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Mise en perspective
Arsenal a banni plus de 19 000 comptes de billetterie sur la seule saison 2025-2026. Liverpool a prononcé 432 bannissements à vie en juillet 2026 et Manchester United a restreint des milliers de comptes d’abonnés cet été : les clubs disent traquer les revendeurs professionnels, une partie de leurs supporters répond qu’elle tombe dans le même filet.
Le rapport que personne ne pose est celui-ci. Selon nos calculs, les 19 000 comptes bannis par Arsenal sur la saison 2025-2026 représentent 7,3 % des 260 415 supporters individuels accueillis à l’Emirates Stadium la même saison, soit un compte sanctionné pour quatorze spectateurs, d’après les chiffres du club publiés le 20 août 2026. La méthode : les comptes bannis annoncés par le club, divisés par le nombre de supporters distincts qu’il déclare avoir reçus, deux données relayées par TheTicketingBusiness.
Un compte n’est pas une personne : la proportion ne dit pas qui a été sanctionné. Elle dit l’échelle : la traque se compte désormais en dizaines de milliers de comptes par saison.

Quatre angles pour tenir les deux versions.
Le fait
Arsenal, Manchester United et Liverpool ont durci leur billetterie cet été. Ils ont révoqué des abonnements et banni à vie des milliers de supporters, écrivent Daniel Fitzpatrick et Mark Turner dans leur analyse du 21 août 2026. La revente de billets est illégale dans le football anglais depuis le Criminal Justice and Public Order Act de 1994. Liverpool a publié son bilan le 22 juillet 2026 : 432 bannissements à vie, 115 suspensions indéfinies, 67 663 faux comptes bloqués et 1,2 million de livres d’avoirs saisis avec la police du Merseyside, selon le club.
Notre lecture
Les deux camps ne parlent pas de la même chose. Les clubs défendent une police du billet : Liverpool dit protéger les supporters authentiques de ceux qui les « arnaquent ou les escroquent ». Les organisations de supporters contestent la méthode, pas l’objectif. À Manchester, le Manchester United Supporters’ Trust et plusieurs groupes ont demandé l’arrêt de la procédure, dénonçant un mécanisme qui « bannit d’abord et pose les questions ensuite » et des comptes signalés pour une « activité soutenue » jamais définie, rapporte la Football Supporters’ Association. Le club a reconnu des erreurs. Le point de friction : c’est le club qui détecte, qui juge et qui exécute.
La nuance
Le détail publié par Liverpool corrige l’image d’une chasse aux abonnés. Sur les 547 mesures annoncées, 41 bannissements à vie et 24 suspensions visent des abonnés, soit 11,9 % du total selon nos calculs : l’essentiel frappe des comptes de membres et des adhésions en ligne. L’éloignement des habitués, lui, a commencé avant les bannissements. Au coup d’envoi de la saison 2024-2025, 19 clubs de Premier League sur 20 ont augmenté leurs tarifs, jusqu’à 28 % et un abonnement enfant relevé de 111 %, après une hausse de 800 % du prix des billets entre 1990 et 2025.
À surveiller
Trois points. Les recours d’abord : un supporter sanctionné peut saisir la procédure d’appel de son club, puis l’Independent Football Ombudsman, mais aucun club ne publie le nombre de recours reçus ni de décisions annulées. Les prix ensuite : la campagne #StopExploitingLoyalty de l’association de supporters recensait en avril 2026 onze clubs prévoyant d’augmenter leurs tarifs pour 2026-2027. Le transfert en France enfin, où la même question se règle dans d’autres termes.
Les mesures annoncées tiennent en un tableau.
| Club | Mesures annoncées | Annonce |
|---|---|---|
| Arsenal | plus de 19 000 comptes bannis, près de 74 000 depuis 2022-2023 | 20 août 2026 |
| Liverpool | 432 bannissements à vie et 115 suspensions, dont 65 abonnés | 22 juillet 2026 |
| Manchester United | des milliers de comptes d’abonnés restreints | juillet 2026 |
| Part des abonnés chez Liverpool | 11,9 % des 547 mesures (nos calculs) | 22 août 2026 |
En France, revendre un billet n’est pas un manquement contractuel : c’est un délit. L’article 313-6-2 du code pénal punit de 15 000 euros d’amende, 30 000 euros en récidive, la vente de titres d’accès « de manière habituelle et sans l’autorisation » de l’organisateur, un texte que le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution le 14 décembre 2018.
Tout se joue sur le mot « habituelle » : le supporter qui cède sa place une fois échappe au texte français, quand un club anglais peut fermer un compte sur un faisceau d’indices qu’il n’a pas à détailler.
Deuxième écart, les durées. Une interdiction administrative de stade est prise par le préfet et ne peut excéder douze mois, portés à vingt-quatre en cas de mesure antérieure dans les trois ans ; une interdiction judiciaire, prononcée par un juge, plafonne à cinq ans, rappelle le guide officiel des sanctions. Le bannissement à vie décidé par un club n’a pas d’équivalent ici : il relève du contrat de billetterie, pas du préfet ni du juge.
Reste ce que le supporter français verra arriver. Billets nominatifs et plateformes officielles d’échange se généralisent, et AAP racontait déjà la revente du Mondial comme ce que la tarification dynamique fait à vos places de concert. La question anglaise arrivera sous cette forme : qui décide qu’un billet a mal circulé, et devant qui le contester.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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