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Quelques minutes avant que le défilé ne s’ébranle, un carré de soldats s’est figé au pied de l’Arc de Triomphe, mardi 14 juillet, puis a frappé le sol dans un même souffle. Ce que ces militaires ultramarins dansaient n’était pas le haka des soirs de rugby : c’était un haka marquisien appelé La pêche à l’esprit, mêlé d’une danse wallisienne et d’un chant kanak, monté en une semaine pour saluer les 80 ans du retour du Bataillon du Pacifique, selon France Télévisions. L’image a tourné toute la journée sans que grand monde n’en explique le sens.
Que s’est-il passé devant l’Arc de Triomphe ?
Avant de rejoindre les Champs-Élysées, des militaires du 11e régiment d’infanterie de marine, tous originaires de l’Outre-mer, ont exécuté ce haka face au monument, rapporte franceinfo. Le moment, presque suspendu, valait salut à un général quittant son commandement autant qu’hommage aux soldats français venus du Pacifique. Rien d’une figure imposée : une prise de parole, avec le corps.

Pendant une poignée de secondes, les passants massés autour de l’Étoile se sont tus. On entendait la scansion, les mains sur les cuisses, le piétinement synchrone. Puis la formation a rejoint le rang, comme si de rien n’était.
Un haka marquisien, pas celui des All Blacks
La confusion est naturelle, mais trompeuse. Le haka que le grand public connaît est néo-zélandais, maori, celui que les rugbymen lancent avant le coup d’envoi. Celui de l’Arc de Triomphe vient des îles Marquises, en Polynésie française, et porte un nom : La pêche à l’esprit.
Comme les autres haka du Pacifique, il n’a rien d’une menace de stade. Il dit la force, la détermination et la cohésion du groupe, une manière d’entrer ensemble dans un moment grave. Vu de Paris, on croit reconnaître un cri guerrier ; on regarde en réalité un langage de communauté.
La séquence, filmée au plus près, laisse entendre ce que les reprises muettes escamotaient : le texte, le rythme, la respiration commune. C’est là que le geste cesse d’être un décor pour redevenir une parole.
Qui sont les soldats du Pacifique dans l’armée française ?
Ce sont des marsouins, ces militaires des troupes de marine, ici originaires de Polynésie, de Wallis-et-Futuna et de Nouvelle-Calédonie. L’Outre-mer tient une place ancienne et discrète dans les armées, souvent résumée à un exotisme de carte postale les jours de cérémonie.
En reprenant à l’unisson un haka, une danse et un chant de leurs îles, ces soldats rappelaient d’où ils viennent, sous le monument le plus chargé de symboles de la République. Une façon de dire que la France défile aussi avec ses accents du Pacifique.
Pourquoi maintenant ? Les 80 ans du Bataillon du Pacifique
La date n’est pas neutre. En 2026, on marque les 80 ans du retour à Nouméa et à Papeete des volontaires du Bataillon du Pacifique, ces engagés venus de Nouvelle-Calédonie et de Tahiti qui rejoignirent la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale et se battirent notamment à Bir Hakeim.
Le Bataillon du Pacifique, de Bir Hakeim à la Libération
Derrière ce nom, une trajectoire précise. Le bataillon du Pacifique, venu de Tahiti et de Nouvelle-Calédonie, rallie la France libre dès 1940, retrace le Service historique de la Défense. Ses volontaires tiennent au siège de Bir Hakeim, en Libye, du 27 mai au 11 juin 1942, l’un des faits d’armes fondateurs des Forces françaises libres.
Le 16 juin 1942, après ses pertes, l’unité fusionne avec le 1er bataillon d’infanterie de marine pour former le bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique. Il enchaîne l’Italie en 1944, le débarquement de Provence et la prise de Toulon, la campagne d’Alsace et les derniers combats du massif de l’Authion, au printemps 1945. Le 28 mai 1945, de Gaulle lui remet la croix de la Libération. C’est ce fil-là, et non un folklore de stade, que le haka de mardi rattachait au monument.

Quatre-vingts ans plus tard, leurs lointains successeurs reprennent le fil, non pas dans les livres mais dans les jambes et la voix. Le haka de mardi n’était pas une attraction : c’était une mémoire qui refusait de rester silencieuse, le temps d’un défilé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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