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89 121 km² de mer libre se sont ouverts dans la banquise de la baie de Breid le 4 août 2024, soit 16,4 % de la surface de la France métropolitaine. Six rivières atmosphériques intenses et une remontée d’eau plus chaude ont ouvert cette polynie, établit une équipe indienne menée par Jeebanjyoti Swain (Geophysical Research Letters). La baie, en Antarctique de l’Est, reste d’ordinaire soudée sous la glace de juillet à août.
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Le Portugal est à peine plus grand que ce trou d’eau libre. La France métropolitaine couvre 543 965 km² (superficies régionales de l’Insee). Les images satellite du 4 août montrent une tache d’eau sombre fermée de toutes parts par la banquise. La concentration de glace de mer est tombée d’environ 96 % au début de juillet 2024 à moins de 25 % le 30 juillet.
Six « rivières du ciel » et une succion sous la glace
Six rivières atmosphériques ont défilé sur la baie entre juillet et août 2024. Ces couloirs d’air chargé d’humidité partent des latitudes chaudes et montent vers les pôles, d’où leur surnom de « rivières du ciel ». Les vents de nord qui les accompagnaient ont poussé la glace vers le pôle. Ces six passages comptent, selon les auteurs, parmi les plus forts transports d’humidité relevés en milieu d’hiver.
Des vents forts ont ensuite tiré l’eau chaude vers la surface. Cette succion d’Ekman écarte l’eau de surface et la remplace par l’eau circumpolaire profonde, plus chaude. La couche supérieure de l’océan a gagné environ 0,6 °C, et des vagues de chaleur marines s’y sont installées. L’énergie des tourbillons océaniques a augmenté au même moment. La baie de Breid ne regelait plus.
Quatre grandeurs mesurées résument ce que ces six passages ont apporté au-dessus de la baie, et toutes freinent la formation de la glace.
| Grandeur mesurée | Valeur relevée |
|---|---|
| Transport de vapeur d’eau vers le pôle | plus de 600 kg par mètre et par seconde, au-delà du 99e centile |
| Anomalie de réchauffement de l’air | environ 19 °C |
| Chutes de neige | environ 0,9 mm d’équivalent en eau par jour |
| Flux de chaleur | environ 97 watts par mètre carré |
De Maud Rise à la baie de Breid
Deux grandes polynies avaient déjà été attribuées à des rivières atmosphériques, celles de la mer de Weddell en novembre 1973 et en septembre 2017 (Science Advances). Elles s’étaient ouvertes dans la région de Maud Rise. Le transport de vapeur d’eau y dépassait aussi le 99e centile, et la surface s’était réchauffée d’environ 10 °C. Ces deux ouvertures sont arrivées en fin d’hiver ou au printemps austral. Celle de la baie de Breid est arrivée un mois plus tôt dans la saison, en plein hiver.
Chaque hiver, la banquise double à peu près la surface de l’Antarctique. L’hiver 2024, celui de la polynie, reste le deuxième maximum le plus faible du relevé satellite, avec 17,65 millions de km². Le record bas appartient à 2023, avec 17,53 millions. Le maximum de 2026 a été atteint le 11 septembre, à 18,12 millions de km², troisième valeur la plus basse depuis 1979 (note du Met Office). Le Met Office jugeait encore possible, le 21 septembre, un pic plus tardif.
Les quatre maximums d’hiver les plus faibles jamais mesurés se sont tous produits au cours des quatre dernières années (relayé par ScienceAlert). En juin 2026, une étendue de mer grande comme la France n’a pas gelé dans la mer de Bellingshausen.
Ce que la banquise d’hiver protège
La banquise d’hiver flotte : sa disparition ne fait pas monter le niveau de la mer. Elle forme en revanche une ceinture devant les plateformes de glace et les glaciers du continent. Ce sont eux qui peuvent accélérer la montée des eaux. Sans cette ceinture, une plus grande part de la calotte se retrouve exposée à une eau de mer qui se réchauffe. C’est cette exposition qui inquiète les scientifiques.
Les réseaux alimentaires de l’océan Austral dépendent du retour de cette glace chaque hiver. Au front du glacier Thwaites, en Antarctique de l’Ouest, AAP relevait 245 séismes glaciaires le 2 septembre 2026, inaudibles pour les réseaux mondiaux.
Les auteurs relient la multiplication de ces ouvertures au renforcement des rivières atmosphériques et au réchauffement des couches supérieures de l’océan Austral. Selon eux, banquise basse et polynies pourraient devenir fréquentes là où la glace d’hiver était jusqu’ici stable.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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