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Vérification
Série AAP
Nous suivions déjà cette courbe : le 8 août, nous replacions les 17,53 millions d’entrées de juillet dans la série des mois de juillet depuis 2022, pour conclure que le rebond n’était pas un record. La question posée ici est autre, et elle porte sur la longue période : ce qui recule, est-ce le nombre de spectateurs ou la fréquence à laquelle ils viennent ?
En bref
- 156,2 millions d’entrées en 2025 (-14,0 %), mais 40,9 millions de spectateurs (-2,3 %) : le public vient moins souvent, il n’a pas déserté.
- Le parc grandit : 6 401 écrans, 0,7 % de plus qu’en 2024.
- D’après nos calculs, chaque spectateur y est allé 3,8 fois en 2025, contre 4,3 fois en 2024.
- Ce qui recule vraiment : l’exclusivité en salle, bornée à quatre mois, et le film à 4-7 millions d’euros.
La formule revient à chaque bilan annuel, à chaque week-end creux, à chaque dîner où quelqu’un se souvient d’une salle de sa jeunesse : le cinéma serait mort, tué par le streaming. Les séries du Centre national du cinéma sont publiques, et elles divergent.
L’affirmation« Le cinéma est mort, tué par le streaming »
Notre verdictÀ nuancer
Le volume d’entrées s’effondre. Le nombre de personnes qui poussent la porte d’une salle tient. Le nombre d’écrans, lui, augmente.
Les salles ferment moins qu’elles n’ouvrent
À votre avis, combien d’écrans de cinéma la France comptait-elle en 2025 ?
6 401 écrans, soit 0,7 % de plus qu’en 2024. Le parc a grandi pendant que les entrées reculaient.
Le chiffre vient du bilan 2025 du CNC, publié le 12 mai 2026 : le parc français s’est étoffé l’année même où les entrées perdaient 14,0 %. Le communiqué de fin d’année du CNC, daté du 30 décembre 2025, situe la France très au-dessus de l’Allemagne (85 millions d’entrées), de l’Italie (67 millions) et de l’Espagne (65 millions).
Le volume d’entrées, lui, est bien retombé
C’est la moitié vraie de l’affirmation, et elle est brutale. Le CNC annonçait le 30 décembre 2019 213,3 millions d’entrées, deuxième plus haut niveau depuis 1966 et ses 234,2 millions, derrière 2011 et ses 217,2 millions. La série de fréquentation descend ensuite à 181,3 millions en 2024, puis 156,2 millions en 2025 : plus d’un quart du volume envolé en six ans.

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Deux chiffres circulent pour 2025 : 156,79 millions au communiqué de fin d’année, 156,2 millions au bilan consolidé de mai 2026. L’écart tient à la date d’arrêt des comptes. AAP relevait déjà, en juillet 2026, un rebond sans record : la série longue dit pourquoi le mot ne venait pas.
Ce qui recule, c’est la fréquence
Une entrée, c’est un billet ; un spectateur, c’est une personne. Diviser l’un par l’autre donne la donnée que le débat n’utilise jamais. D’après nos calculs sur le bilan 2025 du CNC publié le 12 mai 2026, chaque spectateur français est allé 3,8 fois au cinéma en 2025 (156,2 millions d’entrées pour 40,9 millions de spectateurs), contre 4,3 fois en 2024 (181,3 millions d’entrées pour 41,9 millions de spectateurs, le CNC situant le recul du public à 2,3 %). Une demi-séance perdue par tête en un an, soit près de 12 % de fréquence en moins.
La concurrence des plateformes se mesure là, dans le rythme des sorties. Le rapport annuel de la MPA sur 2021 comptait déjà 1,3 milliard d’abonnements vidéo dans le monde, en hausse de 14 % en un an. Moins de sorties par spectateur, donc, et non moins de spectateurs.
Les deux vraies victimes : la fenêtre et le film du milieu
L’exclusivité de la salle est devenue un délai écrit : l’accord sur la chronologie des médias du 6 février 2025, publié au Journal officiel, ouvre la vidéo à la demande à l’acte « à l’expiration d’un délai de quatre mois à compter de la date de sa sortie en salles ». Quatre mois : voilà tout ce qui appartient encore en propre aux salles.
L’autre perte se lit dans les devis. L’observatoire de la production 2025 compte 34 films d’initiative française entre 4 et 7 M€, contre 39 dans l’observatoire 2024, pendant que la tranche à 7 M€ et plus passe de 50 à 58 films.
| Tranche de devis | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| 1 à 4 M€ | 86 (37,2 %) | 81 (35,5 %) |
| 4 à 7 M€ | 39 (16,9 %) | 34 (14,9 %) |
| 7 M€ et plus | 50 (21,6 %) | 58 (25,4 %) |
| Devis moyen | 5,09 M€ | 4,89 M€ |
Le rapport se retourne : d’après nos calculs, la France produisait 7,8 films du milieu pour 10 films à plus de 7 M€ en 2024, elle n’en produit plus que 5,9 en 2025 (39 divisé par 50, puis 34 divisé par 58). L’argent ne quitte pas le cinéma français, il se concentre, comme outre-Atlantique où AAP a mesuré des tournages divisés par deux à Los Angeles.
Restent des salles debout, un public présent, un trou au milieu de la production. Ce qui s’efface, c’est le film qu’on allait voir sans raison particulière un mardi soir. Le cinéma n’est pas mort : il est devenu une sortie qu’on choisit.
Questions courantes
Le nombre de salles de cinéma baisse-t-il en France ?
Non. Le CNC recense 6 401 écrans en 2025, en hausse de 0,7 % sur un an, l’année même où les entrées ont reculé de 14,0 %.
Pourquoi les entrées reculent-elles de 14,0 % quand les spectateurs ne perdent que 2,3 % ?
Parce que ce sont deux mesures différentes : l’entrée est un billet, le spectateur est une personne. Le public tient, mais chacun y va moins souvent, environ 3,8 fois en 2025 contre 4,3 fois en 2024 d’après nos calculs.
Combien de temps un film reste-t-il exclusif aux salles ?
Quatre mois. L’accord sur la chronologie des médias du 6 février 2025 ouvre la vidéo à la demande à l’acte à l’expiration d’un délai de quatre mois à compter de la sortie en salles.
Quels films disparaissent réellement ?
Ceux de la tranche intermédiaire. Les films d’initiative française entre 4 et 7 millions d’euros passent de 39 titres en 2024 à 34 en 2025, pendant que la tranche à 7 millions et plus grimpe de 50 à 58 titres.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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