Gros plan d’une dalle de roche sédimentaire rougeâtre couverte de petits anneaux minéraux clairs en forme de taches, éclairée en lumière rasante.

Deux annonces de vie extraterrestre en 2025 : les astrobiologistes n’ont pas suivi

Sur les deux « découvertes de vie » de 2025, 6,6 % des astrobiologistes sondés adhèrent pour l’exoplanète K2-18 b et 15,1 % pour la roche martienne de Cheyava Falls. Soit 2,3 fois plus d’adhésion pour Mars, et une communauté qui a surtout basculé vers l’indécision.

Mise en perspective

On a cru deux fois trouver la vie ailleurs en 2025, sauf que les spécialistes du sujet n’ont pas suivi. Interrogés par l’université de Durham dans les jours suivant chaque annonce, 6,6 % des astrobiologistes estiment qu’une vie extraterrestre a probablement été détectée sur l’exoplanète K2-18 b, contre 15,1 % pour la roche martienne de Cheyava Falls (Nature Astronomy, 5 juin 2026).

L’enquête est signée C-SCOPE, le centre de sondage de la communauté scientifique de l’université de Durham. Elle est parue le 5 juin 2026 dans Nature Astronomy, sous la signature de Peter Vickers et de quatre collègues de Durham, Oxford et Édimbourg, et repose sur des centaines de réponses recueillies dans le monde entier.

Le fait

Deux annonces ont fait les gros titres en 2025. En avril, une équipe rapporte dans l’Astrophysical Journal Letters des traces possibles de sulfure de diméthyle dans l’atmosphère de K2-18 b, une molécule que l’on associe sur Terre à l’activité biologique. En septembre, la NASA annonce que la roche Cheyava Falls, prélevée par le rover Perseverance dans le cratère Jezero, porte une « biosignature potentielle » : des « taches de léopard » minérales où se côtoient vivianite et greigite. L’agence définit ce terme comme « une substance ou une structure qui pourrait avoir une origine biologique, mais qui nécessite davantage de données ou d’analyses avant toute conclusion ». Le carottage, baptisé Sapphire Canyon, avait été prélevé en juillet 2024 et n’a été publié qu’après une année d’évaluation par les pairs, dans Nature.

Le sondage met des chiffres sur ce que la communauté en a pensé, à quelques jours de chaque annonce. Sur l’exoplanète : 6,6 % d’accord, 28,0 % de neutres, 35,1 % en désaccord ferme, et près des deux tiers en désaccord au total. Sur la roche martienne : 15,1 % d’accord, 44,6 % en désaccord, 40,3 % de neutres, et un désaccord ferme retombé à 11,1 %.

Mis face à face, les deux verdicts ne se ressemblent pas.

La roche martienne emporte 15,1 % d’adhésion contre 6,6 % pour l’exoplanète : dans les deux cas, la conviction reste très minoritaire. Enquête menée dans les jours suivant chaque annonce auprès de répondants volontaires de la communauté astrobiologique.
La roche martienne emporte 15,1 % d’adhésion contre 6,6 % pour l’exoplanète : dans les deux cas, la conviction reste très minoritaire. Enquête menée dans les jours suivant chaque annonce auprès de répondants volontaires de la communauté astrobiologique.
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Réponses à l’affirmation « les scientifiques ont probablement trouvé une vie extraterrestre », en % des astrobiologistes répondants (Nature Astronomy, 5 juin 2026).
PositionK2-18 b (avril 2025)Cheyava Falls (septembre 2025)
D’accord6,6 %15,1 %
Neutre28,0 %40,3 %
En désaccord65,4 %44,6 %
dont désaccord ferme35,1 %11,1 %

Notre regard

La roche martienne emporte 2,3 fois plus d’adhésions que l’exoplanète, en rapportant l’une à l’autre les deux parts d’accord. L’essentiel du mouvement s’est pourtant logé chez les indécis : d’un cas à l’autre, la part de neutres grimpe de douze points et le désaccord ferme est divisé par trois.

Peter Vickers, professeur de philosophie des sciences à Durham, décrit ce déplacement dans son compte rendu de l’enquête : le passage de K2-18 b à Mars « n’a pas été un simple glissement du “non” au “oui” », la communauté « est devenue plus ouverte à la possibilité » sans l’adopter pour autant. Aucun gros titre n’a rendu cette gradation.

L’intérêt de l’exercice est là : les auteurs présentent leurs deux jeux de données comme des mesures de référence de la confiance scientifique, cas par cas, ce qui donne un point de comparaison chiffré pour la prochaine annonce du même genre.

L’explication de l’écart tient à la nature de la preuve. Sur Mars, des instruments ont travaillé la roche elle-même ; pour K2-18 b, tout repose sur une atmosphère lue à distance. Une part de cette instrumentation martienne est française : SuperCam, l’œil laser de Perseverance, a été développé conjointement par le Los Alamos National Laboratory et l’IRAP de Toulouse, sous maîtrise d’ouvrage du CNES.

La nuance

Le doute exprimé sur K2-18 b a depuis été conforté par les données elles-mêmes. Une réanalyse conjointe des observations du JWST par les instruments NIRISS, NIRSpec et MIRI, publiée dans Astronomy & Astrophysics, ne trouve aucune signification statistique pour le sulfure de diméthyle ni pour le disulfure de diméthyle dans l’atmosphère de la planète : d’autres molécules aux signatures voisines ajustent les données tout aussi bien.

Côté Mars, la réserve figure dans le communiqué de la NASA lui-même. Katie Stack Morgan, responsable scientifique de la mission, y juge les explications non biologiques « moins probables » au vu de l’article, sans pouvoir les écarter : la vivianite et la greigite se forment aussi sans le concours du vivant. Un sondage, de son côté, mesure une conviction : ces pourcentages disent où en est une communauté, ils ne disent pas ce qui se trouve dans Jezero.

À surveiller

Pour K2-18 b, les auteurs de la réanalyse chiffrent ce qu’il faudrait pour trancher : environ 25 observations MIRI supplémentaires permettraient d’exclure définitivement les deux molécules. Tout se joue donc sur la spectroscopie, celle du JWST ici, celle des grands spectrographes au sol ailleurs.

Mains gantées tenant un tube d’échantillon métallique scellé dans une salle blanche, techniciens flous en combinaison à l’arrière-plan.
L’échantillon Sapphire Canyon reste scellé à bord de Perseverance : sans vol de retour, le débat sur Cheyava Falls ne se referme pas.

Pour Mars, la réponse est déjà dans un tube. L’échantillon Sapphire Canyon voyage scellé à bord de Perseverance, en attendant le programme Mars Sample Return, dont le CNES indique que la NASA étudie encore les scénarios de récupération pour la prochaine décennie. Le prochain jalon tient dans un vol de retour dont la date n’est pas fixée.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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