![]()
Vous n’avez pas besoin d’aller en Asie du Sud-Est pour voir des canards désherber une rizière. À Saint-Gilles, dans le Gard, Bernard Poujol lâchait en 2019 1 400 canards de race mulard sur près de 30 hectares de riz bio (France 3 Occitanie, 16 juillet 2019). Les canetons entraient dans les casiers après la mise en eau et y travaillaient jusqu’à la mi-août, avant la récolte de septembre.
La méthode a un nom au Japon : l’aigamo. Elle est empruntée aux traditions rizicoles japonaise et chinoise. Les canards avalent les adventices, leurs graines et les insectes, mais pas les tiges de riz, trop fibreuses pour eux. « Ils entretiennent le sol en le débarrassant des mauvaises herbes, ils stimulent les racines de la plante avec leurs pattes et leur bec », expliquait Bernard Poujol à France 3 en 2019.
150 canards à l’hectare, le repère de la FAO
Une fiche de la FAO documente le système riz-canards dans la région de Bicol, aux Philippines. Après essais, le projet y recommande environ 150 canards par hectare, dans une fourchette de 20 à 400 selon les pratiques. Le rendement ressort supérieur de 20 % et le revenu net supérieur de 50 % à ceux de la conduite classique. L’organisation y voit une option d’adaptation au changement climatique, parce que les canards font baisser le coût du désherbage et des intrants. Le projet philippin a tourné de décembre 2010 à avril 2011, dans six communes de la région. La méthode est créditée à l’agriculteur japonais Takao Furuno, qui l’a mise au point en 1989.
À Saint-Gilles (Gard), 1 400 canards désherbaient en 2019 près de 30 hectares de riz bio, soit 47 oiseaux par hectare (France 3 Occitanie, 16 juillet 2019). Le projet FAO de Bicol en recommande environ 150. Trente hectares, c’est l’équivalent d’une quarantaine de terrains de football. Trois fois sous le repère du projet philippin, mais dans la fourchette citée par la FAO.
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Deux tonnes à l’hectare au domaine Sainte-Cécile
À Arles, Michel et Corinne Mégias ont converti le domaine Sainte-Cécile au bio en 2011 (Le Bimsa, 29 décembre 2023). Le riz occupe 15 hectares sur les 170 de l’exploitation, soit 10 % de sa production. Il ne revient qu’un an sur neuf dans la rotation, derrière cinq ans de luzerne, du blé tendre, des lentilles et du tournesol. Le rendement plafonne à deux tonnes par hectare, et la méthode aux canards reste en rodage.
« Elle est difficile à appliquer et éprouvante. Nous déplorons beaucoup de pertes, de problèmes comme les attaques de renards, la présence de sangliers. »
Corinne Mégias, riziculteuse au domaine Sainte-Cécile (Arles)
Le calendrier laisse peu de marge. Les adventices sont d’abord laissées pousser, puis détruites avant l’assèchement et le semis, fin avril ou début mai. La mise en eau suit, et les canetons de quelques semaines prennent le relais casier par casier, un millier à la fois.
Une niche dans une filière de 16 000 hectares
La riziculture camarguaise a gagné 2 000 hectares en un an. Les surfaces sont passées de 14 000 hectares en 2024 à 16 000 en 2025, pour une production d’environ 80 000 tonnes (La France Agricole, 25 septembre 2025). Le Centre français du riz y compte environ 300 producteurs et 2 000 emplois directs. Plus de 90 % de la riziculture française se situe en zone protégée, et plus de 90 % de la production camarguaise est classée en IGP Riz de Camargue.
Bernard Poujol se présentait en 2019 comme le premier en Europe à conduire ainsi ses rizières. Il est depuis parti à la retraite, et le domaine Sainte-Cécile dit s’être inspiré de sa méthode (Le Bimsa).
Le prix tient le système à flot : le riz camarguais est payé environ 20 % au-dessus du cours européen, lui-même autour de 500 euros la tonne. L’alternative mécanique suppose des passages d’engins sur un sol gorgé d’eau, et des mesures de tassement en chantier montrent à quelle vitesse une parcelle encaisse le poids des machines.
Mises côte à côte, les trois échelles ne jouent pas dans la même catégorie.
| Système | Surface en riz | Canards | Donnée de résultat |
|---|---|---|---|
| Saint-Gilles (Gard), 2019 | près de 30 ha | 1 400 mulards, soit 47 par hectare | riz bio, désherbage assuré par le troupeau |
| Domaine Sainte-Cécile, Arles | 15 ha sur 170 | nombre non communiqué | 2 tonnes par hectare, bio depuis 2011 |
| Repère FAO, Bicol (Philippines) | non communiquée | environ 150 par hectare | +20 % de rendement, +50 % de revenu net |
| Riziculture camarguaise, ensemble | 16 000 ha en 2025 | sans objet | environ 80 000 tonnes par an |
La récolte faite, les canards de Saint-Gilles finissaient transformés et vendus à la ferme.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grippe et Covid : la campagne s’ouvre le 13 octobre, et un seul rendez-vous suffit - 2
Ballon d’or : qui est le journaliste français qui vote, et combien pèse sa voix - 3
Ce qui change au 1er octobre 2026 : APL, gaz, franchises - 4
6 prix Nobel 2026 annoncés du 5 au 12 octobre, l’heure de Paris prix par prix - 5
Mont Royal, 3 803 m de dénivelé aux Mondiaux de Montréal
Nos dossiers
- Océan82
- Record du monde35
- Espace38
- Histoire89
- Famille96
- Évolution77
- Pouvoir d’achat123
- Climat119
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

