Pierres brutes et petits rubis éparpillés sur la terre remuée d’une mesa de l’Ouest américain, près d’une fourmilière

Deux cousins ont berné Tiffany et des banquiers avec l’arnaque aux diamants de 1872

Une mine semée à la main, un joaillier sorti de son domaine, des fourmilières trop bien garnies : l’escroquerie du Far West, de la mise en scène au démasquage.

Sommaire
  1. Comment deux prospecteurs ont-ils fabriqué une mine de diamants ?
  2. Pourquoi des banquiers aussi riches y ont-ils cru ?
  3. Comment le géologue Clarence King a-t-il démasqué la fraude ?
  4. Que sont devenus Arnold, Slack et leurs victimes ?

Récit

En 1872, deux cousins du Kentucky ont tiré environ 550 000 dollars d’un faux champ de diamants semé avec 28 000 dollars de pierres achetées à Londres. Philip Arnold et John Slack ont fait payer William Ralston, fondateur de la Bank of California, et ses associés. La mine, entre le Colorado et le Wyoming, ils l’avaient garnie eux-mêmes.

Citer ce chiffre

Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :

Comment deux prospecteurs ont-ils fabriqué une mine de diamants ?

En juillet 1871, à Londres, Arnold et Slack achètent au marchand Leopold Keller pour 20 000 dollars de diamants bruts et de rubis. Le lot compte des milliers de pierres, selon le Smithsonian Magazine. Arnold y retourne ensuite et dépense 8 000 dollars de plus.

Le décor est une mesa isolée du nord-ouest du Colorado, près de Diamond Peak et de la frontière du Wyoming. Les acheteurs prennent le train de l’Union Pacific jusqu’à Rawlins, dans le Wyoming. Arnold les mène ensuite quatre jours à cheval, par un trajet déroutant.

Pourquoi des banquiers aussi riches y ont-ils cru ?

Parce que chaque étape ajoute une caution. Ralston s’associe à Asbury Harpending et à l’entrepreneur minier William Lent pour racheter les droits des cousins. Ils recrutent le général George McClellan, ancien commandant de l’armée de l’Union, pour que son nom attire d’autres investisseurs. Le député Benjamin Butler, lui, porte une loi minière au Congrès, contre mille actions.

Charles Lewis Tiffany examine un échantillon et l’estime à 150 000 dollars. Harpending en conclut que le sac entier vaut au moins 1,5 million. Le joaillier new-yorkais et son lapidaire avaient pourtant peu l’habitude des pierres brutes, note le Smithsonian.

Le 4 juin 1872, l’ingénieur des mines Henry Janin atteint la mesa avec les acheteurs. Dans son rapport, il écrit que les 100 000 actions de la future société valent facilement 40 dollars chacune : une valorisation de 4 millions de dollars. Il revendra ses propres actions avec 30 000 dollars de bénéfice.

Un nom illustre, un joaillier célèbre, un expert de terrain : le piège est complet.

Comment le géologue Clarence King a-t-il démasqué la fraude ?

À l’automne 1872, Clarence King, qui cartographie l’Ouest pour le gouvernement fédéral, retrouve la mesa avec son équipe. Son collègue Samuel Emmons y ramasse d’abord un petit rubis. Puis les trouvailles deviennent trop régulières : chaque diamant s’accompagne d’une douzaine de rubis.

Dans les fourmilières, des rubis reposent au milieu d’empreintes. Sur le flanc, une petite brèche s’ouvre à côté du trou de sortie des fourmis : une main est passée par là. Une tranchée de trois mètres creusée dans un ravin ne livre aucun diamant. Ces pierres ne se rencontrent d’ailleurs jamais ensemble dans la nature, rappelle Earth Magazine.

Le 11 novembre 1872, King prévient les investisseurs. Le San Francisco Chronicle dénonce « l’escroquerie la plus gigantesque et la plus effrontée de l’époque ».

Que sont devenus Arnold, Slack et leurs victimes ?

Ralston y laisse 250 000 dollars ; Arnold, lui, est rentré à Elizabethtown, dans le Kentucky. Il y achète une maison dès juillet 1872, puis des terres, et devient banquier l’année suivante. Il finit par verser 150 000 dollars à William Lent, dans un accord à l’amiable.

En 1878, une querelle avec un autre banquier de la ville tourne à la fusillade. Arnold reçoit une décharge de fusil à l’épaule. Il meurt de pneumonie six mois plus tard, à 49 ans.

Le géologue y gagne une réputation : en 1879, Clarence King devient le premier directeur du Service géologique des États-Unis, poste qu’il occupe jusqu’en 1881.

John Slack, lui, fabrique des cercueils à Saint-Louis, puis devient entrepreneur de pompes funèbres à White Oaks, au Nouveau-Mexique. Il y meurt en 1896, à 76 ans, en laissant 1 600 dollars.

Vrai ou faux ?

  1. Charles Lewis Tiffany était un spécialiste des diamants bruts.

    Faux. Le joaillier new-yorkais avait peu l’habitude des pierres brutes, ce qui ne l’a pas empêché d’estimer l’échantillon à 150 000 dollars (Smithsonian Magazine).

  2. Le faux champ de diamants se trouvait dans le Wyoming.

    Faux. Les acheteurs descendaient du train à Rawlins, dans le Wyoming, mais la mesa piégée se trouvait dans le nord-ouest du Colorado, près de la frontière.

  3. Le géologue qui a démasqué la fraude a ensuite dirigé le service géologique fédéral américain.

    Vrai. Clarence King en devient le premier directeur en 1879 et le reste jusqu’en 1881.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Céline Dion en concert : dernières dates, horaires et billetsCéline Dion en concert : dernières dates, horaires et billets
  2. 2Moins de 4 heures de sommeil : à l’effort, le cerveau lâche avant le muscleMoins de 4 heures de sommeil : à l’effort, le cerveau lâche avant le muscle
  3. 3Halloween 2026 tombe le samedi 31 octobre, d’où vient la fête ?Halloween 2026 tombe le samedi 31 octobre, d’où vient la fête ?
  4. 4Prix Goncourt 2026, 8 romans en lice pour 4 places à la troisième sélection du 27 octobrePrix Goncourt 2026, 8 romans en lice pour 4 places à la troisième sélection du 27 octobre
  5. 5Film d’horreur au cinéma en ce moment : lequel voir pour Halloween, et dès quel âge ?Film d’horreur au cinéma en ce moment : lequel voir pour Halloween, et dès quel âge ?

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Malik, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Malik

« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

Articles: 392