Vue aérienne d’un terrain quadrillé de longues tranchées de diagnostic archéologique, une pelleteuse jaune à l’angle du champ.

Avant de bâtir, la France creuse : les diagnostics et les fouilles de 2024, région par région

L’Inrap a réalisé 1 702 diagnostics et 235 fouilles en 2024. La part de diagnostics qui débouchent sur une fouille varie du simple au quadruple selon la région où vous habitez.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. La carte 2024 des diagnostics, région par région
  4. Prescription, diagnostic, fouille : trois objets qu’on confond
  5. D’une région à l’autre, le taux de passage varie du simple au quadruple
  6. Qui paie : 44,5 millions d’euros et deux instruments
  7. Dix ans de série : plus de prescriptions, pas plus de diagnostics
  8. Questions courantes

Devinez avant de lire

Combien de diagnostics d’archéologie préventive l’Inrap a-t-il réalisés en France en 2024 ?

Panorama

1 702 diagnostics d’archéologie préventive ont été réalisés en France en 2024 par l’Inrap, et 235 fouilles ont été menées dans le même temps. Ces deux compteurs ne mesurent pas la même chose et ne se répartissent pas de la même façon sur le territoire.

Le Grand Est en compte 261 à lui seul. L’Île-de-France en compte 67, la Corse 22 : le classement des régions les plus creusées est d’abord celui des régions où l’on aménage.

Voici la chaîne complète, de la prescription signée par l’État à la fouille autorisée, et ce que la ventilation régionale change à la lecture.

En bref

  • 3 225 prescriptions de diagnostic en 2024, 2 225 diagnostics réalisés, 468 fouilles autorisées : trois compteurs distincts.
  • L’Inrap réalise l’essentiel de ces diagnostics, les services de collectivités habilités 530.
  • Le taux de passage du diagnostic à la fouille varie du simple au quadruple selon la région.
  • Le Fonds national pour l’archéologie préventive a soutenu 39 % des fouilles de 2024, pour 44,5 millions d’euros.
  • En dix ans, les prescriptions attribuées à l’Inrap ont progressé d’un quart pendant que ses diagnostics réalisés reculaient.

La carte 2024 des diagnostics, région par région

L’Inrap ventile ses opérations direction par direction dans son rapport d’activité 2024. Additionnées à l’échelle des régions actuelles, ces lignes donnent le seul état des lieux annuel disponible pour la France entière.

Le Grand Est vient devant avec 261 diagnostics, suivi de l’Auvergne-Rhône-Alpes et de la Nouvelle-Aquitaine : trois régions font 41 % du total terrestre. Régions métropolitaines seules, hors outre-mer (49 diagnostics) et subaquatique (7).
Le Grand Est vient devant avec 261 diagnostics, suivi de l’Auvergne-Rhône-Alpes et de la Nouvelle-Aquitaine : trois régions font 41 % du total terrestre. Régions métropolitaines seules, hors outre-mer (49 diagnostics) et subaquatique (7).
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Le Grand Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine réunissent à elles trois 699 des 1 695 diagnostics terrestres de l’année, soit 41 % du total national.

Diagnostics et fouilles réalisés par l’Inrap en 2024, recomposés à l’échelle des régions actuelles. Source : Inrap, rapport d’activité 2024.
RégionDiagnostics réalisésFouilles réaliséesDiagnostics suivis d’une fouille
Grand Est2613814,6 %
Auvergne-Rhône-Alpes226146,2 %
Nouvelle-Aquitaine2123817,9 %
Occitanie2092210,5 %
Bourgogne-Franche-Comté1261814,3 %
Pays de la Loire1001919,0 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur961111,5 %
Centre-Val de Loire8866,8 %
Normandie812024,7 %
Bretagne801417,5 %
Hauts-de-France78911,5 %
Île-de-France671725,4 %
Corse2229,1 %
Outre-mer49612,2 %
Subaquatique71n.d.
France entière1 70223513,8 %

Ces opérations couvrent 12 537 hectares prescrits sur l’année, dont 1 800 pour le seul Centre-Val de Loire, où la surface moyenne d’un terrain sondé est la plus étendue du pays. Sept diagnostics et une fouille se sont déroulés sous l’eau.

Dans les Hauts-de-France, 15 des 78 diagnostics de l’année relèvent du seul chantier du canal Seine-Nord Europe : un projet linéaire suffit à peser un cinquième de l’activité d’une région.

Le même biais s’observe ailleurs : la carte des monnaies romaines dit surtout où l’on a creusé. Un sol riche que personne n’aménage reste un sol muet.

Deux archéologues agenouillés dans une tranchée étroite nettoient une structure sombre à la truelle, jalon métrique posé à côté.
Un diagnostic sonde une fraction du terrain : la surface moyenne va de 0,86 hectare en Corse à 6,38 dans le Centre.

Prescription, diagnostic, fouille : trois objets qu’on confond

La chaîne commence par un dossier d’aménagement, jamais par une envie de chercher. La fiche Archéologie des chiffres clés 2025 du ministère de la Culture donne l’état de 2024 : 3 225 prescriptions de diagnostic, 2 225 diagnostics réalisés, 749 prescriptions de fouilles actives et 468 fouilles autorisées.

