Salle d’exposition vide d’un musée parisien de style Beaux-Arts, murs gris-vert sans tableaux, parquet à bâtons rompus, caisse en bois et escabeau posés sur le côté.

Morte six jours après Manet, Eva Gonzalès retrouve au Petit Palais l’ampleur de 1885

Le Petit Palais réunit près de 100 œuvres d’Eva Gonzalès du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027. Il faut remonter au 15 janvier 1885 et aux 88 toiles des salons de La Vie moderne pour trouver un accrochage de cette ampleur.

Sommaire
  1. En bref
  2. Treize années de Salon, et rien d’autre
  3. Le 15 janvier 1885, puis le silence
  4. Ce que le musée annonce pour septembre
  5. Questions courantes

Récit

Le 6 mai 1883, Eva Gonzalès meurt d’une embolie à Paris, à 36 ans, deux semaines après la naissance de son fils et six jours après Édouard Manet, son maître. Le Petit Palais réunit près de 100 œuvres d’Eva Gonzalès du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027, première rétrospective d’ampleur consacrée à la peintre depuis les 88 toiles montrées à Paris le 15 janvier 1885.

Le musée écrit qu’elle « n’a pourtant jamais fait l’objet d’une rétrospective d’envergure, ni en France ni à l’international », et que l’exposition « est la première à renouer avec l’ampleur de la rétrospective posthume de l’artiste organisée en 1885 ». La page du Petit Palais ne dit pas, en revanche, ce que pesait cette rétrospective de 1885.

Le Dictionnaire Octave Mirbeau, lui, la chiffre : « une exposition rétrospective de 88 toiles », ouverte le 15 janvier 1885 dans les salons de La Vie moderne. Personne ne met les deux nombres côte à côte : 88 toiles en 1885, près de 100 œuvres en 2026.

En bref

  • 1932 et 1950 : les deux seules expositions monographiques entre 1885 et 2026, toutes deux à l’initiative de son fils (galerie Marcel Bernheim, puis galerie Alfred Daber).
  • Plusieurs de ses toiles connues sont conservées hors de France : Brême, Chicago, Washington, Dublin.
  • L’exposition est menée avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam, avec le soutien du musée d’Orsay, et un cycle de conférences court du 22 septembre 2026 au 12 janvier 2027.

Treize années de Salon, et rien d’autre

La carrière publique d’Eva Gonzalès tient dans treize années, de son premier Salon en 1870 à sa mort en 1883. Elle entre en 1866 dans l’atelier pour femmes du peintre académique Charles Chaplin, puis rencontre Manet en 1869 par l’intermédiaire du peintre belge Alfred Stevens.

Née à Paris en 1847 dans une famille bourgeoise d’origine espagnole et monégasque, fille d’un homme de lettres et d’une musicienne, elle peint d’abord la vie quotidienne : « Le Thé » est daté de 1868-1869.

La formule qui la suit partout vient des institutions, pas d’un décompte d’atelier. Le communiqué du Petit Palais parle de « l’unique élève d’Édouard Manet » ; la notice de la base AWARE écrit « sa seule et unique élève ».

Elle débute au Salon de 1870 avec « Enfant de troupe », hommage revendiqué au « Fifre » de Manet, et épouse le graveur Henri Guérard en 1879. Contemporaine de Berthe Morisot, de Mary Cassatt et de Marie Bracquemond, elle n’expose jamais à leurs côtés : elle tient la voie officielle du Salon, comme son maître.

Mains gantées de blanc tenant l’angle d’un cadre doré enveloppé de papier de soie, sur une table capitonnée d’atelier de musée.
Après 1885, ses toiles sont restées des années hors du regard public, gardées par sa sœur et son époux.

Le 15 janvier 1885, puis le silence

La rétrospective posthume s’ouvre dans les salons de La Vie moderne, à Paris. Octave Mirbeau lui consacre un article dans « La France » du 17 janvier 1885 et retient « la gaieté lumineuse et douce qui vibre » dans ces toiles.

