![]()
Sommaire
Récit
Le chat titubait dans la maison et ne touchait plus ni sa gamelle ni son eau. Ses maîtres, Karen Waldron et Shawn Ricci, ont annoncé le 13 septembre un don de quinze millions de dollars au centre de cancérologie animale de Virginia Tech, à Roanoke. C’est là qu’on a trouvé et soigné les tumeurs logées dans l’oreille de Beckham, leur chat depuis treize ans.
Le montant n’a rien d’un geste de circonstance : c’est le plus gros don jamais reçu par l’Animal Cancer Care and Research Center, et l’un des plus importants jamais versés au Virginia-Maryland College of Veterinary Medicine, rapporte Cardinal News. Le couple n’en est pas à son premier chèque : en 2025, il avait déjà versé quatre millions de dollars pour agrandir l’hôpital vétérinaire de l’école, à Blacksburg.
En bref
- Karen Waldron et Shawn Ricci donnent 15 millions de dollars au centre de cancérologie animale de Virginia Tech, à Roanoke, après la guérison de leur chat Beckham.
- La somme se partage à parts égales entre soins et recherche, et dote trois chaires : oncologie médicale, imagerie, chirurgie oncologique, plus un poste de directeur de recherche.
- Les cancers des chiens et des chats ressemblent beaucoup à ceux des humains : les soigner produit des observations que la médecine humaine réutilise.
- En France, les écoles vétérinaires d’Alfort et de Lyon ouvrent déjà des essais et des protocoles aux animaux de compagnie.
Avant Beckham, il y a eu Lafayette
Karen Waldron et Shawn Ricci tiennent Bent Tree Farm, un élevage et centre d’entraînement de chevaux de Shawsville, en Virginie. Le chat n’est pas le premier de leurs animaux passé par Roanoke. Lafayette, un chien abandonné sur la route près de la ferme, y est arrivé avec de grosses masses dans la gorge : un cancer de la thyroïde. « Il a eu la thyroïde et les parathyroïdes retirées, et grâce aux traitements de suivi et à la chimiothérapie, il mène une vie absolument formidable », raconte Shawn Ricci. Ancien voltigeur équestre, il insiste surtout sur la distance à parcourir : « C’est une expérience beaucoup moins traumatisante pour les gens de pouvoir bénéficier de soins de cette qualité près de chez eux. »
Ce que quinze millions achètent
La somme se partage à parts égales entre le clinique et la recherche, et elle va d’abord à des gens plutôt qu’à des murs. Elle dote trois chaires : un oncologue médical, un radiologue et un chirurgien oncologue. S’y ajoutent un poste de directeur de recherche orienté vers la recherche translationnelle, et du personnel de renfort. Le doyen du Virginia-Maryland College of Veterinary Medicine, Daniel Givens, l’assume. « Les équipements et le bâtiment comptent, mais ce sont les gens (les cliniciens, les techniciens, les chercheurs) qui rendent possibles des soins à la fois attentifs et à la pointe. »
L’université a filmé l’annonce et laissé les donateurs raconter eux-mêmes ce qui les a décidés.
Pourquoi un chat soigné aide un humain malade
C’est le pari scientifique derrière le chèque. Joanne Tuohy, professeure associée de chirurgie oncologique, est la chirurgienne de Beckham. « La recherche sur nos patients atteints de cancer aide les humains, parce que les cancers des animaux de compagnie et ceux des gens sont, malheureusement, très semblables », explique-t-elle. Le centre le revendique dans sa présentation officielle : ses moyens d’imagerie alimentent une équipe qui mêle vétérinaires, ingénieurs biomédicaux et chercheurs en médecine humaine, contre des tumeurs communes aux chiens et aux gens.
La différence avec un modèle de laboratoire tient en un mot : ces cancers sont spontanés. Ils apparaissent chez un animal qui vit dans une maison, vieillit, sort, mange. Les chercheurs y observent une maladie qui pousse, répond au traitement, puis récidive dans des conditions ordinaires, loin des tumeurs greffées sur des souris. C’est la même logique de va-et-vient qui fait passer une thérapie cellulaire du laboratoire au lit du malade, comme dans un essai CAR-T pédiatrique.
En France, la filière existe déjà
Quinze millions de dollars pour la cancérologie animale : c’est le don annoncé le 13 septembre 2026 au centre vétérinaire de Virginia Tech par les maîtres d’un chat guéri, quand l’école vétérinaire d’Alfort rappelle que près d’un chien sur deux de plus de dix ans est atteint d’un cancer.
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Les moyens ne sont pas comparables, la pratique si. L’École nationale vétérinaire d’Alfort ouvre toute l’année des essais cliniques aux animaux de ses clients, dont un virus oncolytique évalué sur des cancers canins. Une étude conduite jusqu’en juin 2022 avec les autres écoles vétérinaires françaises a porté sur la variabilité du carboplatine, afin de mieux ajuster les doses. L’école collabore aussi avec le Pr Tony Lefebvre, à l’université de Lille, sur le dépistage précoce du cancer colorectal « chez le chien mais aussi chez l’Homme ». La formule dit tout de l’affaire : l’animal n’y est pas un modèle de substitution, il est un patient dont la maladie intéresse les deux médecines.
À Lyon, le service de cancérologie de VetAgro Sup est, selon l’école, « le seul service en France doté d’un programme, accrédité par le collège européen de cancérologie vétérinaire, pour la formation de spécialistes dans ce domaine ». On y opère, on y irradie, et les chimiothérapies classiques s’y administrent l’après-midi, dans une salle équipée réservée à la manipulation des anticancéreux. Côté français, l’entrée dans un protocole passe par la consultation : ce sont les cliniciens de l’hôpital des animaux de compagnie qui proposent aux propriétaires d’y participer.
Questions courantes
Peut-on soigner un cancer chez un chat ou un chien ?
Oui, selon les cas. Le service de cancérologie de VetAgro Sup propose un traitement chirurgical, une chimiothérapie, une radiothérapie, ou une combinaison de ces approches, en fonction du bilan réalisé sur l’animal.
Qui pratique la cancérologie vétérinaire en France ?
Des vétérinaires diplômés de collèges de spécialité. À VetAgro Sup, le service est dirigé par une spécialiste du collège américain de cancérologie vétérinaire, avec un diplômé du collège européen et un résident en formation.
Qu’est-ce qu’un virus oncolytique ?
Un virus modifié pour se multiplier dans les cellules tumorales et les détruire. L’École nationale vétérinaire d’Alfort évalue ainsi le TG6002 sur des cancers canins, administré en trois injections directement dans la tumeur.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Prix Nobel 2026 : dates, heures à Paris et lauréats prix par prix - 2
Nobel de physique 2026 : Francis Halzen, seul lauréat, pour les neutrinos du pôle Sud - 3
Grève Air Corsica du 9 au 16 octobre, vos droits si le vol saute - 4
Prix Nobel : qui peut proposer un nom, gardé secret pendant 50 ans - 5
Céline Dion en concert : 16 dates restantes, horaires et billets
Nos dossiers
- Océan93
- Record du monde35
- Espace42
- Histoire95
- Famille96
- Évolution83
- Pouvoir d’achat137
- Climat130
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

