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Plus de 100 cornichons ont grillé à Portland State University (Oregon) avant que Joshua Méndez Harper tienne son explication. La lueur orange d’un cornichon branché sur le secteur naît d’étincelles qui enflamment de l’hydrogène, et sa couleur vient du sodium de la saumure. Ce professeur assistant en génie électrique a présenté ses mesures avec Benjamin Crall à la réunion annuelle de l’Electrostatics Society of America, du 14 au 17 juin 2026. Le travail n’a pas encore paru dans une revue à comité de lecture.
L’expérience est un classique des cours de sciences, de l’école au lycée, rappelle le communiqué de Portland State du 30 septembre 2026, repris par ScienceAlert le 6 octobre. Sa physique exacte restait pourtant un mystère jusqu’aux mesures de Portland State. En France, une prise domestique délivre 230 volts, soit 1,9 fois les quelque 120 volts des démonstrations nord-américaines du cornichon lumineux, décortiqué par Portland State University en 2026.
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Étincelle ou hydrogène : qui allume le cornichon ?
La saumure est chargée d’ions, donc le cornichon conduit le courant. Deux explications se disputaient la lueur. La première misait sur l’arc électrique : le courant chauffe le légume, fait bouillir son jus et ouvre des poches de vapeur qui coupent le circuit. Le cornichon refroidit, les poches se referment et la saumure revient vers l’électrode. « À ce moment-là, un petit arc traverse l’espace entre le liquide et l’électrode, comme quand vous attrapez une poignée de porte et que vous prenez une décharge », décrit le chercheur.
La seconde passait par l’électrolyse : le courant casse l’eau du jus en hydrogène et en oxygène, un mélange qui s’enflamme facilement. L’équipe a donc équipé ses cornichons d’une caméra rapide et d’un capteur d’hydrogène, raconte Science News le 6 juillet 2026. Résultat : les deux théories avaient chacune leur part de vrai. L’arc existe bel et bien, et c’est lui qui met le feu à l’hydrogène.
« Il y a de l’hydrogène, et c’est l’étincelle qui l’enflamme, pas la chaleur. C’est pour ça qu’on n’allume pas une cigarette dans une station-service. »
Joshua Méndez Harper, professeur assistant en génie électrique (Portland State University)
Le type de courant compte aussi : branché sur du courant continu, le cornichon produit bien de l’hydrogène, mais il ne brille pas. L’oscillation du courant alternatif des prises garderait la poche de vapeur ouverte assez longtemps pour que l’étincelle jaillisse ; le continu la rend instable, selon Science News. Reste l’énigme du bout unique : le cornichon s’allume du côté du bas, le plus juteux, là où la saumure s’accumule. Le communiqué de l’université avance une piste complémentaire : l’hydrogène ne se forme qu’à l’électrode négative.
Pourquoi orange : la signature du sodium
« Vous excitez des ions sodium, qui produisent cette lueur orange caractéristique », résume Joshua Méndez Harper. Le sel de la saumure apporte ce sodium, et chaque atome excité renvoie sa lumière sur une raie spectrale précise : 588,995 et 589,592 nanomètres pour le doublet du sodium, d’après les tables du NIST, l’institut américain de métrologie.
Le chercheur l’assure : un cornichon mariné dans un autre sel prendrait la couleur de ses propres éléments. Des chimistes avaient déjà étendu l’expérience à d’autres légumes en 1996, en mesurant les spectres d’éléments autres que le sodium (Journal of Chemical Education). Le tableau donne, pour quatre éléments courants dans les sels, une raie classée parmi les plus intenses par le NIST. L’énergie de chaque photon s’obtient en divisant 1 239,84 par la longueur d’onde en nanomètres.
| Élément | Raie principale (nm) | Énergie du photon (eV, calcul AAP) | Couleur de la raie |
|---|---|---|---|
| Sodium | 589,0 | 2,11 | jaune orangé |
| Lithium | 670,8 | 1,85 | rouge |
| Potassium | 766,5 | 1,62 | rouge sombre, au bord de l’infrarouge |
| Calcium | 422,7 | 2,93 | violet |
Plus la longueur d’onde est courte, plus le photon emporte d’énergie. Le violet du calcium en porte ainsi 1,6 fois plus que le rouge du lithium.
Et chez nous ?
Une démonstration à laisser aux amphithéâtres
Les lignes basse tension qui alimentent les logements français sont à 230 ou 400 volts, rappelle Enedis. L’université canadienne Simon Fraser monte sa démonstration autour de 120 volts avec un autotransformateur réglable. Elle prévient pourtant que cette tension est « potentiellement mortelle ». Avec presque deux fois plus de volts au bout de la prise, et un gaz qui s’enflamme à chaque étincelle, l’expérience ne se tente pas dans une cuisine.
Pour voir de la physique en vrai sans risque, mieux vaut un stand animé par des chercheurs, comme ceux du programme de la Fête de la science. Simon Fraser déconseille d’ailleurs de faire durer la lueur dans une petite salle : l’odeur de cornichon brûlé y devient vite très forte.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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