![]()
Sommaire
Récit
Rome, vers l’an 40 : chassé de son royaume breton, un souverain des Atrébates vient chercher l’appui de l’empereur Claude. Trois ans plus tard, les légions débarquent. Les manuels en font un roi, Verica.
Le 5 novembre 2026, l’archéologue Miles Russell a soutenu dans Current Archaeology que Verica, le souverain breton dont l’exil servit de prétexte à l’invasion romaine de l’an 43, était une femme. Son article, « Verica Rex », numéro 441, s’appuie d’abord sur les pièces de monnaie du règne. Le communiqué de l’université de Bournemouth, où il dirige les fouilles, va plus loin : Verica était « indiscutablement » une femme.
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Qui était Verica, l’exilée qui a fait venir Rome ?
Verica régnait sur les Atrébates, un peuple dont le territoire couvrait une grande partie des actuels Hampshire et West Sussex. Ses pièces portent le titre latin rex. Pour Miles Russell, ce mot montre qu’elle gouvernait « avec la pleine autorisation de l’empereur ».
Vers l’an 40, Verica est renversée et s’enfuit à Rome. Dion Cassius, au livre 60, raconte qu’un certain Bericus, « chassé de l’île à la suite d’un soulèvement », avait « persuadé Claude d’y envoyer une force ». « Verica a fourni l’excuse d’un changement de régime, et l’empereur l’a saisie », résume l’archéologue.
Pourquoi Miles Russell y voit-il une reine ?
Premier indice : le nom finit en -a, comme ceux des deux reines bretonnes connues des auteurs romains, Boudica chez les Icènes du Norfolk et Cartimandua chez les Brigantes du Yorkshire. Les noms masculins de l’époque, Caratacus ou Commios, finissent en -us ou en -os.
Deuxième indice : le titre rex ne dit rien du sexe. Rome reconnaissait des rois des deux sexes, « Cléopâtre d’Égypte étant la plus célèbre », rappelle le chercheur.
Troisième indice : les autres dirigeants bretons qui frappent monnaie se montrent en guerriers « manifestement masculins ». Les pièces de Verica portent une cavalière mince, seins nus, lance au poing. Et le Bericus de Dion ? L’historien écrivait en grec, deux siècles après l’invasion : lui ou un copiste aurait déformé un nom celte qui lui était étranger.
Pourquoi l’avait-on crue homme ?
Miles Russell accuse « l’état d’esprit patriarcal des historiens classiques du XIXe siècle ». Le récit antique s’y prêtait : chez Dion, observe-t-il, la campagne n’aurait été lancée qu’à cause « des murmures d’une femme fatale barbare ».
À Winterborne Kingston, dans le Dorset, l’ADN a déjà bousculé ce regard. Bournemouth et le Trinity College de Dublin y ont analysé 50 squelettes de la fin de l’âge du fer : 34 avaient au moins un parent dans le cimetière, et 24 d’entre eux partageaient une même lignée maternelle rare. L’étude, parue dans Nature en janvier 2025, décrit des hommes venus vivre dans la communauté de leur épouse.
Que répondent les sceptiques ?
Roger Tomlin, spécialiste des inscriptions latines à Oxford, a jugé les preuves loin d’être concluantes auprès du Guardian, selon ZME Science. Des noms d’hommes latins finissent aussi en -a, objecte-t-il. Et Miles Russell n’a pas encore montré, selon lui, que Rome donnait ce titre de rex à des femmes.
Daphne Nash Briggs, spécialiste des monnaies de l’âge du fer, note que toutes les pièces au nom de Verica ne montrent pas une cavalière. Certaines portent un cavalier masculin, d’autres un personnage vêtu en prêtre. Un portrait semble même arborer une pomme d’Adam. Miles Russell répond qu’il pourrait s’agir de l’empereur. Tomlin, lui, rappelle que les pièces d’or de la reine Victoria montraient un cavalier terrassant un dragon, sans que personne y voie la reine.
L’archéologue défend sa lecture dans une biographie de Caratacus, le roi breton qui résista à Rome. Bloomsbury l’annonce pour le 7 janvier 2027.
Vrai ou faux ?
Le titre rex gravé sur ses pièces prouve que Verica était un homme.
Faux. Rome reconnaissait des rois des deux sexes, Cléopâtre en tête, rappelle Miles Russell.
Dans le cimetière de Winterborne Kingston, 24 des 34 défunts apparentés partageaient une même lignée maternelle.
Vrai. Selon l’étude publiée dans Nature en janvier 2025.
Toutes les pièces au nom de Verica montrent une cavalière.
Faux. Daphne Nash Briggs relève des cavaliers masculins et un personnage en prêtre sur certaines.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève 5 novembre 2026 avion : la DGAC ne demande aucune annulation - 2
Grève du 5 novembre 2026 transport : métro normal, RER B à 1 sur 2 - 3
Grève du 5 novembre 2026, bilan et suite décidée le 9 novembre - 4
Élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre 2026, résultats dès minuit à Paris - 5
Grève SNCF 5 novembre : 1 TGV sur 10 supprimé, RER D à 1 train sur 3
Nos dossiers
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

