Vaste plateau de tournage vide à Los Angeles au crépuscule, projecteurs éteints et matériel de caméra inutilisé sur un sol de béton nu.

36 792 à 19 694 : Hollywood ne tourne presque plus à Los Angeles

En trois ans, Los Angeles a vu ses jours de tournage passer de 36 792 à 19 694. La lecture chiffrée d'un exode fiscal, et ce que la France y récupère.

Sommaire
  1. En bref
  2. Un compteur qui a fondu de moitié en trois ans
  3. Le détail par catégorie : personne n'est épargné
  4. La fiscalité commande la carte des tournages
  5. Où atterrit ce que Los Angeles perd
  6. Le pont français : ce que la France capte
  7. Questions fréquentes
  8. Questions courantes

Décryptage

En bref

  • Les jours de tournage sur site à Los Angeles sont passés de 36 792 en 2022 à 19 694 en 2025, quasiment divisés par deux (-46 %), selon FilmLA.
  • Le recul touche toutes les catégories : cinéma -16,8 %, télévision -14,7 %, publicité -14,5 % sur un an ; les grosses productions scriptées ont chuté de 24 %.
  • Au 2e trimestre 2026, 4 711 jours de tournage seulement, en baisse de 12,7 % sur un an, malgré un crédit d’impôt californien porté de 330 à 750 millions de dollars.
  • Le Royaume-Uni et le Canada captent une partie du flux (+11 % et +10 % fin 2024) ; la France a attiré plus de 400 millions d’euros de dépenses étrangères en 2021 via son crédit d’impôt international.

Un chiffre suffit à mesurer le glissement : 36 792. C’est le nombre de journées de tournage filmées sur site à Los Angeles en 2022. Trois ans plus tard, en 2025, le compteur retombe à 19 694. Entre les deux, la capitale mondiale du cinéma a vu ses tournages quasiment divisés par deux (-46 %), sans grève prolongée ni catastrophe, par la seule mécanique des budgets et des crédits d’impôt. Les relevés de FilmLA, l’organisme qui délivre les permis de tournage dans la région, transforment une impression diffuse en courbe nette : « tourné à Hollywood » devient, lentement, une fiction géographique.

Un compteur qui a fondu de moitié en trois ans

La bascule n’est pas un accident de trimestre, c’est une pente. Après le pic de 36 792 jours en 2022, l’activité s’est effritée saison après saison pour finir sous la barre des 20 000 en 2025. Sur la seule année 2025, la baisse atteint 16 % par rapport à 2024, selon le bilan de fin d’année relayé par CBS News, avec un quatrième trimestre tombé à 4 625 jours contre 5 860 un an plus tôt, soit -21 %. Le vice-président de FilmLA, Philip Sokoloski, prévient que ces chiffres « décevants » n’ont « rien d’inattendu » et que les effets du nouveau crédit d’impôt « mettront du temps à se matérialiser ». Autrement dit : la courbe ne remonte pas encore, et personne à Los Angeles ne promet qu’elle le fera vite.

Le détail par catégorie : personne n’est épargné

Le recul ne se concentre pas sur un genre, il ratisse tout le spectre. Sur un an, le cinéma de long métrage perd 16,8 %, la télévision 14,7 %, la publicité 14,5 %, et les grosses productions scriptées suivies par Luminate chutent de 24 %. Le rapport du deuxième trimestre 2026, décortiqué par TheWrap, confirme l’ampleur : 4 711 jours de tournage seulement, en baisse de 12,7 % sur un an, 36 % sous la moyenne des cinq dernières années. Seule la catégorie fourre-tout des clips et courts métrages progresse, portée par des formats brefs et peu coûteux. Le tableau ci-dessous détaille cette érosion segment par segment.

Jours de tournage sur site à Los Angeles au 2e trimestre 2026, par catégorie (source : FilmLA). Total : 4 711 jours, -12,7 % sur un an.
CatégorieJours de tournage (T2 2026)Évolution sur un an
Autres (clips, courts métrages)2 118+10 %
Séries dramatiques732-6 %
Téléréalité676-40 %
Publicité543-21,5 %
Cinéma (long métrage)443-20 %

La fiscalité commande la carte des tournages

Si les plateaux se vident, c’est d’abord une affaire de subventions. La Californie a bien réagi : son crédit d’impôt cinéma et télévision est passé de 330 à 750 millions de dollars par an en juillet 2025, un quasi-doublement. Mais l’arme arrive tard, face à des rivaux installés depuis des années : la Géorgie, New York, mais aussi le Royaume-Uni et le Canada, qui remboursent une part massive des dépenses locales. La grève des scénaristes et des acteurs de 2023 a gelé la production pendant des mois, et le dégonflage du streaming a réduit le nombre de séries commandées. Résultat, les studios arbitrent chaque budget : à scénario égal, un tournage part là où le rabais fiscal est le plus généreux. Los Angeles reste chère, syndiquée, embouteillée. La subvention, elle, se déplace d’un clic. Pour un producteur, économiser 20 ou 30 % du budget en franchissant une frontière n’est plus une option marginale : c’est devenu la règle de base d’un plan de financement, et aucune ville ne peut lutter longtemps contre une remise de plusieurs millions de dollars par tournage.

