Un abri météorologique blanc et ajouré posé dans un pré, en plein soleil d’été.

Humidex : le « ressenti » de Météo-France est un indice canadien, pas une température

Le « ressenti » des bulletins français n'est pas une température mais l'Humidex, l'indice en usage au Canada. Ce qu'il combine, à partir de quel seuil il s'affiche, pourquoi il est calculé à l'ombre, et où commence vraiment le danger sur chacune des deux échelles en circulation.

Sommaire
  1. Que mesure exactement un « ressenti » ?
  2. Pourquoi l’humidité fait-elle autant grimper le chiffre ?
  3. Pourquoi ce chiffre est-il toujours calculé à l’ombre ?
  4. Heat index, Humidex, « ressenti » : le même chiffre ?
  5. À partir de quel ressenti faut-il s’inquiéter ?
  6. Le vent fait-il baisser le ressenti ?

Décryptage

Publié le 15 septembre 2026 · Mis à jour le 28 septembre 2026 à 15h54

49,4 °C de ressenti pour un air à 35,6 °C. C’est l’exemple officiel que publie le service météo américain pour une humidité relative de 65 %, et il résume tout le malentendu : le « ressenti » n’est pas une température, c’est un indice qui estime la peine qu’a le corps à évacuer sa chaleur. Il est établi à l’ombre et pour un vent léger.

Que mesure exactement un « ressenti » ?

La difficulté du corps à se refroidir, pas l’état de l’atmosphère. La définition de Météo-France range ces valeurs sous le terme générique d’« indice de confort thermique » et rappelle que le nombre affiché, malgré son allure de degré, « est un indice sans unité, pas une température réelle ». Il dépend aussi de ce que la station météo ignore : les vêtements portés, le type d’activité pratiquée, l’acclimatation au milieu. Deux personnes debout au même endroit n’éprouvent pas la même chose, et l’indice ne prétend pas trancher entre elles.

Pourquoi l’humidité fait-elle autant grimper le chiffre ?

Parce qu’elle bloque le seul système de refroidissement dont le corps dispose. L’organisme maintient sa température interne autour de 37 °C en produisant de la sueur, qui refroidit la peau en s’évaporant ; plus l’air est déjà chargé en eau, moins cette évaporation se fait, rappelle l’agence canadienne CCOHS. D’où l’ampleur de l’écart dans l’exemple américain : à 65 % d’humidité, un air à 35,6 °C produit un indice supérieur de près de 14 °C à la valeur lue au thermomètre. L’humidité ne réchauffe rien, elle empêche de se refroidir.

Pourquoi ce chiffre est-il toujours calculé à l’ombre ?

Parce que c’est la convention de mesure de toute la météorologie : la température de l’air se relève sous un abri blanc et ajouré, à 1,5 m du sol, protégé des précipitations et du rayonnement du soleil comme de la terre. L’indice qui en dérive hérite de cette condition. Le service américain l’écrit sans ambiguïté : ses valeurs valent pour l’ombre et un vent léger, et l’exposition au plein soleil peut les faire monter de 15 °F, soit 8,3 °C. Son exemple à 49,4 °C passerait donc à 57,8 °C sur un trottoir sans arbre, dans la catégorie « danger extrême » de sa propre échelle.

Heat index, Humidex, « ressenti » : le même chiffre ?

Non, et c’est ce qui rend deux bulletins incomparables. En France, le « ressenti » publié par Météo-France est l’Humidex, un indice sans unité indiqué dès que la température de l’air dépasse 15 °C, et non une température réelle (Météo-France, septembre 2026). Sous 10 °C, c’est le Windchill qui prend le relais, calculé à partir du vent et de la température. Le Canada emploie ce même Humidex ; les États-Unis, eux, publient un heat index exprimé en degrés Fahrenheit. Les deux combinent chaleur et humidité, mais ils ne partagent ni formule ni graduation : ce sont deux nombres pour la même météo.

Deux indices de chaleur, deux échelles (sources : National Weather Service, Météo-France, CCOHS).
CritèreHeat index (NWS, États-Unis)Humidex (Canada et Météo-France)
Ce qu’il combineTempérature de l’air et humidité relativeTempérature de l’air et humidité de l’air
Ce qu’affiche le chiffreDes degrés FahrenheitUn nombre sans unité
À partir de quandL’échelle publiée démarre à 80 °F, soit 26,7 °CIndiqué au-dessus de 15 °C par Météo-France
Premier palier d’alerte« Danger » à 103 °F, soit 39,4 °C« Grand inconfort » de 40 à 45
Palier supérieur« Danger extrême » à 125 °F, soit 51,7 °C« Dangereux » à 46 et plus

À partir de quel ressenti faut-il s’inquiéter ?

L’échelle américaine classe 80 à 90 °F en simple prudence : fatigue possible en cas d’exposition prolongée ou d’effort. De 90 à 103 °F, crampes, épuisement et coup de chaleur deviennent possibles. Au-delà de 103 °F (39,4 °C), crampes et épuisement sont jugés probables et le coup de chaleur possible ; à partir de 125 °F (51,7 °C), il devient très probable. Côté Humidex, 40 à 45 signifie « grand inconfort, éviter l’effort », et 46 ou plus « dangereux, coup de chaleur possible ».

Une place de ville coupée en deux à midi : d’un côté des passants assis de dos à l’ombre d’un arbre, de l’autre le pavé vide en plein soleil.
Les paliers de danger des indices de chaleur sont établis pour l’ombre : au soleil, le service américain compte jusqu’à 15 °F de plus.

Ces paliers valent pour un corps au repos et à l’ombre. L’effort déplace tout le curseur vers le bas : AAP mesurait le 21 juillet 2026, sur la canicule au travail, 3 % de production horaire perdus par degré au-dessus de 30 °C, bien avant que le moindre seuil d’indice ne soit franchi.

Le vent fait-il baisser le ressenti ?

Pas toujours, et c’est le second piège de la lecture d’un bulletin d’été. Tant que l’air reste plus frais que la peau, le vent accélère l’évaporation de la sueur et soulage réellement. Passé ce point, il apporte plus de chaleur qu’il n’en emporte : le service américain prévient que des vents forts, en particulier sur un air très chaud et très sec, peuvent se révéler extrêmement dangereux. L’indice de refroidissement éolien, lui, ne reprend la main que sous 10 °C, à l’autre bout de l’année.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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