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Le disque du Soleil portait au printemps 1947 une tache large comme quarante Terres. Ce groupe couvrait environ 0,6 % de la face visible de l’étoile, et il reste le plus vaste enregistré depuis 1859. L’Institut Max-Planck de recherche sur le système solaire vient d’en tirer une conclusion inattendue. Une région magnétique de cette taille pouvait alimenter une superéruption, ce sursaut de rayonnement observé jusqu’ici sur d’autres étoiles seulement. L’étude de Natalie Krivova et de ses collègues est parue le 10 septembre 2026 dans Philosophical Transactions of the Royal Society A.
« Notre Soleil a un potentiel de superéruption », déclare Natalie Krivova, première autrice. « Il peut produire des taches gigantesques qui, en principe, peuvent servir de point de départ aux bouffées de rayonnement les plus extrêmes » (Max-Planck-Gesellschaft, 10 septembre 2026). Le seuil retenu pour parler de superéruption est de 1034 erg. Les étoiles semblables à la nôtre en produisent une tous les cent ans environ, et une telle bouffée libère plus d’énergie que des milliers de milliards de bombes à hydrogène.
Trois cents éruptions pour tracer un plafond
L’équipe a repris les observations du Solar Dynamics Observatory de la NASA entre 2010 et 2016. Pour chacune des trois cents éruptions les plus fortes de cette période, elle a rapproché l’énergie libérée de la surface de la région active qui l’avait vue naître. Trois cents éruptions, sept années d’observation. Les bouffées les plus violentes naissent dans des régions au magnétisme complexe. La courbe haute de ce nuage de points, prolongée jusqu’à la surface du groupe de 1947, atteint quelques fois 1034 erg.
Aucune éruption de ce calibre n’a jamais été mesurée sur le Soleil. La relation décrit un plafond statistique et n’annonce aucune date. Les taches ne sont relevées systématiquement que depuis quatre siècles environ, alors que les troncs d’arbres anciens et les carottes de glace gardent la trace de bombardements de particules autrement plus violents. La tempête de 1859 avait déjà poussé des aurores jusqu’aux Caraïbes et fait crépiter les récepteurs des bureaux du télégraphe.
Et chez nous ?
Ce que la France a au bout de ses lignes
Le réseau français de transport d’électricité aligne plus de 106 000 kilomètres de lignes aériennes en 2026. S’y ajoutent environ 8 000 kilomètres de liaisons souterraines et sous-marines (RTE). Cette longueur compte. Au Québec, le socle rocheux empêche le courant induit de s’écouler dans le sol, et les très longues lignes l’encaissent à sa place (Hydro-Québec). Le 13 mars 1989 à 2 h 44, les protections du réseau ont sauté et la province est restée plus de neuf heures sans électricité.

Le reste de la facture se répartit sur des services plus discrets. Le CNES cite le positionnement par satellite, les télécommunications, les secours, les transports et l’exposition des équipages en vol. Les transformateurs des postes électriques figurent aussi parmi les équipements endommageables. En France, l’OFRAME réunit depuis 2018 des scientifiques et des ingénieurs qui fournissent données et services à l’aviation civile, aux banques, aux assureurs et aux armées.
Les dégâts déjà constatés se rangent par domaine.
| Domaine | Effet constaté | Quand |
|---|---|---|
| Réseau électrique | Des millions de Québécois privés de courant, protections du réseau déclenchées | 13 mars 1989 |
| Satellites | Une quarantaine de satellites de télécommunication de SpaceX perdus | Février 2022 |
| Postes électriques | Transformateurs cités parmi les équipements endommageables | Risque identifié |
| Aviation | Cartes de rayonnement solaire pour limiter l’exposition des équipages | Usage courant |
| Navigation et télécoms | Positionnement et liaisons satellite perturbés, secours et transports concernés | Pendant les tempêtes |
Voir venir plutôt que subir
L’Agence spatiale européenne prépare Vigil, une sonde qui prendra poste au cinquième point de Lagrange, à 150 millions de kilomètres du Soleil comme de la Terre (ESA). Depuis la Terre, une région active ne se voit qu’une fois qu’elle a basculé de notre côté. De ce belvédère latéral, la sonde surveillera la portion de l’étoile qui n’a pas encore tourné vers nous et enverra un flux quasi temps réel. Lancement prévu en 2031. D’ici là, la veille repose sur les instruments déjà en orbite.
La NASA détaille en vidéo la façon dont se lit l’échelle des éruptions solaires.
Le groupe de taches d’avril 1947 n’a laissé derrière lui qu’une mesure de surface. C’est elle qui fixe désormais la borne haute de ce que notre étoile sait produire.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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