![]()
Essai visuel
Une gravure de 1868 ne livre rien tant qu’elle ne tourne pas. Le 27 août 2026, le recueil « Five Hundred and Seven Mechanical Movements » de l’Américain Henry T. Brown est repassé en tête de Hacker News sous une forme qui n’existait pas de son vivant : sur 507movements.com, Matt Keveney anime ses planches une par une, en JavaScript, dans une toile HTML5.
Le livre expliquait 507 mécanismes par le dessin, une illustration en page de gauche et une description brève en vis-à-vis. Le site en reprend les images et le texte, mais pas ceux de l’édition qu’annonce sa page de titre : ce sont ceux de la 21e édition, publiée en 1908, quarante ans et vingt éditions après la première. S’y ajoutent des notes occasionnelles du webmestre, et les animations.
L’économie du trait

Brown ne raconte pas, il numérote. Sa page de titre annonce le programme : dynamique, hydraulique, pneumatique, machines à vapeur, engrenages, presses, horlogerie, et « beaucoup de mouvements jamais publiés auparavant ». Chaque figure reçoit un numéro et deux ou trois lignes, jamais davantage, le lecteur du XIXe siècle devant compléter le geste dans sa tête. Le volume est hors droits depuis longtemps et se feuillette page à page sur Internet Archive, dans cette même édition new-yorkaise de 1908, chez Brown & Seward.
Ce que le mouvement ajoute au dessin
L’animation ne décore pas la planche, elle la termine. Un dessin fixe dit où sont les pièces, il ne dit ni dans quel ordre elles se poussent, ni ce qui se coince quand une came prend du jeu. C’est ce manque que le navigateur comble, une figure à la fois.
Encore faut-il mesurer ce que Brown appelle un mouvement. « Courroie et poulies », « poulies et courroie croisée », « poulies étagées à vitesse variable » : les intitulés des premières planches situent le niveau retenu, celui de la brique élémentaire et non de la machine finie. Le recueil est un catalogue de composants, pas une notice de montage.
Keveney décrit son procédé sur la page « about » du site : une bibliothèque JavaScript écrite sur mesure, appuyée sur un élément Canvas HTML5, qu’il qualifie lui-même d’expérimentale et garde propriétaire, faute d’être assez généraliste pour servir ailleurs. Le principe déborde la mécanique : un corps se comprend lui aussi mieux en mouvement, comme le montrait notre inventaire de cette machine de compromis. Le chantier, lui, n’est pas terminé.
Le décompte

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
La page d’accueil prévient que toutes les animations ne fonctionnent pas encore, et que les vignettes en couleur identifient celles qui sont terminées. Nous les avons comptées une à une, en croisant ces vignettes et les pages qui chargent la bibliothèque d’animation. Selon nos calculs, le recueil n’est animé qu’à moins d’un tiers. Au 28 août 2026, 150 des 507 planches de Henry T. Brown sont animées sur 507movements.com, soit 29,6 % du recueil. Restent 357 figures immobiles.
Trois remontées en onze ans
Le site doit sa notoriété à ses retours plus qu’à une sortie. Depuis 2013, huit soumissions de 507movements.com ont été postées sur Hacker News et trois seulement ont franchi les 100 points : octobre 2015, mars 2021, puis le 27 août 2026, à 567 points et 73 commentaires relevés le lendemain.
Le reste se lit dans le titre de la toute première soumission, en mai 2013 : « Animated diagrams of (some of the) 507 Mechanical Movements ». La parenthèse était déjà là. Treize ans plus tard elle tient toujours, et la page d’accueil promet encore d’ajouter les figures manquantes jusqu’aux 507.
L’écart entre ces pics dit quelque chose du domaine public : une ressource libre de droits ne se démode pas, elle attend qu’un support la rende lisible. La notice d’Internet Archive classe l’exemplaire de 1908 comme non protégé, ce qui autorise n’importe qui à en reprendre les images et le texte. Les animations, elles, n’appartiennent qu’à leur auteur.
Le vis-à-vis parisien

La même question se pose pour les collections techniques françaises. Le musée des Arts et Métiers conserve « près de 80 000 objets et 15 000 dessins », indique le Cnam : chaque planche y fixe un geste que la vitrine, machine à l’arrêt, ne rejoue pas. Brown avait contourné l’obstacle par la brièveté du texte. L’écran, lui, le supprime : il rejoue la boucle jusqu’à ce que l’œil comprenne.
Le site pose une limite nette : les images et le texte de Brown sont libres, les animations ne le sont pas, et leur auteur refuse par avance qu’on les recopie ailleurs. Il demande à la place qu’on cite 507movements.com, en rappelant que chaque illustration a été scannée puis retouchée à la main. Les 357 planches encore fixes attendent leur tour.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour - 3
Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat - 4
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre - 5
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés
Nos dossiers
- France395
- Science273
- Culture194
- Consommation173
- Patrimoine165
- Santé publique164
- IA162
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

