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Vous rangez l’art rupestre du côté des mammouths et des lampes à graisse. En terre d’Arnhem, dans le nord de l’Australie, l’archéologue Paul Taçon (université Griffith) et l’Aîné amurdak Charlie Mungulda ont documenté 165 sites peints dont 29 Serpents arc-en-ciel monumentaux, l’un de plus de six mètres, exécutés aux XIXe et XXe siècles au moment où l’industrie coloniale de la chasse au buffle s’installait dans la région.
Leur travail a paru le 30 août 2026 dans la revue Australian Archaeology, repris trois jours plus tard par Archaeology Magazine. Il porte sur Awunbarna, que les cartes coloniales ont rebaptisé Mount Borradaile : un carrefour où les groupes de langues voisines passaient pour le commerce et les cérémonies, et qu’on ne traversait qu’en pays amurdak. L’endroit exact, donc, où une image se voyait.
Les relevés se font depuis 2018 avec Charlie Mungulda, Aîné et propriétaire traditionnel amurdak : c’est son pays. Dans les cosmologies du nord de l’Australie, le Serpent arc-en-ciel est l’Être ancestral associé au changement.
Six mètres de serpent, cent vingt-quatre mètres de pierres
Sur les 165 sites d’art rupestre recensés à Awunbarna, en terre d’Arnhem australienne, 21 portent un Serpent arc-en-ciel, soit environ un site sur huit, et ces peintures monumentales datent des XIXe et XXe siècles, pas de la préhistoire (étude publiée le 30 août 2026 dans Australian Archaeology). Le plus long, sur le site baptisé AW5, dépasse les six mètres : la hauteur d’un plafond de deux étages, déroulée à l’horizontale sur une paroi de grès.
Autour de lui, l’inventaire tient de la ménagerie. Des pythons de plus de deux mètres, des crocodiles et des kangourous grandeur nature, un homme géant de plus de deux mètres, et une baleine à fanons, seule représentation connue de ce cétacé dans l’art rupestre australien selon Popular Science. À l’écart des parois, un alignement de pierres dessine un serpent de quelque 124 mètres. « Wow, c’est l’une des plus grandes peintures de Serpent arc-en-ciel que j’aie vues en quarante ans de terrain en terre d’Arnhem », rapporte Paul Taçon à propos d’AW5.
Site après site, le relevé donne la mesure de l’ensemble.
| Élément relevé | Mesure |
|---|---|
| Sites d’art rupestre documentés depuis 2018 | 165 |
| Images de Serpent arc-en-ciel | 29, réparties sur 21 sites |
| Plus long serpent peint (site AW5) | plus de 6 mètres |
| Alignement de pierres en forme de serpent | environ 124 mètres |
| Pythons peints | plus de 2 mètres |
| Période d’exécution retenue | XIXe et XXe siècles |
Peindre pour tenir
Presque tous ces Serpents arc-en-ciel ont été tracés à l’argile blanche par-dessus des œuvres plus anciennes. Ce pigment pâlit en quelques siècles : sa présence signe des peintures récentes, postérieures au contact. Or Awunbarna a été, rappellent les auteurs, l’un des premiers territoires visés par la chasse commerciale au buffle à la fin des années 1800.

De là leur lecture, résumée dans le communiqué de Griffith : peindre plus grand était une façon de reprendre la main sur une terre et une culture menacées. « En tant que plus puissant de tous les Êtres ancestraux, le Serpent arc-en-ciel était une force que l’on pouvait mobiliser, par les images, les récits et les cérémonies, pour rendre aux Aborigènes un peu de stabilité et de contrôle sur leur destin dans des temps qui changeaient très vite », écrit Paul Taçon. Sur certaines parois, les fusils et les voiliers des nouveaux venus sont peints à côté des serpents, ou recouverts par eux.
Chez nous, les parois se sont tues il y a neuf mille ans
C’est là que le décalage se voit. En France, l’art des grottes s’arrête au Paléolithique : à Font-de-Gaume, les datations publiées en mars 2026 placent le dernier épisode de peinture entre 8 993 et 8 590 ans avant le présent, et plus rien ensuite. AAP datait par ailleurs le 9 juin 2026 des stries rouges du pays de Galles à 17 000 ans, après un siècle passé au rang de phénomène naturel. En terre d’Arnhem, la même pratique était encore vivante à l’époque des missions et des tueurs de buffles.
Le revers est matériel. La plupart de ces images ne peuvent pas être datées au carbone 14, et l’argile blanche qui les porte s’efface en quelques siècles seulement. Ce que Charlie Mungulda et Paul Taçon relèvent paroi après paroi depuis 2018 est donc, littéralement, en train de pâlir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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