Le dictionnaire cite les œuvres accrochées à La Vie moderne : des paysages de Dieppe et de Pontoise, et des scènes intimes, « Toilette », « Lever », « Réveil », « Sommeil », « Nichée ».

Ensuite, les tableaux sortent du regard public. Ils « restent de longues années loin du public, soigneusement protégées par sa sœur et son époux », écrit la notice AWARE. Ce n’est pas une confiscation par une institution : c’est une décision de famille.

C’est son fils qui les fait revoir au XXe siècle, à la galerie Marcel Bernheim en 1932 puis à la galerie Alfred Daber en 1950. En 1927, son don d’« Une loge aux Italiens » au Louvre avait déjà inscrit sa mère parmi les femmes artistes marquantes de la seconde moitié du XIXe siècle.

Mises l’une en face de l’autre, les deux expositions d’ampleur ne se séparent pas par le volume.

Le Petit Palais dit renouer avec l’ampleur de 1885 : en volume, il la dépasse d’une douzaine de pièces. Les deux comptes ne recouvrent pas le même périmètre (88 toiles en 1885, près de 100 peintures, pastels et gravures en 2026, chiffre annoncé avant l’ouverture).
Le Petit Palais dit renouer avec l’ampleur de 1885 : en volume, il la dépasse d’une douzaine de pièces. Les deux comptes ne recouvrent pas le même périmètre (88 toiles en 1885, près de 100 peintures, pastels et gravures en 2026, chiffre annoncé avant l’ouverture).
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Cent quarante et un ans passent entre les 88 toiles de 1885 et les quelque 100 œuvres annoncées pour 2026, avec deux accrochages de galerie parisienne pour seules étapes intermédiaires.

Ce que le musée annonce pour septembre

L’exposition rassemble peintures, pastels et gravures dans un parcours chronologique, en collaboration avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam et avec le soutien du musée d’Orsay, précise le communiqué de juin 2026. Le titre retenu est « Eva Gonzalès. Parcours d’une artiste libre ».

Le musée d’Orsay, qui soutient l’exposition, a fait commenter par l’écrivaine Marie Darrieussecq « Une loge aux Italiens », l’une des toiles d’Eva Gonzalès conservées dans ses collections.

Vidéo : Marie Darrieussecq – « Une loge aux Italiens » de Eva Gonzalès (Musée d’Orsay)

Le musée annonce aussi un parcours de médiation intitulé « Une vie d’artiste au féminin ». Ce qui sera réellement accroché dans les salles, et dans quel ordre, se découvrira à l’ouverture, le 15 septembre 2026.

Le cas n’est pas isolé dans les musées français. Le Jeu de Paume a offert en 2026 sa toute première rétrospective à la photographe Madeleine de Sinéty, et Poitiers a sorti de l’oubli Sarah Lipska, dont il conserve 83 œuvres.

Après Paris, le parcours partira au Van Gogh Museum d’Amsterdam en février 2027.

Questions courantes

Combien coûte l’entrée de l’exposition au Petit Palais ?
14 euros en plein tarif et 12 euros en tarif réduit, selon le musée. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi et les visiteurs en situation de handicap. Nocturnes jusqu’à 20 heures le vendredi et le samedi.

Où voir des tableaux d’Eva Gonzalès en dehors de l’exposition ?
« Une loge aux Italiens » est au musée d’Orsay. Ses autres toiles connues sont à l’étranger : « Le Réveil » à la Kunsthalle de Brême, « Fille aux cerises » et « La Modiste » à l’Art Institute of Chicago, « Gouvernante et enfant » à la National Gallery of Art de Washington, « Frère et sœur (Grandcamp) » à la National Gallery of Ireland.

Qui a conçu cette exposition ?
Annick Lemoine en assure le commissariat général, Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho le commissariat scientifique, d’après le dossier du musée.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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