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Récit
Sur une île de corail au large de l’Australie-Occidentale, un commis de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales se proclame « capitaine général » dans l’hiver austral. En 1629, sur les quelque 200 rescapés du naufrage du Batavia, une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants ont été tués sur ordre de Jeronimus Cornelisz.
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Près de quatre siècles plus tard, un chercheur en management en fait probablement le plus ancien « psychopathe d’entreprise » documenté. Clive Boddy, de l’université Anglia Ruskin (Royaume-Uni), a publié son étude le 9 septembre 2026 dans l’Asian Journal of Business Ethics. Son université l’a présentée le 21 octobre 2026 dans un communiqué.
Que s’est-il passé après le naufrage du Batavia ?
Le Batavia, navire amiral de la Compagnie (la VOC, pour Vereenigde Oostindische Compagnie), faisait route vers l’actuelle Jakarta. Il emportait environ 340 passagers et membres d’équipage, selon le Musée maritime national australien, quand il s’échoue sur un récif en juin 1629. Les survivants se retrouvent sur des îlots sans eau douce. Le commandant Francisco Pelsaert part en chaloupe chercher du secours, à quelque 3 000 kilomètres. Cornelisz devient le plus haut gradé de la Compagnie resté sur place.
Il remplace les membres du conseil qui partageaient le pouvoir avec lui par ses complices. Les survivants doivent lui prêter serment. Les meurtres commencent, justifiés par la nécessité d’économiser l’eau et les vivres. Ils débarrassent aussi Cornelisz de ses rivaux potentiels.
Le bilan varie selon les sources : l’étude avance une fourchette de 96 à 115 victimes, le musée australien en compte 125.
Qui était Wiebbe Hayes, le soldat qui lui a tenu tête ?
Une vingtaine de soldats désarmés ont été relégués sur l’île voisine de West Wallabi, rapporte National Geographic. Ils se regroupent autour de l’un d’eux, Wiebbe Hayes. Des fuyards les rejoignent : le groupe compte bientôt 46 hommes et un garçon, selon l’étude.
Ils fouillent l’île. Ils y trouvent deux puits d’eau douce, des œufs d’oiseaux marins, du poisson, des wallabies et des phoques. De quoi nourrir tous les rescapés « pendant mille ans », selon l’un des hommes de Hayes cité par l’université.
Sans armes, les soldats de Hayes repoussent deux assauts des mutins et capturent Cornelisz au troisième. Quand Pelsaert revient avec un navire de secours, ce sont eux qui l’avertissent du complot. Le commandant décrira son second comme « plus malfaisant que s’il avait été changé en tigre », rappelle l’étude. Cornelisz et six de ses hommes ont les mains tranchées puis sont pendus sur Long Island en octobre 1629.
Pourquoi parler de « psychopathe d’entreprise » ?
Parce que Cornelisz coche les dix comportements d’une grille utilisée en recherche pour repérer la psychopathie d’entreprise. Clive Boddy y retrouve le charme pour gagner la confiance, le cercle de fidèles, l’élimination des rivaux, la peur, la fuite des responsabilités et la quête du pouvoir, de l’argent et du contrôle.
« Le même mode opératoire que l’on voit aujourd’hui dans les lieux de travail toxiques apparaît dans ce cas de 1629. »
Clive Boddy, chercheur à l’université Anglia Ruskin
Le naufrage offre une comparaison rare : les mêmes îles, la même mer, deux chefs. « C’était en fait une expérience naturelle de leadership », résume le chercheur. Selon lui, tous les rescapés auraient pu vivre jusqu’au sauvetage, car les ressources ne manquaient pas.
Le diagnostic est posé à distance, sur le journal de Pelsaert, les lettres d’un pasteur présent à bord et le récit de l’historien Mike Dash.
Pourquoi ces profils prospèrent-ils en entreprise ?
Pour Clive Boddy, ils trouvent un terrain que la VOC a inventé : une compagnie d’actionnaires dotée de pouvoirs quasi gouvernementaux. Fondée le 20 mars 1602, elle est présentée par l’université comme la première multinationale détenue par des actionnaires. Elle pouvait employer des soldats, faire la guerre, emprisonner et exécuter. Sa devise officieuse, rappelée par l’étude : « Jésus-Christ est bon, mais le commerce vaut mieux. »
Le chercheur relie ce type de direction au harcèlement, à la baisse du bien-être des salariés, à une rotation du personnel plus forte et à l’échec des organisations. Son étude demande aux employeurs de regarder le caractère, l’éthique et les valeurs avant de nommer un dirigeant.
Wiebbe Hayes, lui, a été promu par la Compagnie pour sa bravoure, selon le musée australien.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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