Une femme d’une cinquantaine d’années attend, sa lettre d’invitation à la main, devant une salle de mammographie.

Dépistage du cancer du sein : 47,5 % de participation, et six régions à contre-courant

47,5 % des femmes de 50 à 74 ans invitées ont fait leur mammographie en 2025, mais la moyenne sur deux ans continue de glisser. Six régions remontent le courant, et Santé publique France pointe un frein rarement cité : l’accès à la machine.

Sommaire
  1. En bref
  2. Le taux qui compte est celui qui lisse deux années
  3. Six régions remontent, La Réunion décroche
  4. Le frein que l’affiche rose ne montre pas
  5. Ce que le programme ne compte pas
  6. Ce qui se passe quand on y va
  7. Questions courantes

Panorama

47,5 % des Françaises de 50 à 74 ans invitées ont fait leur mammographie de dépistage en 2025. Moins d’une sur deux. Le chiffre est celui du programme national de dépistage organisé du cancer du sein, généralisé en 2004, et il tombe à quelques jours de l’ouverture d’Octobre rose, le 1er octobre.

Il remonte pourtant, après une année 2024 tombée à 43,9 %. Le programme invite chaque femme tous les deux ans : le taux annuel monte et redescend en alternance, sans que rien ne change au fond. Santé publique France publie pour cette raison une moyenne lissée sur deux années glissantes. C’est elle qui dit la tendance.

En bref

  • Moins d’une femme invitée sur deux réalise sa mammographie de dépistage : 45,7 % en moyenne sur 2024-2025, contre 46,6 % sur 2022-2023.
  • La baisse est installée depuis le milieu des années 2010 et touche toutes les tranches d’âge, sauf les 50-54 ans, récemment stabilisées.
  • Six régions hexagonales regagnent des participantes : Normandie, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Corse. La Réunion décroche nettement.
  • Santé publique France cite des problèmes d’accès à la mammographie, liés à la baisse générale de l’offre en sénologie.
  • En comptant les mammographies prescrites hors programme, le ministère de la Santé estime le taux global proche de 60 %. L’objectif européen est de 70 %.

Le taux qui compte est celui qui lisse deux années

Sur 2024-2025, 45,7 % des femmes de 50 à 74 ans invitées au dépistage organisé du cancer du sein en France ont réalisé leur mammographie, contre 46,6 % sur 2022-2023, selon Santé publique France. L’agence publie la série complète depuis 2005. Neuf dixièmes de point perdus en deux ans, et une pente qui s’installe depuis le milieu des années 2010.

La baisse concerne toutes les tranches d’âge. Une seule y échappe : les 50-54 ans, dont la participation s’est récemment stabilisée. C’est la tranche qui reçoit les premières invitations du programme, et c’est la seule bonne nouvelle de la série.

Vu année par année, le programme donne le tournis : l’ARS Île-de-France relevait 48,2 % en 2023 et 44,8 % en 2022. Une année haute, une année basse, et ainsi de suite. Sur dix invitations glissées dans une boîte aux lettres, un peu plus de cinq restent sans suite.

Le dispositif a par ailleurs changé de forme en janvier 2024 : sa réorganisation a modifié le ciblage, le rythme et les modalités d’invitation. Certaines données d’invitations restent incomplètes depuis ce basculement.

Six régions remontent, La Réunion décroche

Le bulletin national compare les deux périodes glissantes, région par région. Dans l’Hexagone, six régions seulement gagnent des participantes entre 2022-2023 et 2024-2025. Les sept autres en perdent. Outre-mer, hors Mayotte, la Guadeloupe progresse légèrement, la Martinique et la Guyane stagnent, et La Réunion recule nettement. La comparaison porte sur des périodes de deux ans, seule façon de neutraliser l’alternance du rythme biennal.

Sens de l’évolution de la participation au dépistage organisé du cancer du sein entre 2022-2023 et 2024-2025, par région (source : Santé publique France, bulletin national publié le 6 juillet 2026 ; Mayotte non suivie).
RégionÉvolution 2024-2025 vs 2022-2023
Auvergne-Rhône-AlpesEn hausse
Bourgogne-Franche-ComtéEn baisse
BretagneEn baisse
Centre-Val de LoireEn baisse
CorseEn hausse
Grand EstEn baisse
Hauts-de-FranceEn hausse
Île-de-FranceEn baisse
NormandieEn hausse
Nouvelle-AquitaineEn hausse
OccitanieEn hausse
Pays de la LoireEn baisse
Provence-Alpes-Côte d’AzurEn baisse
GuadeloupeLégère hausse
GuyaneStagnation
MartiniqueStagnation
La RéunionBaisse marquée
France entière45,7 % contre 46,6 %

Le sens de la pente ne dit pas le niveau. Une région qui remonte peut partir de très bas, et la carte départementale publiée pour 2025 montre des écarts marqués à l’intérieur même des régions. Le voisinage immédiat compte donc autant que la couleur de la région sur la carte.

