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Sommaire
- En bref
- Ce que mesure vraiment l’anomalie de 5 °C
- Pourquoi 2026 va plus vite que 1997 et 2015
- Ce qu’un El Niño de cette taille déplace sur la planète
- En métropole, l’été ne doit rien à El Niño
- Près de 555 000 Français vivent dans la zone d’effet
- Ce qui peut encore faire mentir la prévision
- Questions courantes
Décryptage
Le Pacifique central affiche depuis le 18 août 2026 des écarts de température de surface supérieurs à 5 °C. Météo-France annonce un El Niño d’une intensité « très forte, voire inédite depuis 1950 », dont le pic est attendu en fin d’année et pourrait dépasser le record de l’hiver 2015-2016.
El Niño, c’est le basculement cyclique du Pacifique tropical : tous les deux à sept ans, les alizés faiblissent et laissent une immense langue d’eau anormalement chaude s’étaler le long de l’équateur, ce qui redistribue pluies et sécheresses sur une bonne partie du globe.
Le chiffre impressionne, sauf qu’il ne décide de rien. Le record se joue sur un autre thermomètre, l’indice Niño 3.4, qui dépassait tout juste 2 °C en juillet 2026 selon le point de Météo-France. C’est lui qu’il faut suivre, et c’est lui qui vient de passer devant ses deux grands prédécesseurs.
En bref
- Anomalie de surface supérieure à 5 °C relevée le 18 août 2026 sur une vaste zone du Pacifique centre-est.
- Indice ONI à +1,39 sur mai-juin-juillet 2026, devant 1997 (+1,13) et 2015 (+1,19) à la même saison.
- Pic annoncé près de 3,5 °C, contre +2,6 °C au record de novembre-décembre-janvier 2015/2016.
- Météo-France écarte tout lien entre El Niño et la chaleur de l’été européen : l’influence sur l’Europe est surtout hivernale.
- Près de 555 000 habitants vivent dans les trois collectivités françaises du Pacifique, la zone d’effet côté français.
Ce que mesure vraiment l’anomalie de 5 °C
Les 5 °C sont un écart local à la normale, lu sur une carte de température de surface, pas la valeur de l’indice qui sert à classer les épisodes. Le relevé du 18 août décrit un dépassement de 5 °C « sur une vaste zone du centre-est du Pacifique ».
L’indice de référence, lui, s’appelle Niño 3.4 et se calcule sur un rectangle précis : entre 5° nord et 5° sud, entre 120° et 170° ouest. La NOAA en publie une moyenne glissante sur trois mois, l’ONI, et c’est cette série qui sert d’étalon depuis 1950.
La distinction change l’échelle de lecture. Un pic local à 5 °C peut très bien coexister avec un indice trimestriel à 1,39, et c’est exactement la situation d’août 2026.
Pourquoi 2026 va plus vite que 1997 et 2015
À la même saison, l’épisode en cours est déjà devant les deux plus forts El Niño mesurés depuis 1950. Sur mai-juin-juillet, la table ONI de la NOAA donne +1,39 pour 2026, contre +1,13 en 1997 et +1,19 en 2015.
L’avance est toute récente. Jusqu’au trimestre avril-mai-juin, 2026 restait derrière 2015 : la bascule s’est faite en un trimestre, ce qui explique le relèvement des prévisions.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
La courbe se lit en une phrase : partie d’un Pacifique en conditions froides en janvier, la série a gagné 1,78 point d’indice en six trimestres glissants.
| Trimestre glissant | 1997 | 2015 | 2026 |
|---|---|---|---|
| Déc.-janv.-févr. | -0,41 | +0,73 | -0,39 |
| Janv.-févr.-mars | -0,26 | +0,65 | -0,21 |
| Févr.-mars-avr. | -0,03 | +0,72 | +0,11 |
| Mars-avr.-mai | +0,30 | +0,86 | +0,46 |
| Avr.-mai-juin | +0,71 | +1,04 | +0,95 |
| Mai-juin-juil. | +1,13 | +1,19 | +1,39 |
| Pic (nov.-déc.-janv.) | +2,37 | +2,59 | près de 3,5 annoncé |
Le tableau rappelle aussi la marche qui reste à gravir. Passer de +1,39 en juillet à près de 3,5 au pic demanderait un gain de 2,11 points en un semestre, quand 2015 avait gagné 1,40 point entre mai-juin-juillet et son maximum.
Ce qu’un El Niño de cette taille déplace sur la planète
Météo-France décrit d’abord une redistribution des pluies. L’agence attend des conditions plus humides sur la côte ouest de l’Amérique du Sud, la Corne de l’Afrique et le sud des États-Unis, et des conditions sèches sur l’Océanie, l’Australie et l’Amazonie.
