Une peluche posée sur une petite table de salle de jeux, face aux mains d’un enfant

Face à une peluche aux propos sexistes, des enfants de 8 ans font écho au père ou à la mère

Une étude néo-zélandaise relie les clichés des enfants à ceux de leurs parents, avec un partage inattendu entre le père et la mère.

Sommaire
  1. Comment une peluche mesure-t-elle les clichés d’un enfant ?
  2. Pourquoi le père pour l’un, la mère pour l’autre ?
  3. Combien pèse vraiment ce que l’on transmet ?
  4. Combien de Français adhèrent à ces deux sexismes ?
  5. Que peuvent faire les parents ?

Une peluche nommée Feppy affirme que les femmes se vexent facilement pour des blagues, et des enfants de 8 ans doivent dire si elle a raison. En Nouvelle-Zélande, des psychologues ont ensuite comparé leurs réponses aux idées du père et de la mère (revue Sex Roles).

Dans 175 familles néo-zélandaises suivies par une étude publiée en juillet 2026, plus un père adhère au sexisme hostile, plus son enfant de 8 ans approuve les clichés hostiles, fille ou garçon. Du côté de la mère, c’est le sexisme dit « bienveillant » qui va de pair avec celui de l’enfant.

Comment une peluche mesure-t-elle les clichés d’un enfant ?

L’expérimentateur présente Feppy comme une visiteuse venue de loin, qui livre ses idées sur les hommes et les femmes. Elle dit par exemple : « Les hommes doivent protéger les femmes du danger. » À chaque phrase, l’enfant tranche : Feppy a-t-elle un peu ou vraiment raison, un peu ou vraiment tort ?

La blague qui vexe relève du sexisme hostile, qui méprise les femmes et les dépeint comme inférieures ou manipulatrices. La protection relève du sexisme bienveillant, que le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) appelle « paternaliste » : il semble valoriser les femmes, mais les tient pour fragiles. Les deux cohabitent souvent chez une même personne.

Les familles participaient déjà à une étude au long cours, commencée quand les enfants avaient 4 ou 5 ans. Les parents ont rempli des questionnaires classiques sur ces deux sexismes. En moyenne, les enfants jugent les phrases hostiles de Feppy plutôt fausses et ses phrases protectrices plutôt justes. Filles et garçons répondent de la même façon.

Pourquoi le père pour l’un, la mère pour l’autre ?

L’étude ne le démontre pas, mais ses auteurs avancent des pistes, rapportées par le site PsyPost. Un père adepte du sexisme hostile se verrait comme l’autorité de la famille. Il peut se montrer plus contrôlant avec ses enfants, voire agressif envers la mère. De quoi apprendre aux enfants que le pouvoir revient aux hommes.

Une mère attachée au sexisme bienveillant occuperait plus souvent le rôle traditionnel de femme au foyer. Elle aurait ainsi plus d’occasions d’enseigner qu’il faut protéger les filles sages et les femmes conformes aux attentes.

Un troisième lien ne concerne que les garçons : le sexisme hostile de la mère va de pair avec celui de ses fils, pas de ses filles. Les auteurs n’en connaissent pas la raison ; ces mères seraient peut-être plus contrôlantes avec leurs fils.

Ces liens résistent quand les chercheurs tiennent compte de l’âge de l’enfant, des études, de l’emploi et du niveau de vie ressenti des parents, ou du parent qui s’occupe le plus de l’enfant.

Combien pèse vraiment ce que l’on transmet ?

Peu, à l’échelle de chaque enfant. Entre le score du père et celui de l’enfant sur le sexisme hostile, le lien statistique vaut environ 0,29, là où 1 signifierait une copie conforme : PsyPost le qualifie de modeste. Selon notre calcul (0,29 au carré), le score du père ne va de pair qu’avec environ 8 % des différences entre enfants face aux phrases hostiles de Feppy. L’essentiel des écarts se joue ailleurs.

L’étude constate des ressemblances, sans établir qui influence qui. Les enfants pourraient aussi faire évoluer les idées de leurs parents en exprimant les leurs, relève PsyPost. Et toutes les familles réunissaient un père et une mère vivant en Nouvelle-Zélande.

Vrai ou faux ?

  1. Les garçons approuvaient davantage les clichés de Feppy que les filles.

    Faux. En moyenne, filles et garçons ont répondu de façon semblable.

  2. Le sexisme bienveillant de la mère va de pair avec celui de l’enfant, qu’il soit fille ou garçon.

    Vrai. Le résumé de l’étude parue dans Sex Roles le précise : ce lien vaut quel que soit le sexe de l’enfant.

  3. L’étude prouve que les parents transmettent leurs clichés à leurs enfants.

    Faux. Elle constate des ressemblances entre parents et enfants, sans établir qui influence qui.

Combien de Français adhèrent à ces deux sexismes ?

En France, 17 % des personnes de 15 ans et plus adhèrent au sexisme hostile, soit près de 10 millions de personnes, selon le baromètre 2026 du sexisme du HCE. Toluna Harris Interactive a interrogé 3 061 personnes en novembre 2025. La note de recherche du HCE et du CNRS détaille l’écart : 23 % des hommes, contre 12 % des femmes.

Le sexisme paternaliste rallie près d’un quart des sondés. Là aussi, les hommes (27 %) devancent les femmes (18 %), dans toutes les tranches d’âge.

Le sexisme paternaliste devance le sexisme hostile, et les hommes devancent les femmes dans les deux cas.
Le sexisme paternaliste devance le sexisme hostile, et les hommes devancent les femmes dans les deux cas.
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Que peuvent faire les parents ?

Ces idées s’installent tôt. En 2020, une étude cosignée par Matthew Hammond, de l’université Victoria de Wellington, avait interrogé plus de 200 enfants de 5 à 11 ans aux États-Unis. Un enfant qui approuvait une phrase hostile approuvait le plus souvent aussi une phrase bienveillante.

« Cette recherche ne vise pas à blâmer les parents, mais à reconnaître que nous jouons tous un rôle dans la transmission et le renforcement des croyances sur le genre », soulignent les chercheurs. Selon eux, beaucoup d’adultes ont intériorisé une part de ces clichés sans savoir lesquels. Les petites choses que l’on dit et que l’on fait peuvent façonner la vision qu’ont les enfants des femmes et des hommes. « De petits changements peuvent faire une différence importante », ajoutent-ils.

Dans l’étude américaine de 2020, le sexisme hostile reculait avec l’âge chez tous les enfants, et le bienveillant chez les filles seulement.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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