Une prescription n’est pas un diagnostic : elle ouvre une obligation que le calendrier du chantier peut décaler d’un exercice sur l’autre. Une fouille autorisée n’est pas une fouille menée : l’autorisation vaut pour tous les opérateurs, la réalisation se compte ensuite chantier par chantier.

Sur les 2 225 diagnostics de 2024, 1 695 reviennent à l’Inrap et 530 aux services de collectivités territoriales habilités. C’est cette part Inrap, la seule publiée région par région, que le tableau ci-dessus détaille.

Ce que les archéologues font ensuite du sol qu’ils ouvrent, du carbone 14 aux cernes du bois, se lit dans notre dossier sur les preuves de l’archéologie.

D’une région à l’autre, le taux de passage varie du simple au quadruple

En 2024, l’Inrap a réalisé 1 702 diagnostics d’archéologie préventive en France pour 235 fouilles, soit 13,8 % de diagnostics suivis d’une fouille, de 25,4 % en Île-de-France à 6,2 % en Auvergne-Rhône-Alpes.

La Normandie suit l’Île-de-France de près, à 24,7 %, et le Centre-Val de Loire rejoint l’Auvergne-Rhône-Alpes au bas du classement, à 6,8 %. Une précaution s’impose : une fouille ouverte en 2024 peut découler d’un diagnostic antérieur, le rapport mesure un rythme annuel et non le suivi d’un dossier.

Le rapport publie un second indicateur, le nombre de journées de travail par hectare diagnostiqué. Il va de 10 en Champagne-Ardenne à 47 dans le Nord-Pas-de-Calais et 61 en Corse.

Outre-mer, l’écart change d’ordre de grandeur : 113 journées par hectare à La Réunion, 64 en Guadeloupe, pour 49 diagnostics et 6 fouilles au total.

La surface moyenne d’un diagnostic suit le même étirement : 6,38 hectares dans le Centre, 3,05 en Île-de-France, 0,86 en Corse. Fouiller un hectare de plaine céréalière et fouiller un hectare de centre-ville ne demandent pas le même temps.

Qui paie : 44,5 millions d’euros et deux instruments

Le Fonds national pour l’archéologie préventive prend le relais quand l’aménageur ne peut pas assumer la fouille. En 2024, il a soutenu 39 % des fouilles, pour 44,5 millions d’euros.

Deux instruments coexistent, et ils ne pèsent pas pareil. Les prises en charge représentent 65 % des opérations aidées mais absorbent 88 % de l’enveloppe ; les subventions couvrent 35 % des opérations pour 12 % du montant.

Autrement dit, le fonds finance intégralement une minorité de gros dossiers et complète le budget des autres. La dépense suit les projets d’aménagement, pas la population des régions.

Long corridor de travaux traversant des champs, engins de terrassement alignés et zone d’investigation balisée sur le côté.
Un chantier linéaire suffit à déplacer le compteur : 15 des 78 diagnostics des Hauts-de-France tiennent au canal Seine-Nord Europe.

Dix ans de série : plus de prescriptions, pas plus de diagnostics

Les données chiffrées publiées par le ministère permettent de remonter à 2014. Les prescriptions de diagnostic attribuées à l’Inrap sont passées de 1 969 à 2 460, un quart de plus.

Sur la même période, les diagnostics effectivement réalisés ont reculé de 3 %, partant de 1 752 et culminant à 2 096 en 2022. Les prescriptions de fouilles édictées par l’État, elles, sont passées de 562 à 749, un tiers de plus.

Le rendu, lui, rattrape son retard : 1 844 rapports de diagnostic ont été remis à l’État en 2024, soit plus que le nombre de chantiers ouverts la même année, et 222 rapports de fouille.

Le nombre de fouilles menées par l’institut oscille pourtant entre 210 et 238 depuis dix ans. L’État prescrit davantage, le terrain ne suit pas au même rythme, et l’écart se creuse d’année en année.

Les effectifs donnent l’ordre de grandeur de la machine : 2 396 collaborateurs au 31 décembre 2023, 8 directions interrégionales et 44 centres de recherches archéologiques, pour un budget de 191 millions d’euros.

Série AAP

Nous suivons ce compteur depuis le printemps. Le 12 juin 2026, AAP mesurait environ 2 200 diagnostics et 450 fouilles préventives par an en France, une moyenne. Le millésime 2024 la précise et la ventile région par région.

Questions courantes

Qui décide qu’une fouille aura lieu avant un chantier ?
L’État. La mission est assurée par les 17 services régionaux de l’archéologie placés en direction régionale des affaires culturelles ou en direction des affaires culturelles, et par le Drassm pour le domaine public maritime et la zone contiguë.

Quelle différence entre archéologie préventive et archéologie programmée ?
La préventive part d’un projet d’aménagement qui menace le sol. La programmée part d’un objectif de recherche sur un site non menacé : environ 1 100 opérations sont autorisées chaque année en moyenne, dont 250 fouilles programmées.

Combien de sites archéologiques sont déjà répertoriés en France ?
La carte archéologique nationale recense 612 000 entités archéologiques, sites et indices de sites, 137 077 rapports d’opérations et 13 927 zones de présomption de prescription archéologique.

Qui peut réaliser un diagnostic ou une fouille préventive ?
Trois familles d’opérateurs : l’Inrap, 63 services de collectivités territoriales habilités par les ministères de la Culture et de la Recherche, et 13 opérateurs privés agréés par ces mêmes ministères.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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