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Sommaire
Récit
On croyait à un jeu de brousse, sauf que les mêmes arbres reçoivent des pierres depuis plus de dix ans. Dans le parc national du Boé, en Guinée-Bissau, des chimpanzés adultes visent des troncs précis, poussent leur cri longue distance et laissent au pied de l’arbre un tas de cailloux que personne n’explique. Robyn Nakano et Ammie Kalan, de l’université de Victoria, ont installé un camp de brousse à 22 kilomètres du village de Béli pour filmer le geste, et leur récit de terrain du 2 juin 2026 a été repris fin août par ScienceDaily.
En bref
- Le lancer accumulatif de pierres n’est documenté que dans quatre populations d’Afrique de l’Ouest : Boé (Guinée-Bissau), Sangaredi (Guinée), mont Nimba (Liberia) et Comoé GEPRENAF (Côte d’Ivoire).
- Ces quatre populations sortent d’un inventaire de 51 communautés de chimpanzés publié dans Scientific Reports le 29 février 2016.
- Au Boé, les pierres jetées pèsent 3,6 kg en moyenne, de 0,5 à 17 kg, et l’on en compte de 4 à 37 stockées dans les creux des troncs ou entre les contreforts des racines.
- L’équipe de terrain a croisé sur place des forages d’exploration de bauxite.
Deux caméras par arbre, aucun regard direct
Les chimpanzés du Boé ne sont pas habitués à l’homme : ils fuient, et rien ne s’observe à vue. L’équipe a donc posé deux caméras vidéo sur chaque site de lancer, disposé des enregistreurs autour pour capter le son, mesuré les arbres et scanné en 3D les pierres lancées contre les troncs.
Le camp tient à 22 kilomètres de Béli, rejoint à vélo puis à pied, avec les assistants de terrain Djei Baldé et Balu Séra et l’étudiante Taylor Tippett. La base arrière est le complexe de l’ONG néerlandaise Chimbo, à Béli, avec son espace de travail alimenté au solaire.

Quatre populations sur cinquante et une
La rareté est la vraie information de ce dossier. Selon nos calculs, sur les 51 communautés de chimpanzés inventoriées par le Pan African Programme et les sites de recherche au long cours, 4 seulement pratiquent le lancer accumulatif de pierres, soit 7,8 %, et celles du Boé s’y tenaient encore lors de la mission de terrain relayée en août 2026.
Le dénominateur vient de l’inventaire lui-même, publié dans Scientific Reports : 17 sites de recherche au long cours et 34 communautés échantillonnées par le Pan African Programme, soit 51 au total, pour quatre populations concernées.

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Les quatre sites ne se ressemblent pas, à commencer par le calibre des projectiles : celles du Boé sont les plus lourdes des trois populations pour lesquelles un poids moyen a été publié.
| Site | Pays | Poids moyen des pierres |
|---|---|---|
| Boé | Guinée-Bissau | 3,6 kg (0,5 à 17 kg) |
| Mont Nimba | Liberia | 2,06 kg |
| Comoé GEPRENAF | Côte d’Ivoire | 0,98 kg |
| Sangaredi | Guinée | non communiqué |
Ni nourriture, ni défense
Pendant qu’il lance, l’animal pousse un pant hoot, ce cri qui porte à longue distance, et frappe parfois des mains et des pieds sur les contreforts du tronc. Le geste ne casse aucune noix et n’ouvre aucun nid.
Les auteurs de 2016 y lisent une variante du numéro de parade des mâles, la pierre servant à faire porter le son dans une savane boisée. Ils n’écartent pas une fonction de marquage, les tas évoquant des cairns, sans qu’aucune donnée ne tranche. AAP avait déjà raconté le contact rassurant qui désamorce les bagarres chez ces mêmes animaux, et le rire des grands singes.
Les forages avancent
Sur le terrain, l’équipe a croisé des forages d’exploration de bauxite. Ce qu’une mine effacerait ici n’est pas seulement une parcelle de savane boisée : c’est un des quatre endroits au monde où ce comportement a été filmé, et le tas de pierres qui va avec.
Les pierres, elles, ne se déplacent pas toutes seules. Dans le Boé, les comités villageois de 35 villages patrouillent déjà le secteur pour le compte de Chimbo.
Questions courantes
Peut-on parler de rituel ?
Les auteurs décrivent une parade comportementale ritualisée et une accumulation d’objets à des endroits choisis, et notent que cela intéresse l’archéologie sur l’origine des sites rituels. Aucun sens symbolique n’est démontré : c’est une piste, pas une conclusion.
S’agit-il d’un usage d’outil ?
Pas au sens habituel. L’étude de 2016 y voit le premier cas documenté de chimpanzés utilisant la pierre à une autre fin que l’extraction de nourriture, alors que le casse-noix ou la sonde à termites servent à manger.
Qu’est-ce que le Pan African Programme ?
Un inventaire du comportement des chimpanzés qui a échantillonné 34 communautés entre 2011 et 2015, avec 14 à 17 mois d’observation par site, en complément de 17 sites de recherche déjà installés.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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