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Un gecko aux faux cils est réapparu sur l’île des Pins dans les années 1990. Aaron Bauer et Ross Sadlier venaient de le ranger parmi les espèces peut-être éteintes, dans un bilan publié en 1993. Le zoologiste français Guichenot l’avait nommé en 1866.
Le gecko à crête est endémique de Nouvelle-Calédonie, classé vulnérable par l’UICN depuis l’évaluation du 11 décembre 2017, et élevé par dizaines de milliers en captivité dans le monde. Ses écailles dressées au-dessus des yeux lui valent son nom, du latin cilium, le cil. The Reptile Database en fait l’un des lézards de compagnie les plus répandus. La même fiche le classe « rare » à l’état sauvage.
Une espèce donnée pour peut-être éteinte en 1993
Endemia, la base de référence de la biodiversité calédonienne, décrit un « gécko géant crêté » présent dans la région centrale et sud de la Grande Terre, à l’île des Pins et, plus récemment, au nord à Néhoué. Il vit dans les forêts humides, côtières et de montagne, entre 150 et 1 000 mètres d’altitude. Le corps mesure environ 130 millimètres et la queue autant, à peu près la longueur d’une règle d’écolier.
Les menaces y sont nommées une à une : la fourmi électrique Wasmannia auropunctata, introduite et envahissante, les rats et les chats, les feux de brousse, les défrichements agricoles et miniers. La fiche cite aussi « les collectionneurs qui pratiquent un commerce illégal ». L’espèce est protégée en province Sud comme en province Nord.
Le code de l’environnement provincial interdit pour ces espèces « la destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la chasse, la pêche, la mutilation, la destruction, la consommation, la capture ou l’enlèvement ». Leur milieu est couvert par la même interdiction de « destruction, altération ou dégradation ». La province Sud rappelle que 90 % des reptiles terrestres du territoire sont endémiques, contre 55 % des chauves-souris.
Les Yungas boliviens ont livré un félin inédit, le Queensland un phasme géant : la liste des animaux décrits ou retrouvés tardivement continue de s’allonger.

Ce que la révision de 2012 a changé
En 2012, quatre herpétologues publient dans Zootaxa une révision de 52 pages des geckos géants calédoniens. Aaron Bauer, Todd Jackman, Ross Sadlier et Anthony Whitaker y confrontent gènes mitochondriaux et nucléaires. Le genre Correlophus, créé par Guichenot puis abandonné au profit de Rhacodactylus, y est ressuscité pour le gecko à crête et pour Correlophus sarasinorum. Deux genres neufs apparaissent, Mniarogekko et Paniegekko. Deux espèces sont décrites dans la foulée, Correlophus belepensis et Mniarogekko jalu. Guichenot avait vu juste en 1866.
Sept lignes résument le nouvel ordre des noms.
| Nom avant 2012 | Nom retenu depuis 2012 | Décision de la révision |
|---|---|---|
| Rhacodactylus ciliatus | Correlophus ciliatus | Genre Correlophus ressuscité |
| Rhacodactylus sarasinorum | Correlophus sarasinorum | Genre Correlophus ressuscité |
| Rhacodactylus chahoua | Mniarogekko chahoua | Genre Mniarogekko créé |
| Rhacodactylus leachianus | Rhacodactylus leachianus | Maintenu |
| Rhacodactylus auriculatus | Rhacodactylus auriculatus | Maintenu |
| Rhacodactylus trachyrhynchus | Rhacodactylus trachyrhynchus | Maintenu, absorbe trachycephalus |
| Bavayia madjo | Paniegekko madjo | Genre Paniegekko créé |
Domestiqué en moins de vingt ans
Le génome complet du gecko à crête a été publié le 15 novembre 2024 dans la revue G3 : 1,66 gigabase, 19 chromosomes, 21 065 gènes codants. Les auteurs justifient l’intérêt porté à l’espèce par une raison commerciale autant que scientifique. Elle est « largement gardée comme animal de compagnie dans de nombreux pays », facile à nourrir et à reproduire, avec un fort taux de survie. Ils parlent d’une domestication et d’un élevage généralisés « en moins de vingt ans ».
La facilité d’élevage a fait le reste : les chercheurs y voient un candidat aux expériences d’édition génétique CRISPR-Cas9, faute de quoi il faudrait prélever des animaux sauvages. Le portail CITES du ministère de la Transition écologique range l’espèce à l’annexe D du règlement européen (CE) n° 338/97, applicable depuis le 1er juin 1997 : voir la fiche taxon.
Quatorze ans après la révision, l’animal s’appelle toujours Rhacodactylus ciliatus sur ce portail.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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