
Des centaines de bennes de gravats, des engins de chantier qui ronronnent, des palissades orange : le site de la future gare Les Ardoines à Vitry-sur-Seine ressemble à n’importe quel grand chantier du Grand Paris Express. Sauf qu’en retournant la terre pour poser les fondations de la ligne 15 Sud, les ouvriers ont mis au jour un campement de tailleurs de silex occupé au Mésolithique, cette période de la Préhistoire située entre le Paléolithique et le Néolithique. Les 12 et 13 juin 2026, l’archéologue de l’Inrap Bénédicte Souffi et son équipe ouvrent exceptionnellement les grilles du chantier au public, dans le cadre des Journées européennes de l’archéologie.
Le télescopage est saisissant. D’un côté, un projet à plusieurs milliards d’euros visant à transformer la mobilité de toute l’Ile-de-France d’ici 2030. De l’autre, des hommes et des femmes qui s’arrêtaient là, bien avant que quoi que ce soit n’existe à cet endroit, pour tailler des éclats de silex et en faire des outils. Entre les deux, des millénaires de silence que les archéologues s’emploient à décrypter.
Le Mésolithique : une époque sans agriculture ni monuments

Le Mésolithique, c’est grossièrement la période qui s’étend entre la fin des grands froids du Paléolithique et l’apparition de l’agriculture au Néolithique. En Europe occidentale, on le situe autour de 10 000 à 5 000 avant notre ère, selon les régions et les auteurs. Ce n’est pas encore l’époque des mégalithes ni des villages sédentaires. Ce sont des groupes humains mobiles, qui se déplacent au fil des saisons, chassent, pêchent, cueillent, et taillent leurs outils dans des rognons de silex. Leurs sites, souvent installés près des cours d’eau ou dans des zones de passage, sont discrets, sans structures en pierre ni monuments. Il faut fouiller avec soin pour les trouver.
Vitry-sur-Seine, au bord de la Seine, à la confluence avec la Marne toute proche, est un terrain logique pour ces groupes. Les bords de Seine franciliens ont livré d’autres sites du Mésolithique, mais ils restent rares, car les dépôts alluviaux successifs les ont souvent enfouis ou détruits. Que le chantier du Grand Paris Express en révèle un, c’est une chance autant qu’une contrainte : il faut fouiller vite, documenter tout ce que l’on peut, avant que les fondations ne recouvrent définitivement ce sol préhistorique.
L’archéologie préventive, c’est précisément ce mécanisme : la loi impose qu’avant tout grand aménagement susceptible d’affecter des vestiges, une fouille soit menée par l’Inrap ou un opérateur agréé. Le résultat, c’est que les grands projets d’infrastructure deviennent parfois, malgré eux, les meilleurs outils de connaissance du sous-sol francilien. Le Grand Paris Express, avec ses dizaines de nouvelles gares et ses tunnels, a ainsi multiplié les découvertes archéologiques depuis le début des travaux.

Deux jours pour voir ce que peu de gens verront jamais
Les Journées européennes de l’archéologie, organisées chaque année à la mi-juin sous l’impulsion du ministère de la Culture et pilotées par l’Inrap, sont l’une des rares occasions pour le grand public d’accéder à des chantiers en cours. Cette année, les JEA se tiennent du 12 au 14 juin 2026 partout en France et dans plus de 30 pays européens. A Vitry-sur-Seine, les portes du chantier des Ardoines sont ouvertes le vendredi 12 juin de 10h à 16h et le samedi 13 juin de 10h à 12h puis de 13h à 17h. L’accès est exceptionnel : le site n’est pas un musée, c’est un chantier actif, avec ses contraintes de sécurité (port de chaussures adaptées recommandé).
Bénédicte Souffi et son équipe proposeront des ateliers de médiation permettant de comprendre les modes de vie de ces groupes mésolithiques. Tailler du silex avec les bons gestes, reconnaître un éclat d’outil dans la masse des gravats, comprendre pourquoi cet endroit précis a été choisi par des chasseurs-cueilleurs il y a des millénaires : autant de questions auxquelles les archéologues répondront en direct, au bord des tranchées de fouille.
Ce type d’ouverture a quelque chose d’irremplacable. On peut voir des vitrines de silex dans n’importe quel musée d’archéologie. Mais se tenir sur le sol même où ces outils ont été fabriqués, voir les archéologues travailler centimètre par centimètre, comprendre comment une lame de silex taillée il y a dix mille ans finit par sortir d’une tranchée en plein Val-de-Marne en 2026 : ce n’est pas la même chose. Les Journées de l’archéologie existent pour provoquer ce court-circuit temporel.
En bref
Où se trouve le site fouillé ?
A Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), sur le chantier de la future gare Les Ardoines du Grand Paris Express (ligne 15 Sud).
Que trouve-t-on sur ce site ?
Un ancien site de taille de silex occupé au Mésolithique, période préhistorique comprise entre le Paléolithique et le Néolithique. Les sources consultées ne précisent pas de date chiffrée exacte pour ce site particulier.
Quand peut-on visiter le chantier ?
Les 12 et 13 juin 2026, dans le cadre des Journées européennes de l’archéologie. Vendredi 12 juin de 10h à 16h, samedi 13 juin de 10h à 12h puis de 13h à 17h.
Qui organise la visite ?
L’archéologue de l’Inrap Bénédicte Souffi et son équipe, avec des ateliers de médiation sur les modes de vie des groupes mésolithiques.
Faut-il réserver ?
Le programme Inrap et les informations pratiques sont disponibles sur le site des Journées européennes de l’archéologie (journeesarcheologie.culture.gouv.fr). Port de chaussures adaptées recommandé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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