Des mains tiennent un flacon de cosmétique sans étiquette devant un rayon de supermarché aux produits flous.

Royal Society of Chemistry : un million de livres pour un produit « sans produits chimiques »

La Royal Society of Chemistry a promis un million de livres à qui lui apporterait un produit 100 % sans produits chimiques. Aucun gagnant désigné, et la règle française dit précisément quelles allégations « sans » sont recevables sur un cosmétique.

En bref

1 million de livres sterling : voilà ce qu’une société savante britannique a mis sur la table pour prouver qu’une étiquette de rayon ne peut pas tenir sa promesse. Le 23 février 2010, la Royal Society of Chemistry a promis un million de livres à qui lui apporterait un produit 100 % sans produits chimiques. Sa page d’annonce, mise à jour le 2 septembre 2011, ne désigne aucun gagnant. En France, l’allégation « sans » est encadrée depuis le 16 avril 2020 par des recommandations de l’ANSM et de la DGCCRF. L’annonce est tombée à Londres, lors d’une rencontre de presse intitulée « The Facts About Chemicals », accueillie par la CTPA, l’association britannique des cosmétiques, produits de toilette et parfums.

Le défi avait son diagnostic. La même rencontre s’appuyait sur une étude du secteur cosmétique britannique : 52 % des femmes et 37 % des hommes y déclaraient rechercher activement des produits « chemical-free ». Et 84 % des consommateurs s’y disaient, à un degré ou un autre, préoccupés par l’impact sanitaire des substances chimiques présentes dans leurs produits du quotidien.

La demande de « chemical-free » était bien réelle au moment où la prime a été lancée, pour une mention qu’aucun produit ne peut satisfaire. Étude du secteur cosmétique britannique citée par la Royal Society of Chemistry, dont la méthodologie n’est pas détaillée.
La demande de « chemical-free » était bien réelle au moment où la prime a été lancée, pour une mention qu’aucun produit ne peut satisfaire. Étude du secteur cosmétique britannique citée par la Royal Society of Chemistry, dont la méthodologie n’est pas détaillée.
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Richard Pike, alors directeur général de la Royal Society of Chemistry, a posé le défi sans détour. « Pour faire prendre conscience à quel point ‘sans produits chimiques’ est une allégation impossible, je défie quiconque de placer dans ma main un matériau que je considère comme sans produits chimiques. La vérité, comme le dira toute personne sensée, c’est que tout ce que nous mangeons, buvons, conduisons, avec quoi nous jouons et où nous vivons est fait de produits chimiques. »

À retenir

  • « Sans produits chimiques » ne décrit aucune matière existante : la mention parle du marketing, pas de la composition.
  • En France, l’encadrement passe par l’article 20 du règlement européen (CE) n° 1223/2009 du 30 novembre 2009, qui renvoie à des critères communs.
  • « Sans parfum » est donné comme exemple d’allégation acceptable, « sans parabènes » comme exemple non acceptable.
  • Une indication fausse sur la composition ou les qualités substantielles d’un produit constitue une pratique commerciale trompeuse.

Ce que la règle française autorise vraiment

L’ANSM a appuyé la DGCCRF pour rédiger leurs recommandations communes sur les mentions qui revendiquent l’absence de substances dans un cosmétique. Publiées le 16 avril 2020 et mises à jour le 14 mars 2021, elles détaillent par l’exemple les allégations « sans substance ou groupe de substances » que les autorités n’acceptent pas. Elles signalent aussi les cas où une allégation reste tolérée parce qu’elle informe. Les deux autorités n’en restent pas au conseil : par enquêtes, inspections ou opérations de contrôle du marché, elles peuvent faire retirer une allégation jugée non conforme à ces critères et au code de la consommation.

C’est le même exercice que sur le rayon des anti-moustiques : la composition avant la promesse. Et le levier ne se limite pas aux cosmétiques : l’article L121-2 du code de la consommation vaut pour tous les produits. Dans sa version en vigueur depuis le 28 mai 2022, il qualifie de pratique commerciale trompeuse toute allégation fausse ou de nature à induire en erreur sur les caractéristiques essentielles d’un produit, sa composition et ses qualités substantielles comprises.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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