Elle ajoute l’effet le plus mondial de tous. Un épisode marqué en 2026-2027, « s’ajoutant à l’effet du changement climatique », augmente la probabilité de voir 2026 ou 2027 approcher ou dépasser le record de température planétaire de 2024.
Série AAP
Nous suivions déjà ce phénomène : le 28 avril 2026, AAP examinait El Niño et les récoltes de fin d’année à partir des mêmes données NOAA. L’épisode n’était alors qu’une hypothèse pour la mi-2026 ; l’indice est aujourd’hui à +1,39 sur mai-juin-juillet.

En métropole, l’été ne doit rien à El Niño
C’est la partie que les papiers météo sautent le plus souvent. Météo-France écrit noir sur blanc que « la chaleur persistante impactant actuellement l’Europe de l’Ouest n’est pas liée au développement du phénomène El Niño ».
L’agence situe l’influence européenne ailleurs : elle est « statistiquement plus forte au cours de l’hiver », donc à partir de décembre 2026. Il s’agit d’un décalage de probabilités sur une saison entière, pas d’une prévision de températures ou de dates.
Pour un lecteur de l’Hexagone, la conséquence pratique tient en deux points. Rien à attendre d’El Niño sur la fin de l’été 2026, et une incertitude hivernale qui ne se traduira ni en degrés ni en calendrier avant l’automne : nos relevés du printemps de chaleur en France renvoyaient déjà à d’autres moteurs que le Pacifique.
Près de 555 000 Français vivent dans la zone d’effet
Météo-France est explicite sur le territoire national : dans les prochains mois, les effets d’El Niño « concerneront surtout les territoires ultramarins ». Côté français, la zone d’exposition n’est donc pas l’Hexagone, elle est à 16 000 kilomètres.
Selon nos calculs, près de 555 000 habitants vivent dans les trois collectivités françaises du Pacifique, la zone où Météo-France attend l’essentiel des effets d’El Niño sur le territoire français d’ici l’hiver 2026-2027.
Le total additionne trois recensements officiels : 264 596 habitants en Nouvelle-Calédonie au recensement 2025, 278 786 en Polynésie française au recensement 2022 et 11 151 à Wallis-et-Futuna aux populations légales 2023.
Ce que cela recouvre est déjà écrit dans le dossier de Météo-France. L’Océanie figure parmi les régions attendues plus sèches, un ensemble géographique qui comprend la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, quand la Polynésie française se situe à l’est du bassin, du côté où les épisodes forts poussent l’activité cyclonique.

Ce qui peut encore faire mentir la prévision
La prévision de pic reste une prévision, et elle bouge vite. La mise à jour d’août a porté le maximum attendu de 3,1 °C dans la version de juillet à près de 3,5 °C, ce qui dit surtout la vitesse à laquelle les modèles se corrigent d’un mois sur l’autre.
Le superlatif appartient donc au conditionnel. La prévision décrit un épisode qui serait « l’El Niño le plus intense jamais observé » si elle se confirme, quand Météo-France s’en tient à un épisode « parmi les plus intenses observés depuis 1950 ».
Le rendez-vous est fixé. C’est l’ONI de novembre-décembre-janvier qui tranchera, et c’est cette valeur, pas les cartes d’anomalies de l’été, qu’il faudra comparer aux +2,59 de 2015-2016.
Questions courantes
Quelle différence entre l’anomalie de 5 °C et l’indice Niño 3.4 ?
Les 5 °C sont un écart local à la normale relevé sur une carte de température de surface le 18 août 2026. L’indice Niño 3.4 est une moyenne sur une boîte fixe du Pacifique, entre 5° nord et 5° sud et entre 120° et 170° ouest, lissée sur trois mois sous le nom d’ONI. C’est l’ONI qui classe les épisodes depuis 1950.
El Niño explique-t-il la chaleur de l’été 2026 en Europe ?
Non. Météo-France indique que la chaleur persistante sur l’Europe de l’Ouest n’est pas liée au développement d’El Niño, et situe l’influence européenne du phénomène surtout en hiver.
Quand saura-t-on si le record est battu ?
Au trimestre novembre-décembre-janvier, celui où 1997-98 avait culminé à +2,37 et 2015-16 à +2,59. La valeur définitive sera publiée par la NOAA dans les semaines qui suivent.
Quels territoires français sont les plus concernés ?
La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna, soit près de 555 000 habitants. Météo-France précise que les effets des prochains mois concerneront surtout les territoires ultramarins.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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