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Un antiépileptique injecté dans le genou freine l’usure du cartilage de souris, avec un dixième de la dose nécessaire par voie générale. L’équipe de Chuan-Ju Liu, à l’école de médecine de Yale (États-Unis), a publié ce résultat le 26 février 2026 dans la revue Bioactive Materials. La molécule, le lacosamide, est autorisée en Europe contre l’épilepsie depuis 2008, sous le nom de Vimpat.
En octobre 2026, aucun médicament ne freine l’évolution de l’arthrose, qui touche 10 millions de personnes en France selon l’Inserm. Les traitements actuels soulagent la douleur sans arrêter l’usure, rappelle le dossier de l’Inserm. La maladie concerne 65 % des plus de 65 ans, et 80 % des plus de 80 ans.
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Peut-on déjà soigner son arthrose avec ce médicament ?
Non. En comprimé, le lacosamide a déjà échoué chez l’humain contre la douleur du genou. En 2007, son fabricant UCB l’a testé dans sept pays européens, dont l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni (registre ClinicalTrials.gov). Sur 149 patients tirés au sort, ceux qui prenaient 400 mg par jour n’ont pas eu moins mal que ceux sous placebo après huit semaines.
Au vu de cette première analyse intermédiaire, le laboratoire a renoncé à poursuivre l’essai ; aucun problème de sécurité n’avait été relevé. Les vertiges touchaient 8 patients sur 72 sous lacosamide, contre 1 sur 76 sous placebo. Surtout, cet essai mesurait la douleur, pas l’état du cartilage. Quant à l’injection, aucun essai chez des patients arthrosiques n’apparaît dans le registre au 14 octobre 2026.
| Étape | Date | Résultat |
|---|---|---|
| Comprimé à 400 mg par jour, 149 patients (essai UCB) | 2007 | Pas moins de douleur que sous placebo après huit semaines |
| Canal Nav1.7 dans les chondrocytes (Nature) | Janvier 2024 | 350 à 525 canaux par cellule |
| Injection dans le genou de souris (Bioactive Materials) | 26 février 2026 | Meilleure protection à un dixième de la dose |
| Injection chez des patients arthrosiques | 14 octobre 2026 | Aucun essai dans le registre |
Source : registre ClinicalTrials.gov, Nature (2024), Bioactive Materials (2026).
Pourquoi un antiépileptique agit-il sur le cartilage ?
Les cellules du cartilage portent le même canal que les nerfs de la douleur. Ce canal à sodium, Nav1.7, transmet les signaux douloureux le long des nerfs. En janvier 2024, l’équipe de Chuan-Ju Liu et le neurologue Stephen Waxman l’ont repéré dans les chondrocytes de patients arthrosiques : 350 à 525 canaux par cellule, d’après leur article paru dans Nature.
Chez la souris, supprimer ce canal dans les cellules qui fabriquent le collagène réduisait nettement les dégâts, dans deux modèles d’arthrose. La carbamazépine, un autre antiépileptique, protégeait aussi les articulations, annonçait l’université Yale le 3 janvier 2024.
L’étude de 2026 met trois de ces bloqueurs en concurrence : carbamazépine, oxcarbazépine et lacosamide. Sur des chondrocytes humains, le lacosamide freine le mieux la destruction du cartilage et relance le plus sa fabrication, à plus faible concentration que les deux autres. Il pousse les cellules à sécréter deux protéines protectrices, HSP70 et la midkine.
Pourquoi l’injection fait-elle mieux que le comprimé ?
Le lacosamide agit dans une plage de concentration optimale, explique Chuan-Ju Liu dans le communiqué de Yale du 2 juin 2026. Avalé, il circule dans tout l’organisme et peut provoquer des effets indésirables ailleurs. Injecté dans le genou des souris, il a mieux protégé le cartilage et mieux calmé la douleur, à dose dix fois moindre.
Pour faire durer l’effet, les chercheurs ont enfermé la molécule dans un gel de collagène, liquide dans la seringue froide, qui se solidifie à la température du corps. Le gel la retient dans l’articulation et la libère lentement. Chez la souris, une injection toutes les quatre semaines a mieux empêché la perte de cartilage qu’un comprimé quotidien.
« Il nous faut des traitements qui ne masquent pas seulement la douleur, mais qui changent l’évolution de la maladie. »
Chuan-Ju Liu, professeur d’orthopédie et de réadaptation à l’école de médecine de Yale
Un traitement de fond de l’arthrose, c’est pour quand ?
Il faut compter en moyenne 10,5 ans entre le premier essai chez l’humain et l’autorisation d’un médicament. Seuls 7,9 % des candidats arrivent au bout, d’après l’analyse de l’organisation BIO portant sur 2011-2020. Contre l’arthrose, l’Inserm dresse un constat plus dur : « De nombreux médicaments ont été évalués au cours des cinq dernières décennies, mais jusqu’ici sans succès. »
Le lacosamide part avec un atout : sa tolérance est connue. Une méta-analyse de 2013 l’a mesurée sur 3 148 patients répartis dans dix essais, dont celui sur le genou. Comme la molécule est déjà autorisée, Yale estime que la route vers des essais chez des patients pourrait être bien plus rapide qu’avec un produit inédit. Le gel, lui, reste nouveau et devra faire ses preuves ; aucun calendrier n’est annoncé.
D’ici là, perdre quelques kilos allège le genou à chaque pas. Pour tous les patients, l’Inserm place la perte de poids et une activité physique régulière d’intensité modérée en tête de la prise en charge.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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