Gros plan sur une caméra-piéton fixée à l’uniforme bleu marine d’un policier nord-américain, une voiture de patrouille floue à l’arrière-plan.

Une IA écrit les rapports de police : cinq cas datés et ce que dit le droit européen

Rédaction des rapports, identification des suspects, détection d’armes, fabrication de pièces : cinq dossiers datés d’octobre 2025 à juin 2026 au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada, confrontés au règlement européen applicable en France depuis le 2 août 2026.

Sommaire
  1. 1. Le logiciel de la grenouille écrit aussi pour la GRC
  2. 2. Cinq mois de détention après une correspondance faciale
  3. 3. Un paquet de chips pris pour une arme
  4. 4. Au Royaume-Uni, une enquête pénale pour des preuves fabriquées
  5. 5. Ce que le droit européen autorise déjà en France

Décryptage

Qui relit un rapport de police écrit par une machine ? En Utah, un agent de la police de Heber City a dû corriger le sien : le logiciel Draft One, d’Axon, y avait écrit qu’il s’était transformé en grenouille. Sa caméra-piéton avait capté la bande-son du dessin animé « La Princesse et la Grenouille », a expliqué le sergent Rick Keel à Fox 13 le 19 décembre 2025.

Concrètement, la phrase exacte du rapport n’a jamais été publiée : la police en décrit le contenu, aucune reprise ne la cite. Restent le logiciel, la juridiction, la date, et une correction venue d’un agent.

Cinq dossiers datés, dans trois pays, montrent où l’IA est déjà entrée dans le travail policier : rédaction des rapports, identification des suspects, détection d’armes, fabrication de pièces de procédure. Les sociologues Tandeep Sidhu et Christopher J. Schneider les rassemblaient le 27 août. Nous les avons repris un par un à leur source.

1. Le logiciel de la grenouille écrit aussi pour la GRC

Draft One n’est pas un prototype isolé. La Gendarmerie royale du Canada l’a testé d’août 2025 à janvier 2026 dans huit détachements de Colombie-Britannique, pour environ 380 utilisateurs et quelque 800 rapports assistés, rapporte CP24.

Les garde-fous sont procéduraux, pas techniques. Les agents doivent modifier au moins 10 % du brouillon, des erreurs y sont volontairement glissées pour forcer la relecture, puis l’agent signe.

2. Cinq mois de détention après une correspondance faciale

Angela Lipps, 50 ans, du Tennessee, a passé plus de cinq mois en détention pour des faits commis dans un État où elle affirme n’être jamais allée. Arrêtée le 14 juillet 2025, elle est sortie le 24 décembre, au lendemain d’un abandon des poursuites obtenu grâce à ses relevés bancaires.

C’est Clearview AI, acheté par la police de West Fargo dans le Dakota du Nord, qui l’avait désignée comme suspecte aux traits similaires. Le chef de la police voisine de Fargo, Dave Zibolski, ignorait cet achat : « nous ne l’aurions pas autorisé, et cela a depuis été interdit », dit-il à CNN. Le dossier reste ouvert.

Série AAP

Le 29 juillet 2026, AAP mesurait 18 mois de prison pour un underscore manquant, une erreur d’identification sans la moindre IA. Ici, cinq mois, avec un logiciel de reconnaissance faciale en amont.

3. Un paquet de chips pris pour une arme

En octobre 2025, des policiers du comté de Baltimore sont intervenus arme au poing à la Kenwood High School, dans le Maryland, après une alerte du détecteur d’armes Omnilert. L’objet signalé était un paquet de chips, a rapporté CBS Baltimore.

La superintendante des écoles, Myriam Rodgers, a défendu la chaîne : le programme « a fait ce qu’il était censé faire, signaler une alerte et laisser des humains regarder ». Le conseiller du comté Julian Jones a demandé comment on en arrivait à pointer une arme sur un adolescent.

Ordinateur embarqué d’une voiture de patrouille nord-américaine à la tombée du jour, document vierge à l’écran, siège conducteur vide.
Huit détachements de la GRC en Colombie-Britannique ont produit environ 800 rapports assistés par IA entre août 2025 et janvier 2026.

4. Au Royaume-Uni, une enquête pénale pour des preuves fabriquées

La police du Derbyshire a ouvert en juin 2026 une enquête pénale pour entrave à la justice visant un enquêteur soupçonné d’avoir utilisé l’IA « pour créer des éléments de preuve dans plusieurs affaires », selon le communiqué de la force. Le parquet britannique travaille avec elle sur les dossiers susceptibles d’être touchés.

Un second dossier a suivi. Le 23 juin 2026, la même force a saisi l’IOPC, l’autorité de contrôle de la police britannique, au sujet d’un gradé qui aurait utilisé l’IA pour tenir un journal de décision d’enquête destiné au tribunal, rapporte Silicon UK.

Ces cinq dossiers ne se mesurent pas avec la même unité, et c’est déjà une partie du problème.

Le seul de ces trois chiffres qui se compte en liberté privée : cinq mois de détention pour Angela Lipps, désignée par un logiciel de reconnaissance faciale. Les trois n’ont ni la même unité ni la même échelle et ne se comparent pas entre eux.
Le seul de ces trois chiffres qui se compte en liberté privée : cinq mois de détention pour Angela Lipps, désignée par un logiciel de reconnaissance faciale. Les trois n’ont ni la même unité ni la même échelle et ne se comparent pas entre eux.
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5. Ce que le droit européen autorise déjà en France

Rien de tout cela ne s’est produit en France. Le cadre, lui, est en place. Depuis le 2 août 2026, le règlement (UE) 2024/1689 s’applique en France : il classe à haut risque les IA qui évaluent la fiabilité des preuves pour la police et n’autorise l’identification biométrique à distance en temps réel dans l’espace public que pour trois objectifs, dont la recherche des auteurs de 16 infractions listées à son annexe II.

La liste est courte et fermée : terrorisme, traite des êtres humains, meurtre, viol, vol organisé ou armé, participation à une organisation criminelle, et seulement pour des faits punis d’au moins quatre ans, précise le texte publié au Journal officiel européen. Le règlement impose aussi une surveillance humaine effective sur les systèmes à haut risque, ce que les 10 % de réécriture canadiens tentent d’organiser. AAP a détaillé ce qui change et pour qui.

La GRC a inscrit un usage élargi de l’IA à son plan ministériel 2026-2027. Aucun rapport rédigé avec Draft One n’est encore passé devant un tribunal dans l’Ouest canadien.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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