chimie du pigment qui parle. AAP suivait le 30 juillet 2026 la datation des pigments noirs de la grotte de Font-de-Gaume ; d’Athènes à Amiens, ce sont les mêmes questions posées à quelques milligrammes de matière.
Questions courantes
Où voir ces couleurs restituées ?
Au Liebieghaus de Francfort : l’exposition « Gods in Color » tourne dans le monde depuis vingt ans et a réuni plus de trois millions de visiteurs. À Amiens, le spectacle nocturne Chroma redonne aux statues leurs polychromies médiévales, le temps d’une projection.
La couleur retrouvée sur un portail est-elle toujours celle d’origine ?
Pas nécessairement. Le Laboratoire de recherche des monuments historiques établit l’historique des différentes interventions polychromes d’une œuvre, afin de distinguer la technique d’origine des repeints plus tardifs.
Ce laboratoire travaille-t-il aussi à l’intérieur des édifices ?
Oui. Il a par exemple étudié les Sibylles de la cathédrale d’Amiens, peintures murales du XVIe siècle de la chapelle Saint-Éloi, en caractérisant les sels et l’humidité présents sous les panneaux peints.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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