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Sur 516 adultes nord-américains interrogés en 2021, la psychopathie est, parmi les traits sombres de la personnalité, le plus lié aux ragots fréquents et malveillants. Trois psychologues canadiens publient ce résultat dans la revue Behavioral Sciences, en ligne depuis le 2 septembre 2026 : Adam Davis (Canadore College), Tracy Vaillancourt (Université d’Ottawa) et Steven Arnocky (Université Nipissing). Au-delà de la fréquence, leur enquête associe chaque trait sombre de la personnalité à une raison de parler des absents.
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Qui commère, et pour quoi faire ?
La psychopathie (impulsivité, froideur envers autrui) prédit à la fois les ragots fréquents et ceux qui visent à nuire à une réputation. Ce sont les deux liens les plus forts de l’étude, d’après le compte rendu de PsyPost publié le 18 octobre 2026. Le sadisme ordinaire, le goût de voir souffrir, arrive deuxième sur les deux tableaux.
Le machiavélisme, penchant pour le calcul et la manipulation, dessine un autre profil. C’est le seul trait lié au besoin de s’informer ou de vérifier une information. Il prédit aussi les trois autres motifs : le plaisir d’échanger, l’envie de nuire et la protection du groupe.
Les chercheurs attendaient le narcissisme, besoin d’admiration, du côté des ragots méchants. Le lien s’efface pourtant dès que la psychopathie entre dans le calcul, car les deux traits se recoupent. Le narcissique commère surtout pour le plaisir de la conversation.
Comment les chercheurs l’ont-ils mesuré ?
Les participants, âgés de 18 à 61 ans, vivent aux États-Unis ou au Canada. Ils ont été recrutés sur Amazon Mechanical Turk, une plateforme de microtâches rémunérées, et ont rempli trois questionnaires. Le premier mesure les quatre traits sombres, la tétrade noire : psychopathie, sadisme ordinaire, machiavélisme, narcissisme. Le deuxième demande en 13 questions à quelle fréquence on parle des autres. Le troisième cherche pourquoi, en 22 questions.
Les réponses dessinent quatre motifs : s’informer, se distraire, nuire, protéger son groupe en avertissant les autres. Les quatre traits, l’âge et le sexe expliquent ensemble 52 % des écarts de fréquence entre répondants. Pour le motif « nuire », cette part tombe à 34 %.
Pourquoi la psychopathie arrive-t-elle en tête ?
L’étude ne le démontre pas : elle relève des liens, pas des causes. Selon le résumé de l’article, de lecture évolutionniste, le ragot servirait à rivaliser pour des ressources comme le statut et les partenaires. Les traits les plus tournés vers la compétition s’en serviraient davantage, sans que les données prouvent ce mécanisme.
Le motif « protéger le groupe » surprend plus encore. Psychopathie et machiavélisme y sont liés, eux aussi. Les auteurs avancent une piste : les personnes très psychopathiques protégeraient leurs alliés proches, surtout dans des groupes antisociaux comme les gangs. Défendre les siens y aide à garder l’ascendant. Quant au machiavélique, il alterne coopération et intimidation selon ce qui lui rapporte du pouvoir et du statut.
Les ragots sont-ils forcément toxiques ?
Pas pour les trois auteurs, qui écrivent : « Il existe un stéréotype négatif : on suppose que le ragot est toujours malveillant et que ceux qui le colportent sont de mauvaises personnes. » Ils ajoutent : « En réalité, c’est une façon très courante de communiquer, et la plupart de nos ragots quotidiens sont positifs ou neutres. »
Megan Robbins et Alexander Karan, de l’université de Californie à Riverside, l’avaient vérifié sur le terrain. Pour leur étude publiée en 2019, 467 volontaires ont porté un enregistreur audio qui captait environ un dixième de leurs conversations. Résultat : 52 minutes de ragots par jour en moyenne. Sur 4 003 ragots relevés, près des trois quarts étaient neutres, 604 négatifs et 376 positifs. À cette proportion, la médisance pèserait moins de 8 minutes par jour, selon notre calcul.
Vrai ou faux ?
D’après les enregistrements de Riverside, la plupart des ragots du quotidien sont méchants.
Faux. Près des trois quarts étaient neutres ; 604 sur 4 003 étaient négatifs.
Dans l’étude de Behavioral Sciences, le machiavélisme est le seul trait sombre lié au besoin de s’informer par les ragots.
Vrai. Aucun des trois autres traits ne prédit ce motif.
Dans l’étude de Behavioral Sciences, le narcissisme prédit les ragots destinés à nuire.
Faux. Ce lien disparaît quand on tient compte de la psychopathie ; le narcissisme est lié au plaisir de la conversation.
Que ne dit pas l’étude ?
Les auteurs listent eux-mêmes ses limites : recueillies en une seule fois, les données ne disent pas ce qui cause quoi. Tout repose sur ce que les participants déclarent, et certains ont pu minimiser leurs habitudes, d’autres les grossir. Personne n’a été enregistré en situation réelle, contrairement aux volontaires de Riverside. Le score de fréquence, enfin, mélange ragots aimables, neutres et perfides. Ce score ne dit donc pas si les profils les plus psychopathiques échangent des potins sur des célébrités ou des rumeurs cruelles sur leurs collègues.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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