Grille cadenassée devant un backlot de studio de cinéma fermé, parking désert sous un ciel couvert.
La Californie a doublé son crédit d’impôt en 2025 sans encore enrayer le départ des tournages en extérieur.

Où atterrit ce que Los Angeles perd

Le flux ne disparaît pas, il migre. Fin 2024, les tournages ont bondi de 11 % au Royaume-Uni et de 10 % au Canada sur un an, quand la dépense de production aux États-Unis reculait de 8 %, à 41,8 milliards de dollars. L’analyse de Stat Significant résume la nouvelle géographie : Londres et ses studios de Pinewood, Atlanta et Vancouver pour leurs rabais, Prague ou Toronto en doublures universelles. Plus le budget d’un film est élevé, plus il a de chances d’être tourné entièrement hors des États-Unis. Le symbole se dissout : les décors « américains » sont désormais reconstitués ailleurs, tandis que les fenêtres de sortie raccourcies fragilisent encore l’économie des salles. Hollywood garde ses sièges de studios et ses avocats ; il perd ses ouvriers, ses cantines et ses plateaux.

Équipe de tournage installée dans une rue pavée européenne à la lumière dorée, caméra sur rails et techniciens au travail.
En France, le crédit d’impôt international a attiré plus de 400 millions d’euros de dépenses de productions étrangères en 2021.

Le pont français : ce que la France capte

Dans cette redistribution mondiale, la France joue sa carte. Son crédit d’impôt international (C2I), qui rembourse une partie des dépenses des productions étrangères tournées sur son sol, a généré plus de 400 millions d’euros de dépenses en 2021, selon le CNC. Une étude indépendante en chiffre le rendement : pour 1 euro de crédit accordé entre 2017 et 2021, 3,99 euros de dépenses ont été localisés en France. Le dispositif avait déjà attiré 186 millions d’euros pour 74 projets dès 2018. Des plateaux franciliens aux décors naturels du Sud-Ouest, ces tournages font vivre techniciens, loueurs de matériel et figuration, et installent la France sur la même carte fiscale que la Géorgie ou le Canada. Le pays ne récupère pas le volume perdu par Los Angeles, mais il capte une part de ce budget mondial qui choisit désormais sa destination au prorata des rabais offerts. La même bataille fiscale qui vide Los Angeles alimente, à son échelle, l’emploi français et soutient un box-office français plus vivace que la moyenne mondiale.

Nous avons croisé la série FilmLA, de 36 792 jours de tournage en 2022 à 19 694 en 2025, avec les plus de 400 millions d’euros captés par le crédit d’impôt international français en 2021, pour chiffrer qui perd les tournages et qui les récupère.

Questions fréquentes

Questions courantes

De combien les tournages ont-ils baissé à Los Angeles ?
Les jours de tournage sur site sont passés de 36 792 en 2022 à 19 694 en 2025, soit une chute de 46 %, quasiment de moitié, d’après les relevés de FilmLA.

Pourquoi les productions quittent-elles Hollywood ?
Surtout pour des raisons fiscales : d’autres régions comme la Géorgie, le Royaume-Uni ou le Canada offrent des crédits d’impôt plus généreux. La grève de 2023 et le repli du streaming ont accentué le mouvement.

Le crédit d’impôt californien a-t-il inversé la tendance ?
Pas encore. Porté de 330 à 750 millions de dollars par an en juillet 2025, il bénéficie surtout aux studios couverts et non aux tournages en extérieur. Au 2e trimestre 2026, la baisse atteignait encore 12,7 % sur un an.

Quels pays récupèrent ces tournages ?
Le Royaume-Uni et le Canada en tête, avec des hausses de 11 % et 10 % fin 2024, ainsi que des pôles comme Atlanta, Vancouver, Prague ou Londres, souvent choisis pour reconstituer des décors américains.

La France profite-t-elle de ce mouvement ?
Oui, à son échelle. Son crédit d’impôt international a généré plus de 400 millions d’euros de dépenses de productions étrangères en 2021, avec un rendement de 3,99 euros localisés pour 1 euro de crédit.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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