Salle de mammographie vide, l’appareil de dépistage au centre de la pièce.
Six régions hexagonales regagnent des participantes, sept en perdent.

Le frein que l’affiche rose ne montre pas

Santé publique France ne s’arrête pas au constat. L’agence signale « des problèmes d’accès à la mammographie, conséquences potentielles de la baisse générale de l’offre en sénologie », régulièrement rapportés au niveau local.

Le sujet est monté jusqu’au Parlement. Interrogée sur un département où la participation plafonnait à 42,6 %, la ministre de la Santé a répondu le 4 février 2025 qu’un arrêté du 16 janvier 2024 ouvre la possibilité d’unités mobiles en cas d’éloignement, à condition qu’« un médecin, nécessairement formé à la radioprotection, soit présent ». La réponse ajoute qu’« une étude est actuellement conduite en Normandie pour évaluer l’intérêt de ce type de dispositif ». Elle décrit l’unité mobile comme une possibilité encadrée, pas comme une solution générale.

La Normandie figure parmi les six régions qui remontent. L’étude n’explique pas ce redressement. Elle dit en revanche où se joue la partie : devant la machine, pas devant l’affiche.

Le dépistage organisé suppose une invitation, un cabinet agréé et un radiologue disponible. Quand l’un des trois manque, la lettre reste une lettre.

Ce que le programme ne compte pas

Le taux de participation ne mesure que le programme. Les femmes qui passent une mammographie sur prescription, hors invitation, n’y figurent pas. Le ministère de la Santé les évalue à « 10 % de femmes de 50 à 74 ans se faisant dépister dans le cadre d’une démarche de détection individuelle ». En les ajoutant, « le taux de participation global se rapproche de 60 % », écrit-il, « l’objectif européen étant de 70 % ».

Ce périmètre a une conséquence très concrète. Une femme suivie par son gynécologue depuis vingt ans, et dépistée régulièrement hors programme, compte comme une non-participante. Le taux mesure la couverture du programme, pas celle du dépistage.

Trois chiffres, trois périmètres. Alignés, ils dessinent un escalier que le mois rose ne monte pas.

Le programme organisé plafonne à 45,7 % sur 2024-2025 ; même en y ajoutant les mammographies prescrites hors programme, l’estimation du ministère de la Santé reste dix points sous l’objectif européen. Le taux global proche de 60 % est une estimation et non une mesure, et les trois chiffres ne portent pas sur la même période.
Le programme organisé plafonne à 45,7 % sur 2024-2025 ; même en y ajoutant les mammographies prescrites hors programme, l’estimation du ministère de la Santé reste dix points sous l’objectif européen. Le taux global proche de 60 % est une estimation et non une mesure, et les trois chiffres ne portent pas sur la même période.
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L’écart entre le programme seul et l’objectif européen atteint 24,3 points. Rapporté aux dix millions de femmes que vise le dépistage organisé, il pèse de l’ordre de 2,4 millions de mammographies. Environ 2 620 500 femmes en ont réalisé une en 2023 : l’écart à l’objectif européen représente donc près d’une année entière de programme. Même en retenant l’estimation la plus favorable, il manque dix points.

Ce qui se passe quand on y va

Au stade le plus précoce, le cancer du sein « est guéri dans 87 % des cas », rappelle l’ARS Île-de-France. Il représente 33 % des cancers féminins, avec 61 214 nouveaux cas estimés chez la femme en France en 2023. Le dépistage ne change pas ces tumeurs : il change leur taille au moment où le traitement commence.

Le programme s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans « sans autre facteur de risque que leur âge », précise l’Institut national du cancer. L’examen associe une mammographie et un examen clinique des seins. Une tumeur trouvée petite et sans atteinte des ganglions se traite plus légèrement : limiter les séquelles du traitement fait partie de l’objectif affiché, au même titre que la survie. L’institut en a filmé le déroulé.

Vidéo : Institut national du cancer

Le dépistage avance l’heure du diagnostic, il ne remplace pas le soin. Les traitements progressent de leur côté, jusqu’à des cellules CAR-T qui ont fait disparaître une tumeur du foie chez un enfant de 3 ans.

Mains gantées d’un professionnel de santé réglant un appareil de mammographie.
L’examen associe une mammographie et un examen clinique des seins.

Questions courantes

Le dépistage organisé est-il gratuit ?
Oui. Dans le cadre du programme, la mammographie et l’examen clinique des seins sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais.

Que vaut une mammographie jugée normale ?
Elle est systématiquement relue par un second radiologue expérimenté. Environ 6 % des cancers détectés par le programme le sont grâce à cette seconde lecture.

Quand reçoit-on les résultats ?
Un premier résultat est donné immédiatement après l’examen. Les résultats définitifs, après seconde lecture, arrivent sous deux semaines.

L’invitation arrive tous les deux ans, par courrier, par mail ou par SMS. Elle ne périme pas le 31 octobre.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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