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Une méduse fantôme géante de 6 mètres abritait 19 jeunes poissons à 250 mètres de fond, au large de l’Argentine. Le robot sous-marin SuBastian a filmé la scène pendant une expédition menée entre décembre 2025 et janvier 2026, et une étude publiée dans Ecology la décrit depuis le 14 octobre 2026.
Les passagers sont des centrolophes noirs (Centrolophus niger) encore juvéniles. Ils entraient dans la cloche de la méduse et en ressortaient. L’équipe est emmenée par María Emilia Bravo (université de Buenos Aires et CONICET, l’organisme public de recherche argentin). Elle décrit deux espèces « mal connues et rarement observées » et parle de la première observation documentée de leur association en grand fond. La méduse fantôme géante a été observée moins de 120 fois dans le monde depuis 1899 : moins d’une rencontre par an en 127 ans.
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Que gagnent les poissons à voyager avec une méduse ?
Un abri, d’abord : à 250 mètres, la pleine eau n’offre ni rocher ni algue où se cacher. Les chercheurs y voient un refuge portatif contre des prédateurs qui peuvent surgir de partout dans le noir, résume le compte rendu de ScienceAlert. Les longs bras de la méduse forment un sérieux obstacle pour qui voudrait croquer un jeune centrolophe.
Un garde-manger, peut-être : sur les images, un des poissons picore quelque chose sur un bras de la méduse. Les jeunes centrolophes mangent parfois des méduses, sans en faire leur menu préféré, selon la fiche de l’espèce du centre de biodiversité néerlandais Naturalis. Les auteurs ne tranchent pas : savoir si l’association offre « seulement un refuge aux poissons » ou comporte aussi une part alimentaire ou d’entraide « reste non résolu », écrivent-ils.
L’hypothèse date de 1973 : des chercheurs avaient alors soupçonné un lien entre les deux espèces, remontées ensemble dans des chaluts de l’Atlantique Nord. Faute de les avoir vues vivantes, ils n’avaient pas pu le confirmer. Dans l’Adriatique, de jeunes centrolophes ont aussi été observés près d’une autre espèce, le rhizostome ou méduse « tonneau », dans des eaux bien moins profondes.
Et la méduse, qu’y gagne-t-elle ?
Rien n’est démontré à ce jour, mais un précédent existe dans le golfe de Californie. Le robot Tiburon du Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI) y a filmé une brotule pélagique (Thalassobathia pelagica). Ce poisson se tenait au-dessus de la cloche et s’abritait entre les bras. C’était un adulte, seul ; en Argentine, ce sont des juvéniles, en groupe.
La scène argentine avait été montrée dès février 2026 par l’institut Schmidt, avec les autres trouvailles de l’expédition. BFM l’a reprise en vidéo.
À quoi ressemble la méduse fantôme géante ?
À une cloche prolongée de quatre longs rubans. Selon le MBARI, la cloche de Stygiomedusa gigantea dépasse un mètre de diamètre. Ses quatre bras buccaux, qui flottent derrière elle, peuvent mesurer plus de 10 mètres. Avec ses 6 mètres, l’individu argentin reste loin du gabarit maximal de son espèce. Malgré sa taille, la méduse n’est pas connue pour piquer. On la rencontre de la surface jusqu’à 6 700 mètres de profondeur, dans tous les océans sauf l’Arctique.
Pourquoi la voit-on si rarement ?
Parce qu’elle vit là où l’on ne va presque jamais. Le premier spécimen a été récolté en 1899, et l’espèce n’a été reconnue comme nouvelle qu’une soixantaine d’années plus tard, rappelle le MBARI. Sa rareté tient sans doute à son habitat, la pleine eau profonde, un milieu difficile d’accès pour l’homme, selon ScienceAlert.
Chaque rencontre dépend d’une plongée de robot depuis un navire océanographique. La plongée de la méduse argentine est partie du navire Falkor (too), celui de l’institut océanographique Schmidt. La campagne, dirigée par María Emilia Bravo, a aussi rapporté 28 espèces sans doute nouvelles pour la science. Elle a trouvé à 3 890 mètres la première carcasse de baleine repérée par grand fond au large de l’Argentine.
Ce genre de scène reste une affaire de chance : le MBARI, dont les robots ont mené des milliers de plongées, n’a croisé l’espèce que neuf fois.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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