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Sommaire
Récit
30 ans de pouvoir, au moins. C’est la durée que des égyptologues créditent aujourd’hui à Meret-Neith, une femme de la Ire dynastie égyptienne, vers 3000 avant notre ère. Une étude parue en septembre 2026 dans la revue tchèque Prague Egyptological Studies a versé une nouvelle pièce au dossier : son nom, lu à l’intérieur de l’emblème réservé aux souverains. La lecture s’appuie sur la photographie d’un objet exhumé en 1946 et aujourd’hui introuvable.
En bref
- Meret-Neith vit vers 3000 av. J.-C. et possède, à Abydos, le seul complexe funéraire monumental de femme sur la première nécropole royale d’Égypte.
- Une étude de septembre 2026 lit son nom dans deux des quatre serekhs gravés sur des bouchons de terre photographiés dans les années 1940.
- Régente pour son fils ou souveraine de plein exercice : les égyptologues ne tranchent pas, faute d’inscriptions.
Une tombe de roi, et 41 voisins
À Abydos, sa tombe principale occupe un rectangle de 16,5 mètres sur 14,3, entièrement souterrain, bâti en briques de terre crue, d’après la fiche du chantier. Environ 236 mètres carrés au sol, à peu de chose près un court de tennis. Autour, disposées en rectangle, 41 tombes de courtisans et de serviteurs, selon le communiqué de l’Université de Vienne du 9 octobre 2023.
La mission austro-allemande dirigée par Christiana Köhler y a dégagé des centaines de grandes jarres à vin. Certaines étaient encore scellées d’origine et contenaient les restes d’un vin de 5 000 ans. Cinq mille ans, et le bouchon tenait encore.
D’autres inscriptions du même complexe la placent à la tête de services centraux du gouvernement, dont le trésor. La fouille a aussi produit un résultat qui ne la concerne pas seule : les tombes annexes ont été bâties en plusieurs phases, sur une durée assez longue. De quoi ébranler l’idée d’un sacrifice humain rituel lors des funérailles royales de la Ire dynastie.
Le bouchon de terre que personne ne savait lire
Le dossier vient de bouger ailleurs, à Saqqarah. En 1946, l’égyptologue Walter B. Emery y exhume treize bouchons de terre, les tampons qui fermaient les jarres, dans la tombe S3503. Les objets ont disparu. Une seule photographie a survécu, et l’on y devine quatre serekhs. Emery soutenait que le premier et le quatrième portaient le nom du roi Djer, les deux autres celui de Meret-Neith. Ses confrères ont rejeté la lecture : le cliché était trop mauvais.
Sue Kelly et la technicienne Crystal Miller ont repris ce cliché dans l’étude publiée en septembre 2026. Trois gestes : isoler les hiéroglyphes, inverser les couleurs, convertir l’image en vectoriel. L’égyptologue compare le procédé à un frottage au crayon sur une pièce de monnaie, en version haute technologie. Dans les deuxième et troisième serekhs, les signes du compartiment réservé au nom correspondent au signe principal qui écrit Meret-Neith.
Les travaux publiés en septembre 2026 dans Prague Egyptological Studies (volume 36, pages 28-49) créditent Meret-Neith d’au moins 30 années de pouvoir en Égypte, à des titres successifs.
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Régente, ou roi ?
L’étude ne fait pas d’elle une souveraine du premier au dernier jour. Elle découpe sa carrière en séquences, comme Sue Kelly le détaille elle-même. Le serekh posé à côté de celui de Djer la désigne comme corégente. Des empreintes de sceaux de tombes royales, dont celle du roi Semerkhet, la nomment ensuite mère du roi et régente. D’autres textes lui donnent la haute main sur le trésor, sans titre politique correspondant.
Cette mobilité, écrit-elle, n’était possible que pour une femme : ses successeurs masculins régnaient, puis étaient remplacés. Tous les égyptologues ne suivront pas. Le débat n’est pas clos.
Les pièces du dossier se comptent : six, réparties sur deux nécropoles et deux campagnes séparées de quatre-vingts ans.
| Pièce | Site | Ce qu’elle établit | Source |
|---|---|---|---|
| Quatre serekhs sur treize bouchons de terre | Saqqarah, tombe S3503, 1946 | Le nom de Meret-Neith figure dans deux des quatre emblèmes royaux | Prague Egyptological Studies 36 (2026) |
| Complexe funéraire monumental | Abydos | Seule femme dotée d’une tombe monumentale sur la première nécropole royale | Université de Vienne, 09/10/2023 |
| 41 tombes de courtisans et de serviteurs | Abydos | Un entourage funéraire d’échelle royale | Université de Vienne, 09/10/2023 |
| Centaines de jarres à vin, certaines encore scellées | Abydos | Un mobilier funéraire de rang royal | Université de Vienne, 09/10/2023 |
| Inscriptions administratives | Abydos | Responsabilité sur des services centraux, dont le trésor | Université de Vienne, 09/10/2023 |
| Empreintes de sceaux de tombes royales, dont celle de Semerkhet | Nécropoles royales de la Ire dynastie | La désignent comme mère du roi et régente | Prague Egyptological Studies 36 (2026) |
Une devancière, mais de qui ?
Le communiqué de l’Université de Vienne la présente comme une possible première femme pharaon, devancière d’Hatchepsout. L’étude de septembre 2026 est plus prudente : elle juge « tentant » d’y voir le premier serekh d’Horus connu au nom d’une femme. Une autre femme de la Ire dynastie, Neithhotep, possède déjà un serekh, mais coiffé du signe de la déesse Neith ; Sue Kelly la tient ailleurs pour la première souveraine d’Égypte.
Les tombes restent le terrain où ces statuts se révisent, comme pour ces princesses enterrées avec un arc. Pour Meret-Neith, la révision s’est jouée sur une image d’archive plutôt que sur une truelle.
Les treize bouchons de terre, en revanche, n’ont jamais réapparu : la lecture de son nom dans un serekh repose aujourd’hui sur une seule photographie en noir et blanc.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’un serekh ?
Un signe royal qui combine l’image d’un bâtiment royal, la divinité tutélaire et le nom du souverain. Le nom inscrit dans ce compartiment est, pour la Ire dynastie, le marqueur du pouvoir royal.
Que sait-on de la famille de Meret-Neith ?
Elle serait la fille du roi Djer, l’épouse principale du roi Ouadji, aussi appelé Djet, et la mère du roi Den. L’institut d’égyptologie de l’Université de Vienne précise qu’aucune preuve concrète n’établit cette filiation.
Meret-Neith, Meretneith ou Merneith ?
Les trois graphies désignent la même personne. Le communiqué de l’Université de Vienne écrit Meret-Neith, l’étude de 2026 écrit Meretneith, et la littérature plus ancienne préfère souvent Merneith.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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