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8,8 millions d’années : c’est l’âge de la molaire de capybara exhumée dans le désert d’Atacama et décrite le 5 septembre 2026 dans la revue Scientific Reports. Le fossile vient du site d’El Morro, sur la côte pacifique du nord du Chili, et il était pris dans un dépôt marin. Il appartient au genre éteint Cardiatherium, un proche parent des capybaras actuels. « Trouver une dent de capybara dans un dépôt marin de ce qui est aujourd’hui l’une des régions les plus sèches de la Terre, c’est proprement aberrant », dit Priscilla Martinez. Elle est doctorante en géosciences à l’université d’Arizona et coautrice de l’étude.
Elle mesure moins de deux centimètres. C’est une portion de troisième molaire supérieure, trouvée par la paléontologue Carolina S. Gutstein, première autrice de l’article. Le site d’El Morro se trouve à quelques kilomètres de Cerro Ballena, le gisement de baleines fossiles de la côte chilienne. Le spécimen est conservé au Museo Paleontológico de Caldera, et la datation du niveau l’encadre entre 9,6 et 7,9 millions d’années, selon le compte rendu du gisement.
Ce qu’une dent dit d’un climat
Les capybaras actuels ont besoin d’eau en quantité et d’une végétation de zone humide pour prospérer. Cardiatherium avait les mêmes exigences, et il n’est pas arrivé seul dans le dépôt d’El Morro.
Le même niveau a livré des poissons d’eau douce et des gavials, ces crocodiliens à long museau qui vivent en rivière. Les phytolithes, ces grains de silice que les plantes fabriquent dans leurs tissus, forment jusqu’à 95 % de types forestiers dans un échantillon. Les graminées y sont rares, et des palmiers accompagnent des plantes à fleurs. « Pensez au sud de la Californie ensoleillé, plein de palmiers », propose Priscilla Martinez dans le communiqué de l’université. Des phoques et des oiseaux marins figurent dans le même dépôt : le littoral existait déjà, et l’eau douce arrivait jusqu’à lui.
Six indices dans le même dépôt, et aucun ne s’accommode d’un désert.
| Indice trouvé à El Morro | Milieu qu’il suppose |
|---|---|
| Molaire de Cardiatherium, capybara éteint | Zones humides d’eau douce et végétation de berge |
| Gavials | Cours d’eau douce permanents |
| Poissons d’eau douce | Rivières ou lagunes reliées au continent |
| Phytolithes forestiers, jusqu’à 95 % d’un échantillon | Couvert boisé, graminées rares |
| Palmiers et plantes à fleurs | Climat chaud et humide |
| Phoques et oiseaux marins | Un littoral, dans le même dépôt |
Le mélange est l’argument central : faune marine et faune d’eau douce se côtoient dans un seul niveau, ce qui suppose un fleuve ou des lagunes débouchant sur la mer.

Quarante millions d’années d’aridité, vraiment ?
La version des manuels fait de l’Atacama la plus ancienne région continûment sèche du globe, aride depuis environ 40 millions d’années. « Trouver ce capybara, dont chacun conviendra qu’il n’est en rien un animal du désert, à cet endroit, va bousculer beaucoup d’idées sur l’histoire de l’Atacama », prévient Mark Clementz, paléobiologiste à l’université du Wyoming. Sa collègue Barbara Carrapa raconte la réaction de l’équipe : « Ils ne sont pas censés être là. »
L’article conclut à un Atacama nettement plus humide au Miocène supérieur, avec des zones humides durables et une intégration hydrologique à l’échelle du continent. Autour de 8,8 millions d’années, la côte chilienne portait une plaine arrosée là où s’étend aujourd’hui une bande minérale.
L’hypothèse des 40 millions d’années n’est pas enterrée pour autant. Les auteurs documentent une fenêtre humide à un endroit précis de la côte, et laissent ouverte la question du reste du désert.
Les corrections arrivent parfois par un seul objet. Une grenouille du Costa Rica a vécu soixante ans sous le mauvais nom, et un cratère du Québec a attendu un astronome amateur pour être identifié.
La route du capybara jusqu’au Pacifique
Comment un rongeur d’eau douce atteint-il la côte du Chili ? Les auteurs proposent un trajet antihoraire par des zones humides côtières de basse altitude : Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou, puis nord du Chili. Le titre de l’article le dit en toutes lettres : une voie de dispersion transcontinentale.
Ce couloir suppose des milieux humides reliés les uns aux autres tout le long du Pacifique. La même bande côtière sépare aujourd’hui les populations de capybaras au lieu de les relier.
Le capybara occupe aujourd’hui presque toute l’Amérique du Sud. Le Chili reste la seule exception.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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